Cyclisme: le «parrain» Jean-Yves Labonté se retire

Jean-Yves Labonté a trouvé ses successeurs : Pierre... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jean-Yves Labonté a trouvé ses successeurs : Pierre Ste-Marie pour le club cycliste et Christian Rodrigue pour le Salon info-vélo.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) On peut reprocher à Jean-Yves Labonté ses manières rugueuses, son approche impitoyable. Après 61 ans dans le monde du cyclisme, il s'en fait presque une fierté. «En dehors du vélo, j'ai toujours été très sensible. Mais comme coach, j'ai toujours été le plus chien!» s'esclaffe le bientôt retraité.

«Je n'ai jamais mis des gants blancs. Il fallait que ça travaille!» insiste celui qui présentera son 30e et dernier Salon info-vélo, dans 10 jours. Il vend l'entreprise à Christian Rodrigue pour 50 000 $. Labonté abandonne aussi son club de compétition, qui roule depuis 1969. Pierre Sainte-Marie prend ici la relève.

Ça en prend deux pour le remplacer. Car Labonté, lui, n'est plus capable. Son corps ne suit plus. La voiture-balai de la vie est sur le point de le rattraper. L'homme de 76 ans souffre d'insuffisance rénale due au diabète. Il refuse tout traitement de dialyse.

«Ce n'est pas pour moi. Je vais mourir quand ça arrivera», laisse-t-il tomber, sans la jouer mélodramatique. Ses préarrangements funéraires sont réglés. «Je suis surpris d'être encore là», avoue-t-il. Hier, il était «dans une bonne journée».

Petite stature, grand coeur

Homme de petite stature au grand coeur, Labonté est né dans le quartier Saint-Sauveur. Il a quitté l'école après la cinquième année, mais a toujours été habile de ses mains. Ce qui l'a convaincu de devenir mécano après sa carrière de coureur, débutée à l'âge de 15 ans. Puis entraîneur.

«Aucun coureur d'élite n'est sorti de Québec sans passer par lui», souligne l'un de ses anciens protégés. Michel Derose courait dans les années 70. Il a côtoyé au sein du club un certain Gaétan Boucher, patineur de vitesse de pointe qui pédalait pour garder la forme. Marc Blouin et Michel Lacouline ont fait partie des meilleures cartes de Labonté, jadis.

Seul cycliste né au Québec à participer au Tour de France, celui de 2013, David Veilleux a aussi été dirigé par Labonté à l'adolescence. Même chose pour Jean-Simon D'Anjou, concurrent aux Championnats du monde juniors l'an dernier et dorénavant membre d'une équipe française en division nationale 3.

«Au hockey, tout le monde dit que Mike Keenan est un entraîneur sévère et dur. Moi, je peux dire qu'avec Jean-Yves, Keenan passerait deuxième, rigole Derose. Mais pour lire une course, il n'a pas son pareil.»

«Je ne regrette rien. Je recommencerais demain matin, si j'avais la santé», assure le principal intéressé, les yeux clairs et bleus derrière ses lunettes. «Le vélo, ç'a été ma famille, ç'a été ma vie. J'ai trouvé tout ce que je cherchais là-dedans. Pour les jeunes, j'étais comme leur père», conclut celui qui n'a plus que de rares contacts avec son fils, maintenant âgé de 35 ans.

Le Club anniversaire des amis sportifs (CADAS), dont Labonté est membre, lui rendra hommage lors de son déjeuner mensuel de février, vendredi, au Tomas Tam de la rue Marais. Le Salon info-vélo se tiendra au terminal de croisières de Québec, du 6 au 8 mars.

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