Marie-Ève Croteau a les yeux sur Rio après avoir frôlé la mort

Marie-Ève Croteau déborde d'enthousiasme. «C'est comme si je... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Marie-Ève Croteau déborde d'enthousiasme. «C'est comme si je venais de tourner une page. La section de malheur, c'est passé. Je mets ça de côté, go, on fonce! Je ne sais pas ce qu'ils m'ont mis dans les veines, mais j'ai du jus!»

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Marie-Ève Croteau a frôlé la mort. Le 16 janvier, un simple test à l'effort a plongé la paracycliste de Charlesbourg dans un coma de cinq jours. Elle en ressort tout juste, revigorée et plus déterminée que jamais à pédaler jusqu'aux Jeux paralympiques de 2016.

Article: obParaCroto

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«J'ai manqué cinq jours de ma vie! Les médecins, ma famille et mon entraîneur me les ont racontés», lance Croteau de sa voix pimpante, au bout du téléphone. «La madame va bien. La récupération se fait très bien», assure-t-elle.

Croteau s'est confiée au Soleil quatre jours après sa sortie de l'hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec. Elle est restée alitée une semaine complète. Après avoir perdu la carte à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, à l'hôpital Laval.

Aujourd'hui âgée de 35 ans, elle a toujours été une battante. Heurtée par une voiture à 14 ans, elle vit avec une impotence fonctionnelle au bras gauche. Une myélite transverse lui a coûté l'usage du pied gauche, il y a cinq ans.

Sévère commotion cérébrale en 2012, conséquence d'une chute en Coupe du monde à Baie-Comeau, qui la rend inapte à participer aux Jeux paralympiques de Londres, quelques semaines plus tard.

On peut maintenant la considérer comme une survivante. Début janvier 2015. Dix jours après s'être fracturé le coccyx en glissant sur une plaque de glace - «superbe cadeau de Dame Nature pour commencer l'année!» rigole-t-elle -, elle passe des examens pour évaluer les séquelles de commotion. Des maux de tête l'ont rattrapée dans les derniers mois.

Entourée de toute une équipe médicale, dont la spécialiste en santé cardiorespiratoire chez les athlètes de haut niveau Julie Turmel, et par le cardiologue Paul Poirier, arrivé plus tard, et qu'elle ne verra pas ce jour-là.

Ce test de routine consiste à mesurer la puissance déployée par une personne et les conséquences d'un tel effort sur son corps. Pédales aux pieds, Croteau grimpe les échelons d'intensité par intervalle de temps. Vers son maximum de 260 watts. Qu'elle n'atteindra pas. À 240, les lumières se sont éteintes.

Éviter tout blocage psychologique

Elle s'est effondrée dans les bras de son entraîneur, Éric Van den Eynde. Convulsions, intubations, ponctions lombaires. «Réanimée quatre fois», qu'on lui a dit. Son coeur n'a pas cessé de battre. Réaction de type épileptique, bien qu'elle ne soit pas atteinte d'épilepsie.

Elle sort du brouillard cinq jours plus tard. «Pour moi, on était encore le 16 janvier, au pire le 17», explique-t-elle. Aucun souvenir de son transfert de Sainte-Foy à Limoilou. Aucun tonus dans cette jambe qui poussait pourtant à 240 watts de puissance aux dernières nouvelles. À peine capable de tenir un verre d'eau de sa main forte.

Responsable de la comptabilité pour l'organisme Le Pavois, elle devrait reprendre boulot et vélo cette semaine. Et refaire le test bientôt, afin d'éviter tout blocage psychologique en plein sprint de fin de course. «Ç'a quand même montré que je suis en excellente forme physique, après trois mois de repos complet à l'automne», se réjouit Mme Positive.

Vice-championne du monde et championne du circuit de la Coupe du monde en tricycle de catégorie T2, elle amorcera la saison préolympique avec des camps d'entraînement en mars, en Floride. Son calendrier de 2015 comprendra cinq étapes de Coupe du monde, Championnats du monde et Jeux panaméricains.

«C'est comme si je venais de tourner une page. La section de malheur, c'est passé. Je mets ça de côté, go, on fonce! Je ne sais pas ce qu'ils m'ont mis dans les veines, mais j'ai du jus!» conclut en riant celle dont la devise est de ne jamais abandonner.

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