Sa propre victoire au Giro d'Italie, en mai, en est la preuve la plus probante. Jamais un Canadien n'avait remporté un grand tour avant lui. Les neuf jours consécutifs de Steve Bauer avec le maillot jaune du Tour de France auront tenus 22 ans comme le plus grand exploit cycliste canadien.
«On est de plus en plus fort chaque année et cette année, c'est plus fort que jamais», constate Hesjedal. «On a de plus en plus de coureurs sur le circuit World Tour et ils obtiennent de bons résultats. Nous aurons quatre représentants dans l'épreuve sur route masculine des Championnats du monde [le 23 septembre, à Limburg]. C'est du jamais-vu!» Il était toutefois seul représentant de l'unifolié aux Jeux olympiques.
«On n'a jamais eu autant de profondeur, poursuit-il. Ça part des plus jeunes, comme les juniors. C'est maintenant à tous les niveaux. J'espère que ma victoire au Giro ajoute à ça», résume Hesjedal, en toute humilité.
L'organisateur des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal aussi espère avoir apporté sa pierre à l'édifice. Les deux épreuves du circuit mondial de l'Union cycliste internationale se tiennent chez nous pour une troisième année.
«Regardez en quatre ans où le cyclisme canadien et québécois est rendu», fait valoir Serge Arsenault. «Hesjedal, David Veilleux, François Parisien, Guillaume Boivin. Avant, les jeunes Québécois n'y croyaient pas. Mais maintenant, ils voient ces gars-là avoir du succès et ils peuvent y croire.»
Aux côtés des meilleurs
Leur présence sur le bitume du Vieux-Québec aux côtés des meilleurs jouent pour quelque chose, estime Arsenault. À la demande express de l'homme d'affaires Louis Garneau, directeur de sa propre équipe cycliste amateur, Arsenault s'est même laissé convaincre d'intégrer au peloton une formation supplémentaire créée pour l'occasion.
Huit Canadiens de plus, dont quatre Québécois, prendront le départ, demain. «Pour eux, juste de suivre le peloton, d'être dans le peloton, ça fait partie de ça», affirme le président des Grands Prix québécois.
Arsenault pense aussi à une collaboration financière entre son organisation et la seule équipe continentale canadienne, Spidertech, dirigée par le légendaire Steve Bauer, afin de permettre un éventuel saut en première division World Tour.
Au départ de Québec, le Québécois le plus en vue sera Veilleux (Europcar), de Cap-Rouge, dossard 18. Huit autres coureurs du Québec s'aligneront chez Spidertech (201 à 208) ou dans l'équipe canadienne (211 à 218). Spidertech roulera à Montréal, dimanche, mais pas l'équipe canadienne.