«Je pense avoir envoyé un message clair, c'est moi qui était le plus fort cette semaine», a lancé le vainqueur qui défend les couleurs de la formation Spidertech. «Bruno [Langlois] m'a mis beaucoup de pression aujourd'hui [dimanche], mais j'ai réagi vite. J'ai été un peu dans le trouble, mais j'ai été assez fort pour rouler. Et même si Langlois gagnait des secondes sur moi à chaque tour, je n'ai jamais eu peur parce qu'avant de prendre le départ, j'avais une avance de 2 m45 sur lui. Il fallait juste que je continue à rouler.»
S'il n'a jamais été inquiété pour le maillot de meneur, Houle n'a pas aimé la manière dont s'est déroulée la course, dimanche. Et il ne s'est pas gêné pour le dire. Il n'a pas apprécié que Langlois profite de la présence de ses coéquipiers dans le groupe qu'il avait rejoint pour se faire tirer, une stratégie qui lui a permis d'accroître son avance à chaque tour. «Il y a des affaires qui se sont passées que je n'ai pas aimées, mais ce n'est pas grave, j'ai gagné quand même. Dans le fond, on m'a juste fait travailler plus fort.»
Houle aura profité de sa présence au Tour de Québec pour faire le plein de maillots. En plus du jaune (meneur), il est reparti chez lui avec les maillots vert (meilleur sprinter), bleu (meilleur U23) et rouge (meilleur grimpeur).
De son côté, David Boily, le coéquipier de Houle chez Spidertech, n'a pas caché que la course d'hier avait été difficile, mais que Houle et lui avaient réussi à limiter les dégâts. Sur le plan personnel, il a tracé un bilan positif de la dernière semaine. «Oui, nous avons perdu la troisième place au général, mais nous avons gardé le maillot jaune. Et c'est là-dessus que l'on focusait. C'est donc mission accomplie.
«Je n'avais pas vraiment couru depuis les championnats canadiens. Ce fut donc un bon retour à l'entraînement. J'ai pu me remettre en jambes avec de la vitesse et de l'action en continu. Et j'ai été agressif toute la semaine. Le Tour a donc été une bonne préparation pour mes deux prochaines compétitions aux États-Unis.»
Mission impossible
Pour rien au monde, Bruno Langlois (Garneau), le gagnant du tour en 2011, n'aurait voulu échapper la victoire d'étape d'hier. Après avoir connu une mauvaise journée, samedi, il voulait profiter du fait qu'il compétitionnait devant les siens pour se reprendre. «J'ai commencé la course avec la rage de gagner. J'étais cependant certain de me faire reprendre par le peloton quand je me suis échappé. Mon seul but était de donner un bon spectacle.»
Langlois a indiqué qu'il avait mis quelques tours avant de bien trouver son rythme, soit le temps de savoir où il devait attaquer et où il pouvait récupérer. Par la suite, il n'a jamais cessé de creuser l'écart. «Un parcours comme celui d'aujourd'hui, ça passe ou ça casse. Et avec 10 km, j'ai eu peur de craquer. Mais ça a passé. Et là, je suis content que ça soit terminé.»
Langlois, qui a terminé deuxième au classement final à 39 secondes de Houle, mais 54 secondes devant Antoine Duchaîne et 1 m19 devant Boily, a indiqué que même s'il survolait le parcours, il n'avait jamais pensé pouvoir rejoindre Houle au classement. «On n'a pas gagné le Tour, mais au moins, on est allé chercher quatre victoires d'étape et on a fait parler de nous.»
Chez les femmes, Isabelle Rodrigue (Deda-HYPE) a remporté au sprint les honneurs du critérium. Elle a été suivie au fil d'arrivée par Élisabeth Albert (Rocky Mountain-Forget Aubin) et Gabrielle Pilote-Fortin (Deda-HYPE). Adriane Prévost (Stevens Racing) a cependant terminé première au classement cumulatif. Élisabeth Albert a décroché le maillot vert de meilleure sprinteuse de la compétition.
Disqualifié pour feuille non signée
C'est dans la controverse que s'est amorcé la dernière étape du Tour de Québec-Desjardins. Emile Abraham, détenteur du maillot vert, n'a pu prendre le départ parce qu'il avait omis de signer la feuille de présence. Un oubli porté à l'attention des commissaires par Hugo Houle.
«Il y a des règles dans les courses de vélo et on dirait que certains ont de la misère à les appliquer», a lancé le porte-couleurs de la formation Spidertech. «Moi, je veux juste qu'il y ait de la rigueur et que les choses soient égales pour tout le monde. Le règlement est clair, net et précis. Le commissaire doit sortir de la course les gars qui n'ont pas signé la feuille de présences.»
Houle a indiqué que le gagnant de samedi soir n'avait pas signé et qu'en bout de ligne, il n'avait eu qu'une amende de 30$. «Le commissaire a dit que c'était son erreur, qu'il aurait dû sortir le coureur.»
De son côté, Fabien Giguère a défendu sa décision d'hier en disant que les coureurs avaient été avertis à trois reprises par communiqués, le dernier en date de samedi, de l'obligation de signer la feuille de présence et de la sanction qu'ils risquaient s'ils ne le faisaient pas. «J'ai simplement appliqué le règlement, a lancé le commissaire. Si on lui avait permis de partir, on lui aurait permis d'aller chercher des bourses, alors qu'il n'aurait pas dû être là.»