«J'ai commencé à croire à nos chances de ne pas être rejoints alors qu'il restait environ 30 kilomètres à faire», a expliqué le vainqueur qui défend les couleurs de Champion System. «Nous arrivions alors en haut de la dernière grande côte de la journée et nous avions alors deux minutes d'avance. Je me suis dit que les gars dans le peloton seraient peut-être désorganisés. C'est habituellement ce qui arrive quand ils s'attaquent les uns les autres. Et je savais que nous pourrions capitaliser sur cette désorganisation et conserver notre avance.»
Lewis a avoué qu'il n'était pas très confiant mercredi matin, expliquant qu'il n'aimait pas courir sous la pluie. Mais heureusement pour l'Américain de 27 ans, les précipitations ont cessé au moment où la course a commencé et, rapidement, le parcours s'est asséché.
Au sujet de sa décision de partir en échappée au 43e kilomètre, Lewis a expliqué qu'il avait tenté à quelques reprises pendant la première de l'épreuve de se distancer du peloton, mais sans succès. Puis la chance s'est présentée. Il a aussi vanté le travail de Sparling sans qui il n'aurait pu rouler en avant du peloton jusqu'à la fin de la course.
«C'est certain que j'aurais bien aimé terminer la journée en tête du classement général. Mais avoir gagné l'étape d'aujourd'hui [mercredi] me satisfait pleinement.»
Quant à Sparling (Raleigh), il était convaincu qu'il serait rattrapé par le peloton avant qu'il ne puisse franchir la ligne d'arrivée. Et il a réalisé que ce ne serait pas le cas seulement au début du dernier tour du circuit fermé que les coureurs devaient parcourir à trois reprises avant compléter l'étape. Et même s'il a été battu au sprint par Lewis, le cycliste d'origine canadienne rayonnait. «Une deuxième place, c'est super. C'est mon meilleur résultat en Beauce. Je suis donc très heureux.»
C'est la stratégie élaborée par son équipe pour la seconde étape qui a poussé Sparling à suivre Lewis et Williamson en échappée. «Nous savions que l'étape disputée à Thetford Mines se termine habituellement au sprint. Et comme nous n'avons pas de purs sprinters dans notre équipe, nous avions décidé de toujours tenter d'avoir un gars dans les échappées, au cas où.
«Mais je ne croyais jamais qu'une échappée de seulement trois coureurs pourrait tenir le coup jusqu'à la fin. Surtout qu'il ventait beaucoup. Mais Lewis est une motocyclette. Il a fait le gros du travail et je l'ai aidé quand j'ai pu. Il méritait la victoire.»
Ne détenant plus que trois secondes d'avance sur Lewis, Mancebo (Competitive Cyclist) était heureux d'avoir conservé sa première place au classement général. Il a toutefois précisé qu'elle était plus ou moins importante à ce stade-ci du Tour de Beauce.
«Ce fut une bonne journée, mais j'espère que les choses iront mieux demain [aujourd'hui]. Pour nous, l'étape du mont Mégantic est la plus importante. Je suis un grimpeur. Et j'aimerais bien y répéter mes exploits de l'année dernière alors que j'avais gagné.»
Les maillots
Toujours détenteur du maillot jaune de leader, Francisco Mancebo a cédé son maillot jaune de meneur au classement des points à Matthias Friedemann (Champion System) qui a ajouté, mercredi, 12 points à sa récolte de la veille. Il a maintenant 25 points, soit un de plus que le champion 2011 du Tour de Beauce. De son côté, Ken Hanson (Optum) a conservé son maillot à pois de meilleur grimpeur. Il n'a cependant qu'un point d'avance sur Flavio De Luna (Spidertech). Finalement, Adig Othman (Champion System) est le nouveau détenteur du maillot rouge (meilleur jeune coureur).
Gilbert s'illustre, Parisien satisfait
Sixième à franchir la ligne d'arrivée, Martin Gilbert (Spidertech) a été le meilleur Québécois de la deuxième étape du Tour de Beauce, mercredi. «Ce n'est pas nécessairement ce que je regarde. Quand on est habitué à courir à un haut niveau, notre but à chaque jour est de gagner la course et de battre tous les gars qui étaient au départ.»
Parlant de la fin de sa course et de son sprint final, Gilbert a indiqué : «J'avais de bonnes jambes et je m'en suis aperçu parce que j'ai quand même commencé à sprinter d'assez loin et ça a bien été. Mais quand tu amorces un sprint et que tu sais qu'il y a deux gars qui ont déjà terminé la course, la motivation est là, mais pas autant. Et je ne pense pas que j'aurais fait mon sprint de la même manière si je l'avais fait pour gagner. Mais je vais peut-être avoir une autre opportunité de sprinter pour une victoire samedi à Québec ou dimanche à Saint-Georges.»
Quant à François Parisien, 34e mercredi avec le même chrono que les 55 autres coureurs du peloton ayant suivi au fil d'arrivée les deux coureurs de l'échappée, il était tout sourire au terme de l'épreuve. «Ça fait du bien», a indiqué le porte-couleurs de la formation Spidertech. «Et même si j'ai mal aux jambes, je suis heureux. Je ne pensais pas être à ce niveau de forme après seulement deux mois d'entraînement.»
Jeudi, il sera au service de ses coéquipiers Hugo Houle et Ryan Roth afin de les emmener le plus frais possible au pied du mont Mégantic. «Et quand ça sera fait, je vais m'élancer à bloc dans la montée. Je suis un soldat. Je suis venu pour ça, je suis pas ici pour niaiser.»