Dopage au Québec: loin d'être contagieux

Olivier Brisebois, Charles Thibault, Élisabeth Albert, Yoan Patry,... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Olivier Brisebois, Charles Thibault, Élisabeth Albert, Yoan Patry, Benjamin St-Onge et Marc-Antoine Boulet composent le noyau de l'équipe Rocky Mountain-Forget Aubin.

Photo Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) Le dopage dans le cyclisme québécois n'a rien d'étonnant. Trois coureurs ont été suspendus depuis octobre. Il y en aura d'autres. Ce qui ne veut pas dire que les pneus de nos meilleurs espoirs sur deux roues sont tous gonflés à l'hélium.

«C'est dommage, mais je ne suis pas surpris du tout», avoue Yoan Patry, l'un des cyclistes d'âge junior les plus prometteurs au Québec. «Ça démontre comment il y en a qui sont prêts à faire n'importe quelle connerie pour avoir des meilleures performances.»

Patry a 17 ans. Résidant de Saint-Jérôme, il amorce une deuxième saison sous les ordres de l'entraîneur Jean-Yves Labonté. Il a pris part aux Championnats du monde juniors sur route, en septembre, au Danemark. En janvier, il a participé à ses deuxièmes Mondiaux juniors de cyclocross, en Belgique.

«Il y en a qui roulent juste pour gagner. Et certains prennent des raccourcis pour y arriver. Ça se présente aussi souvent après un échec, une blessure ou quand leur contrat arrive à terme», analyse Patry.

Selon lui, Arnaud Papillon, le premier, plus jeune (22 ans) et plus prometteur des trois coureurs qui se sont fait pincer, «n'était pas soupçonné [des autres cyclistes] avant la saison passée». Miguel Agreda (34 ans) et Benjamin Martel (37 ans) sont les deux autres.

«Je réalise que je suis propre et que j'aurai quand même des occasions de passer pro d'ici deux ans», fait valoir Patry. Il a reçu des offres de France et de Belgique de la part d'équipes semi-professionnelles ou de développement pour la campagne 2013.

«Je veux percer dans le vélo si je suis capable, mais dans les limites», assure celui qui vise au moins un titre de champion canadien junior, au contre-la-montre, et peut-être un deuxième, à l'épreuve sur route, fin juin, à Lac-Mégantic.

Expérimenté coach de Québec, Labonté a dû réduire la taille de son équipe cette année. Les caisses Desjardins et leur branche de courtage Valeurs mobilières ont retiré leur commandite. Aucun des trois cyclistes québécois suspendus pour dopage ne s'alignait dans l'équipe.

Athlètes surveillés

Le groupe de Labonté est tout de même passé de 22 à 9 cyclistes. D'âge junior ou classés senior 3. «Les seniors 1 et 2, j'aimais mieux pas être là-dedans», grimace-t-il, exprimant ses doutes sur les catégories maîtresses. «Il va y en avoir d'autres. Ils [les gens du Centre canadien pour l'éthique dans le sport] en ont encore à l'oeil. Ils vont les tester», prédit celui qui besogne dans le milieu du cyclisme québécois depuis près d'un demi-siècle.

Le fabricant beauceron Procycle et sa marque Rocky Mountain continuent de fournir aux coureurs de l'équipe des vélos à un prix inférieur au coût de fabrication. La firme d'analyse de politiques environnementales et rurales Forget Aubin de Cap-Rouge signe un chèque de 5000 $, en plus des extras en cours de saison. Moins que ce qu'investissait Desjardins.

«C'est rassurant de commanditer une équipe junior», admet Mathieu Forget, président de Forget Aubin. «Et les jeunes qui font du sport d'élite ont encore besoin d'appui. Il faut supporter les bonnes équipes pour qu'ils soient formés droit», selon l'homme d'affaires.

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