Petites pestes en vedette

Brad Marchand a amorcé sa saison en fanfare,... (AP, Jay LaPrete)

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Brad Marchand a amorcé sa saison en fanfare, jeudi, avec une récolte de deux buts et trois aides dans une victoire de 6-3 des Bruins contre les Blue Jackets.

AP, Jay LaPrete

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<p>Kevin Johnston</p>

CHRONIQUE / Les jeunes ont de plus en plus la cote dans la Ligue nationale de hockey. Les débuts de saison pour le moins remarquables des Connor McDavid, Auston Matthews et Patrik Laine prouvent hors de tout doute que la relève est talentueuse. Grands et gros, rapides, habiles, ils semblent la norme pour l'avenir du circuit Bettman.

J'ai bien dit «semblent», parce qu'à la lumière de quelques résultats cette semaine, les patineurs de petite taille et aux atouts particuliers prouvent qu'ils ont aussi leur place dans le hockey moderne. Des petites pestes comme Brad Marchand et Brendan Gallagher s'amusent même à changer l'allure des matchs grâce à leur style «tête première». C'est sans peur qu'ils se frottent aux colosses et causent des migraines en territoire adverse.

Pourtant, Marchand et Gallagher semblaient destinés à jouer dans l'ombre, étiquetés employés de soutien. Deux athlètes de 5'9'' et d'à peu près 180 livres selon des pèse-personnes généreux sélectionnés respectivement aux troisième et cinquième tours (71e et 147e au total) . Ils ont tous deux complété leurs stages chez les juniors, ont fait leur apprentissage dans la Ligue américaine avant de se faire un nid parmi les grands en raison de leur dynamisme. Un dynamisme adoré par leurs coéquipiers, mais détesté par tous leurs adversaires.

Gallagher a marqué deux fois contre les Sabres en ouverture de saison à Buffalo. Lui, son bureau, il est devant le filet de l'autre club. À chacune de ses présences, il se retrouve immanquablement au même endroit que la rondelle. L'absence de Carey Price a coûté cher au Tricolore, la saison dernière, mais plusieurs oublient que Gallagher a raté une vingtaine de rencontres à peu près en même temps. En Price, le Canadien perdait son meilleur joueur, en Gallagher, il perdait son coeur, son moteur.

Horreur de la défaite

Quant à Marchand, on le connaissait déjà pas mal avant qu'il amorce sa carrière chez les professionnels. Contrairement à Gallagher qui a joué son hockey junior à Vancouver, Marchand est un produit de la LHJMQ. Tour à tour, il a défendu les couleurs de Moncton, de Val-d'Or et de sa ville natale, Halifax. Nous, journalistes de Québec, l'avons surtout connu en 2005-2006, l'année où les Remparts ont remporté la Coupe Memorial... contre les Wildcats de Moncton.

Ces mêmes Wildcats qui avaient battu les Québécois en finale de la Ligue. Le jeune Marchand avait connu de bonnes séries, jouant son rôle d'agitateur, qu'il avait déjà perfectionné, à merveille. Il avait d'ailleurs écopé de quelques pénalités d'indiscipline qui avaient coûté cher à son club. Mais diable qu'il détestait perdre.

Je me souviens qu'après la défaite en finale de la Coupe Memorial, alors que le Colisée de Moncton était vide et que seuls quelques journalistes écrivaient encore sur la galerie de presse, Marchand et une couple de coéquipiers, se croyant seuls, étaient sortis du vestiaire, en t-shirts, en combines et en gougounes pour caler quelques bières au centre de la patinoire. À un moment donné, les joueurs, qui essuyaient toujours des larmes plus d'une heure après la fin des cérémonies, se sont enlacés.

Eh bien, c'est ce compétiteur qui est devenu l'un des joueurs d'impact du circuit Bettman. Après une Coupe du monde étoilée dans l'uniforme du Canada, plusieurs, dont votre humble serviteur, croyaient qu'il retomberait vite dans la vraie vie sans Sidney Crosby. Et voilà que son pote Patrice Bergeron tombe au combat avant le premier match de la saison. Mais Marchand s'est retroussé les manches et, en compagnie de David Backes et de David Pastrnak, il a connu une soirée de cinq points lors de la sortie inaugurale face aux Blue Jackets de Columbus.

En voilà un qui sait comment répondre dans l'adversité. Et même s'il n'est plus tout à fait le joueur que le président américain Barack Obama avait surnommé la «petite boule de haine» lorsque les Bruins ont visité la Maison-Blanche après leur victoire en finale de la Coupe Stanley en 2011, il vaut mieux ne pas lui tourner le dos trop longtemps sur la patinoire parce qu'il représente maintenant deux menaces. Il demeure imprévisible lorsque poussé trop loin, mais est encore plus une menace avec la rondelle.

Quant à Gallagher, il va bénéficier de la présence de Shea Weber qui va lui montrer ce que ça prend pour être capitaine d'un club dans la LNH. Parce qu'il va un jour porter le «C» qu'on a remis par défaut à Max Pacioretty, la saison dernière. Parlant de Weber, Gallagher devra se garder une petite gêne en se plaçant devant ses puissants tirs. Faudra qu'il le fasse subtilement, comme il l'a si bien fait à Buffalo.

En bref

Shaw manque de jugement

Andrew Shaw a connu un bon premier match avec le Canadien... jusqu'à ce que les fils se touchent en toute fin de rencontre alors qu'il a écopé d'une pénalité majeure et d'une pénalité d'inconduite de partie. C'est que M. Shaw a décidé de faire chuter Johan Larsson, des Sabres, en lui servant un croc-en-jambe par-derrière, un geste très dangereux. Comme le 65 du Tricolore est un récidiviste, qu'il a ce don d'écoper de suspensions pour des gestes ou des paroles douteuses, je croyais bien voir le préfet de discipline de la LNH sévir. Mais non, Shaw s'en tire. Faudra juste qu'il comprenne que même si Marc Bergevin est allé le chercher pour sa présence physique, il ne faut pas qu'il exagère. Est-ce si dur à comprendre?

Les faces de bois de Toronto

Je suis donc fatigué de voir ces dirigeants de clubs se donner un petit genre en demeurant stoïques lors de victoires ou d'exploits de leurs protégés. Fallait voir les faces de bois du président Brendan Shanahan et du dg  Lou Lamoriello pendant le premier match de saison régulière des Maple Leafs au cours duquel le surdoué Auston Matthews est devenu le premier joueur de l'ère moderne de la LNH à marquer quatre buts à son premier match dans le grand circuit. Aucune réaction, rien. C'est comme si dans leur description de tâches, ils devaient faire la statue pendant les matchs. Pitoyable. On s'ennuie des John Ferguson, Serge Savard, Glen Sather, Jim Devellano, Pat Quinn, Brian Burke à ses belles années, Ronald Caron, Bobby Clarke et Maurice Filion.

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