Une finale qui laisse un goût amer

Le gardien Jaroslav Halak et Équipe Europe ont... (AFP, Bruce Bennett)

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Le gardien Jaroslav Halak et Équipe Europe ont donné plus de fil à retordre que prévu aux Canadiens, dont Corey Perry, lors de la finale de la Coupe du monde.

AFP, Bruce Bennett

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Bon, le Canada a gagné «SA» Coupe du monde de hockey. C'était écrit dans le ciel que nos représentants partiraient avec le gros trophée. Sauf que ça s'est avéré un peu plus compliqué que prévu. Équipe Europe, cette même bande sans drapeau qui avait fait patate lors de son camp préparatoire à Québec, a fait suer la gang à Crosby pas à peu près. Mais le talent finit toujours par avoir le dessus.

Bien dommage qu'Équipe Europe se soit retrouvée en finale. Oui, c'était cute de la voir aller. Et son entraîneur-chef Ralph Kruger a su séduire les journalistes tout au long de son séjour à Toronto. Un gars hyper intéressant, ce Ralph, un gars de culture, un gars ouvert sur le monde. Mais surtout un gars qui n'était pas dupe. Il savait très bien qu'il devait convaincre ses joueurs d'adopter un système de jeu hermétique pour battre les gros méchants Canadiens.

Et c'est pourquoi cette finale de la Coupe du monde m'a grandement déçu. D'un côté, on avait une équipe quasi invincible. De l'autre, une équipe qui devait défendre chèrement sa peau pour espérer ne pas être déclassée. Et c'est le mot défendre qui m'irrite au plus haut point. Quand un club joue pour ne pas se faire battre, ça nous donne le spectacle auquel nous avons eu droit cette semaine. Triste. Par moments, on croyait regarder un match Hurricanes-Sabres en plein mois de janvier.

Tortorella, l'homme de Cro-Magnon

Pourtant, c'était bien parti, ce tournoi-là. Pour à peu près tout le monde, sauf les États-Unis de John Tortorella et la République tchèque. Les Tchèques, nous savions qu'ils auraient de la difficulté à batailler avec les grands. Mais les Américains ont fait preuve d'insouciance, de mollesse, de manque de vision.

Laisser le polyvalent Dustin Byfuglien dans les gradins pour le premier match du tournoi, justement face à Équipe Europe, a tout débalancé. J'imagine que l'on ne reverra plus l'homme de Cro-Magnon John Tortorella à la barre de Team USA. Et j'ai déjà de la peine pour les Blue Jackets de Columbus, qu'il dirige maintenant.

Les Finlandais ont également déçu, mais ils alignaient, exception faite des surdoués de l'Équipe de l'Amérique du Nord, la formation la plus jeune de la compétition. Et parlant des jeunes loups canadiens et américains, ils ont amené un vent de renouveau. Ils ont joué du hockey sans peur axé sur la vitesse et sur leurs habiletés. Ils méritaient d'emblée d'être de la ronde demi-finale, mais ont été écartés en bris d'égalité de points. Ces jeunes-là contre le Canada auraient donné tout un spectacle.

S'il y avait eu une ronde quarts de finale, les jeunes auraient été là pour donner du fil à retordre à tout le monde. J'ai bien hâte de voir, si le tournoi revient, quelle formule sera adoptée. Et quels clubs seront invités. Est-ce qu'Équipe Europe aura été le club d'un seul tournoi? Est-ce que les Américains vont accepter de perdre cinq ou six joueurs au profit d'Équipe Amérique du Nord?

Ce sera à la LNH et à l'AJLNH de s'asseoir et de décider. Tout en espérant que l'on puisse en venir à une entente pour une paritipation aux Jeux de 2018 en Corée du Sud parce que, comme l'a si bien dit l'entraîneur-chef Mike Babcock, rien ne rivalise avec les Olympiques en termes de degré de compétition et de qualité de jeu.

Ailleurs qu'à Toronto

Une chose est cependant certaine : si la Coupe du monde revit - et elle devrait revivre quelque part en 2020 -, ce n'est pas nécessairement à Toronto que l'événement sera représenté. Une ville magnifique, une ville de sports, mais les gens n'avaient malheureusement pas que le hockey à se mettre sous la dent en septembre. Les Blue Jays se battent pour une place en séries et ça monopolise beaucoup de gens. Le soccer de la MLS est également fort populaire. Sans compter qu'il n'y a pas que le sport dans la vie de cette ville cosmopolite en plein essor, la quatrième plus populeuse en Amérique du Nord après New York, Los Angeles et Chicago. Ce n'est pas peu dire.

D'ailleurs, ça milite déjà dans l'ouest du pays. Le nouvel amphithéâtre à Edmonton vient d'ouvrir ses portes et on aimerait bien y tenir des événements du genre. Et il y a Calgary qui n'est pas trop loin, Vancouver non plus. Ça pourrait se faire dans plusieurs villes canadiennes, peut-être américaines et même en Europe comme lors d'événements précédents. Mais chaque chose en son temps. Que l'on règle Pyeongchang 2018 et on verra pour la suite des choses.

De toute manière, c'est fini pour les joueurs pour un bon moment. Ils vont tous rejoindre leurs clubs respectifs et amorcer un marathon qui va les mener au printemps prochain. Sidney Crosby a prouvé qu'il était le meilleur, Patrice Bergeron ne cesse d'impressionner et on a découvert une autre facette de Brad Marchand. Quant aux amateurs du Canadien, ils ne peuvent que se réjouir des prestations de Carey Price et de Shea Weber. Espérons que leur jeu solide en rouge et blanc continue avec le Bleu-blanc-rouge.

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