Quand Patrick se heurte à l'establishment

Patrick Roy, qui était à l'amphithéâtre jeudi, a... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Patrick Roy, qui était à l'amphithéâtre jeudi, a toujours dit que s'il n'avait pas de plaisir à se présenter à son boulot chaque matin, il préférait partir.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Il faisait bon de revoir Patrick Roy devant les amateurs de hockey de Québec, jeudi. C'était visible que sa démission de l'Avalanche du Colorado lui avait enlevé une tonne de pression sur les épaules. Malgré la barbichette sel et poivre, résultat du stress généré par trois saisons derrière un banc de la Ligue nationale, il avait l'air détendu, le grand 33. La meilleure recette pour refaire le plein d'énergie, c'est de s'amuser loin des projecteurs. Ce qu'il entend faire cet hiver.

Lors de son premier bain médiatique depuis le jour où il a annoncé qu'il quittait l'Avalanche, Roy n'a pas dit beaucoup plus qu'il avait déclaré à quelques journalistes triés sur le volet le 11 août. Si ce n'est que de répéter qu'il était parti parce qu'il ne se croyait plus impliqué dans les décisions opérationnelles du club. «Je préférais que ça se passe ainsi que d'arriver pendant la saison, qu'il y ait trop de différends qui auraient créé une situation inconfortable pour tout le monde», a-t-il simplement déclaré.

Le fait demeure qu'il ne s'amusait plus. Depuis que je le connais, il a toujours dit que, dans tout ce qu'il faisait, s'il n'avait pas de plaisir à se présenter à son boulot chaque matin, il préférait partir que de traîner sur place dans une forme non optimale. C'est arrivé quand il a quitté Montréal et aussi quand il a pris sa retraite prématurée comme joueur après avoir connu l'une des meilleures saisons de sa carrière. Et voilà qu'il laisse tomber la dernière année de son contrat avec l'Avalanche.

Scepticisme face aux statistiques avancées

La vraie histoire du départ, personne ne la connaît. Mais des collègues bien renseignés, dont Adrian Dater à Denver, brossent un aperçu de ce qui aurait pu pousser Roy à prendre la poudre d'escampette. L'influence grandissante du directeur général adjoint Chris MacFarland, un gourou des statistiques avancées débarqué de Columbus l'année dernière, a joué gros. Roy s'est toujours fait très clair sur son scepticisme des systèmes Corsi et Fenwick de ce monde pour gérer le hockey d'aujourd'hui. Sakic partageait son avis jusqu'à ce qu'il embauche MacFarland dans un virage à 180 degrés.

Semblerait, selon Dater, qu'il y avait le clan Sakic d'un bord, composé notamment du propriétaire Josh Kroenke et de MacFarland, et le clan Roy, formé notamment de François Allaire et de l'entraîneur adjoint Dave Farrish. Entre deux eaux se retrouvaient Craig Billington, Adam Foote et l'ex-dg Greg Sherman, qui a depuis quitté l'organisation.

Puis, il y a les décisions hockey. Roy n'aurait guère apprécié voir l'Avalanche sélectionner au 10e rang Tyson Jost, un joueur de centre de 5'11'' issu du hockey junior A de la Colombie-Britannique. On le comprend avec une ligne du centre comprenant déjà Nathan MacKinnon et Matt Duchene. Puis, les signatures de joueurs autonomes plutôt ordinaires en Patrick Wiercioch, Fedor Tyutin et Joe Colborne ne l'auraient guère impressionné, pas plus que le faramineux contrat accordé à l'arrière Tyson Barrie. Oui, il n'aurait pas détesté voir Alexander Radulov débarquer dans les Rocheuses. Mais pas au point d'en faire une maladie. C'est plus une accumulation de choses.

Et pour couronner le tout, il aurait tout simplement perdu confiance en ses joueurs, du moins un bon nombre d'entre eux. Selon les observateurs à Denver, la fameuse défaite aux mains du Wild du Minnesota dans le dernier droit, un match crucial pour une place en séries, aurait été la goutte qui a fait déborder le vase. Pour le reste de la saison, un Roy normalement exubérant, sifflant chacun de ses changements de trio, serait devenu immobile et surtout silencieux derrière le banc. C'était écrit dans le ciel, comme dirait l'autre.

DG et rien d'autre

Et maintenant, pour ceux qui le voient devenir entraîneur-chef des futurs Nordiques, si jamais Nordiques il y a, oubliez ça. Il sera dg et rien d'autre. Il veut être en contrôle de sa destinée, et il peut facilement occuper le siège de directeur général. Pour ceux qui veulent me réécrire pour me dire qu'il n'a pas l'expérience requise, je vous demande ceci : est-ce que John Chayka, le mathématicien de l'Arizona âgé de 26 ans bien sonnés, avait l'expérience? Non. Est-ce que Serge Savard avait l'expérience avant d'accéder au siège du conducteur à Montréal? Lou Lamoriello, un gars des universités américaines, au New Jersey? Steve Yzerman à Tampa Bay?

Une tête de hockey, véritable ordinateur sur deux pattes comme Roy, mérite d'être assis au deuxième étage. Fini le temps à marcher derrière un banc à la hauteur de la patinoire. Faudra bien qu'il repose ses hanches meurtries un jour, n'est-ce pas?

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