Plafond salarial: système à revoir

Les Red Wings de Detroit ont échangé Pavel... (Archives AFP)

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Les Red Wings de Detroit ont échangé Pavel Datsyuk, qui évolue maintenant dans la KHL, aux Coyotes de l'Arizona. Or, il ne jouera pas dans son nouvel uniforme. Ce tour de passe-passe permet à une équipe comme les Coyotes d'atteindre le plancher salarial, tout en libérant les équipes prises à la gorge.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Intéressant de lire les entrevues réalisées avec Gary Bettman et Donald Fehr, directeur général de l'Association des joueurs de la LNH plus tôt cette semaine en prévision de la Coupe du monde de hockey. Dans le cas de notre ami le commissaire, toujours le même refrain : tout baigne dans l'huile dans son circuit. De son côté, Fehr a été nettement plus informatif.

En ce qui concerne la Coupe du monde, on garde ça pour septembre. L'événement créé de toutes pièces pour remplir les coffres de la LNH et de l'AJLNH va-t-il soulever les passions? Probablement que oui, surtout que l'événement se déroule, sauf pour les camps et les matchs préparatoires, à Toronto. On vous mettra ça en perspective au moment opportun.

Ce sont plutôt les commentaires de Fehr sur le plafond salarial qui m'ont interpellé. Encore plus à la suite des tractations des derniers mois des Red Wings et des Panthers avec les Coyotes. Des petites manigances, des échanges de bons procédés, qui permettent à des clubs qui ont dépensé beaucoup de soulager leur masse salariale en refilant des contrats trop onéreux à un club qui n'arrive pas à dépenser assez.

Quand un collègue de La Presse canadienne a soulevé la question des relations de travail avec Fehr, il a bien sûr été question des lock-out qui minent les circuits professionnels nord-américains. Une situation que Fehr a imputée, en faisant allusion au système en place dans le baseball majeur, au plafond salarial déterminé (hard cap) qui gère les sommes dépensées dans la LNH.

«Le baseball majeur fonctionne sans plafond salarial», a-t-il dit au sujet du système qui fixe un montant maximal en salaires, mais qui permet de dépenser plus et payer une taxe de luxe. «Il s'agit du seul sport qui n'a pas été touché, au cours des 20 dernières années, par des lock-out ou des grèves.»

Est-ce qu'il aimerait donc que l'on abolisse le plafond salarial déterminé lors d'une prochaine négociation (l'actuelle convention collective prend fin en 2022)? «Ce sont les joueurs qui prennent les décisions», a-t-il répondu évasivement. «Et nous sommes loin de ce moment.»

Mettons que le message a quand même été envoyé à qui de droit. Il est clair que le plafond salarial a ses lacunes et que plus les dirigeants vont tenter d'y trouver des failles, plus le système sera remis en question. Une bonne chose selon moi.

Bien sûr, plusieurs me diront que la parité existe dans la LNH grâce au plafond salarial. Et c'est un peu vrai. Mais préférez-vous une ligue avec les trois quarts de ses clubs qui présentent une fiche de ,500 ou une ligue dont les clubs peuvent administrer leurs budgets à leur guise avec le risque de voir les plus riches aller chercher plus de joueurs vedettes?

Moi, je penche vers un système comme le baseball majeur. Et ce n'est pas parce que les plus riches dépensent de façon exagérée qu'ils gagnent tous les championnats. Oui, les Yankees et les Red Sox, les deux équipes les plus généreuses avec les Dodgers, ont gagné quelques Séries mondiales. Mais la plupart du temps, ce sont d'autres qui l'emportent. Et c'est parfait comme ça. Le système fonctionne, les riches paient leurs taxes de luxe et aident les moins nantis.

Les petits futés

Je n'aime pas le système de la LNH parce qu'il pénalise d'une certaine façon les riches. Et il permet à de petits futés comme le nouveau dg des Coyotes John Chayka, incapable d'honorer le plancher salarial de la LNH, d'absorber des contrats de clubs pris à la gorge. En retour de belles compensations sous la forme d'espoirs de premier plan et de choix au repêchage.

Saviez-vous que les deux joueurs les mieux payés des Coyotes la saison prochaine ne disputeront probablement pas un seul match avec eux ? Chayka a acquis le contrat de Pavel Datsyuk (Wings) en retour d'un choix de première ronde devenu Jakob Chychrun. Puis, cette semaine, c'est David Bolland (Floride) qui s'amène en Arizona... avec l'excellent jeune attaquant Lawson Crouse. Un autre tour de passe-passe.

Datsyuk, qui joue dans la KHL cet hiver, ajoute 7,5 millions $ à la masse salariale des Coyotes (son salaire réel est de 5,5 millions $ cette année], tandis que Bolland, qui sera placé sur la liste des blessés à long terme, ajoute 5,5 millions $ à la masse salariale pour chacune des trois prochaines saisons. Normalement, Bolland ne coûtera pas cher en argent réel parce que l'assurance assumera 80 % de son salaire.

Ajoutez à ça les 4 941 429 $ de Chris Pronger, dont les droits ont été acquis par l'Arizona l'année dernière (son salaire réel est de 575,000 $) et les contrats des «rachetés» Antoine Vermette et Mike Ribeiro, les Coyotes peuvent inscrire 20 635 873 $ sur leur masse salariale. Alors, dites-moi, est-ce que le système fonctionne? Peut-être pour les radins propriétaires des Coyotes et pour quelques autres mauvais administrateurs. Mais pour l'ensemble des gens sérieux de la LNH, je ne crois pas.

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