Quand ça ne vaut plus la peine...

Patrick Roy a-t-il fait le tour du jardin... (Photothèque Le Soleil)

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Patrick Roy a-t-il fait le tour du jardin comme entraîneur-chef? Ses divergences avec les dirigeants de l'Avalanche, qui ont visiblement mené à sa démission, poussent à croire que l'ancien gardien de but pourrait plutôt viser un poste de directeur général, où il aurait le contrôle sur les décisions.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / On ne pourra jamais accuser Patrick Roy de prendre des détours. Il a une fois de plus secoué le monde du hockey en annonçant qu'il quittait l'Avalanche du Colorado, jeudi. Comme il l'avait fait avec son geste d'éclat à son dernier départ dans l'uniforme du Canadien et aussi lorsqu'il avait pris sa retraite en 2003 après avoir connu l'une des meilleures saisons de sa carrière. Il est comme ça, le 33. Quand ça ne vaut plus la peine, il passe à autre chose.

Avec notre vision de loin de la vie quotidienne au Colorado, nous ne pouvions savoir que ça bouillonnait depuis déjà quelque temps dans l'entourage de l'Avalanche. À la toute fin du calendrier régulier, alors que la troupe de Denver venait de rater les séries éliminatoires pour la deuxième année de suite, Joe Sakic avait confirmé le retour de Roy derrière le banc pour une quatrième saison. Et Roy lui-même avait déclaré lors de cette rencontre de presse qu'il avait hâte que la nouvelle campagne débute. Quelques mois plus tard, c'est le divorce.

Un passionné

Patrick Roy s'est toujours impliqué à fond dans ses projets. La passion qui l'habite, le feu intérieur qui l'anime ont toujours été à la base de ses succès. Et Dieu sait qu'il en a connu, du succès. Des Coupes Stanley à Montréal et à Denver, une Coupe Memorial avec les Remparts et combien d'honneurs individuels, ça ne se gagne pas par hasard. Une passion qu'il a transportée au Colorado lorsqu'on lui a confié la gouverne de l'Avalache.

Qui ne se souvient pas de sa prise de bec avec Bruce Boudreau, alors à la barre des Ducks, dans les dernières secondes de son premier match comme entraîneur-­chef dans la LNH? On le voit encore s'acharner sur la baie vitrée séparant les deux bancs. Une première saison qui a vu l'Avalanche remporter le titre de la compétitive section Centrale, terminant au troisième rang du classement général de la ligue après avoir fini avant-dernier l'année précédente.

Ça s'était gâté en séries, mais Roy avait clôturé son année recrue comme coach en mettant la main sur le trophée Jack-Adams remis à l'entraîneur-chef par excellence. Il avait su ramener le goût de la victoire dans le vestiaire, un vestiaire miné par un manque de conviction les années précédentes. Le country-club était redevenu un lieu de travail.

Malheureusement, on est revenu à la case départ dès la saison suivante. Et Roy a été le premier à se rendre compte que le commun des joueurs n'avait pas sa passion pour son sport. Et qu'il était pas mal plus difficile de diriger des professionnels que des juniors.

L'année dernière, avec une dizaine de matchs à jouer, l'Avalanche était encore dans le coup pour une place en séries malgré la puissance de sa section. Mais le dernier droit s'est révélé un fiasco, les supposés meneurs du club s'effondrant lamentablement.

Roy avait déjà une bonne idée du caractère de ses leaders. Il en a eu la confirmation au mois d'avril 2016. Il ne s'est pas gêné pour les vilipender publiquement et il a même confié que des changements s'imposaient pendant l'été. Il ne voulait pas voir le club s'entêter à garder tous ses jeunes comme l'ont fait si longtemps les Oilers d'Edmonton avec les résultats que l'on connaît.

le tour du jardin

Sauf que le reste de l'état-major ne le voyait pas ainsi. Les divergences d'opinion entre Roy et Joe Sakic ne pouvaient être plus claires. Idem pour les joueurs autonomes, Roy ayant des visées sur Alexander Radulov avant de se faire dire qu'il n'y avait pas d'argent pour les renforts désirés.

D'ailleurs, les commentaires de Sakic à la suite de la démission de Roy sont révélateurs. Bon prince comme toujours, il a rassuré tout le monde en disant que les deux hommes demeuraient de bons amis et qu'il respectait la décision de Roy tout en le remerciant pour ses services. Puis, il a admis que Roy ne s'était pas beaucoup amusé pendant la dernière saison, que les déboires du club l'avaient grandement affecté.

Mais Sakic s'est défendu lorsqu'il a été question de dissension entre les deux hommes concernant le direction que l'on voulait donner à l'Avalanche. «Patrick a toujours été consulté», a-t-il déclaré. Oui, on l'a consulté. Mais est-ce qu'on l'a écouté? La réponse est non, parce que Patrick Roy n'est plus vice-­président opérations hockey et entraîneur-chef au Colorado.

En vacances pour la première fois depuis belle lurette, Roy ne sait pas trop ce que l'avenir lui réserve. À mon avis, il a fait le tour du jardin comme entraîneur-chef. Ce ne sont pas les entraîneurs-chefs de la LNH qui devraient être nerveux avec un Roy sans emploi dans les parages, mais bien les directeurs généraux. Il est mûr pour cette prochaine mission.

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