Et ça continue...

Gary Bettman a confirmé mercredi à Las Vegas... (AFP, Bruce Bennett)

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Gary Bettman a confirmé mercredi à Las Vegas que Québec n'aurait pas d'équipe dans l'actuelle expansion, mais que la ville n'était pas écartée définitivement, seulement mise sur une tablette. Ce qui signifie que rumeurs et spéculations vont continuer de plus belle.

AFP, Bruce Bennett

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Gary Bettman a confirmé deux mauvaises nouvelles, mercredi. La première, on la connaissait depuis des semaines. Québec est écartée de l'actuel processus d'expansion de la Ligue nationale de hockey. La deuxième, c'est celle qui irrite le plus. Québec n'est pas écartée définitivement, seulement mise sur une tablette. Ce qui signifie que rumeurs et spéculations vont continuer de plus belle. Je suis tellement écoeuré d'entendre et de lire n'importe quoi sur le sujet.

Mais au moins, on a appris une chose positive. L'ami Gary a été assez gentil pour nous dire que ce n'était pas de notre faute si nous étions des rejets. Ça m'a rassuré (vous captez mon ironie entre les lignes) de savoir que nous avions passé le test dans trois éléments cruciaux. L'amphithéâtre, pas de problème. Le propriétaire potentiel Québecor, pas de problème. Le marché (là, je le crois moins), pas de problème. Alors dites-moi, Monsieur le Commissaire, pourquoi nous préférer Las Vegas alors que nous répondons à ces critères pointus?

Eh bien, trois autres éléments ont été jugés plus importants que ceux qui devaient au bout du compte nous ouvrir les portes de sa Ligue. Le dollar canadien et ses fluctuations à la baisse. Le déséquilibre du nombre d'équipes entre les associations Est et Ouest. Et le refus des propriétaires de perdre plus qu'un joueur par club lors d'un repêchage d'expansion à deux équipes.

Les dés étaient pipés

Entre vous et moi, les dés étaient pipés à l'avance. Dès le début du processus, le plus influent des gouverneurs, Jeremy Jacobs (Boston), a clamé haut et fort qu'il trouvait notre marché «beaucoup trop petit». Mettons que ça donnait le ton des discussions du comité exécutif de la Ligue. À partir de là...

Mais revenons aux paroles bien choisies de Bettman et de son bras droit Bill Daly. On a tout d'abord utilisé le mot defer, qui signifie «reporter», quand on a dévoilé le sort de Québec. Puis, l'expression on hold, qui signifie en attente. On a également ajouté que Québec continuait de représenter «une belle opportunité». Et aussi «qu'on ne dit pas non, mais pas maintenant». De belles paroles pour consoler les irréductibles partisans du retour du Fleurdelisé? Probablement que oui.

Évidemment, on peut en rire pendant des lunes. Mais il n'en demeure pas moins que c'est une autre claque au visage. Je n'ai pas abordé le sujet de la renaissance des Nordiques bien souvent pendant l'actuel processus. Et les rares fois que je l'ai fait, j'ai émis mes doutes. Ce qui m'a valu des courriels plus venimeux qu'une vipère. Un peu comme M. le maire Labeaume l'a fait si élégamment cette semaine, on a embarqué la supposée chicane de groupes de presse dans le débat. N'importe quoi!

Vous savez, je les connais, ces gouverneurs des équipes américaines de la LNH. Mettons que Québec est assez loin dans leurs priorités. C'est dommage, mais c'est comme ça. Le facteur économique a toujours été la priorité pour ces businessmen. La seule priorité.

Marché déjà conquis

Interrogé en marge de la conférence de presse, le patron de Québecor, Pierre Dion, a comme esquivé la question la plus importante. Quand on lui a demandé si Québecor aurait été prête à débourser 500 millions $US si jamais le groupe avait obtenu un équipe, il a répondu que ça ne s'était jamais rendu aux discussions financières. Il sera à Québec, jeudi, et j'imagine qu'on pourra lui demander des éclaicissements sur ce point.

Par contre, M. Dion a mentionné une chose importante qui a sûrement joué dans la décision. «On a déjà perdu notre club une fois, a-t-il déclaré, on ne veut pas le perdre une deuxième fois.» Québecor et lui veulent donc s'assurer que le marché sera viable. Et ce n'est pas en payant plus de 700 millions $CAN qu'il va l'être.

C'est triste ce qui arrive, mais guère surprenant. Vous savez, Québec est un peu victime de son amour pour le hockey. Notre marché est déjà conquis par la LNH. On y fait beaucoup d'argent, même s'il n'y a pas de club. Oui, on nous fait miroiter la possibilité d'obtenir un club «à un moment non déterminé». Miroiter est un bon mot, car des relocalisations, je doute qu'il y en ait bientôt.

Tant mieux si une nouvelle mouture des Nordiques apparaît dans le décor dans deux, trois, quatre ou cinq ans. Nul doute que ce serait un plus pour la Québec. Mais l'équipe ne sera jamais nos vieux Nordiques avec les Statsny, Hunter, Goulet, Bouchard, Sakic, Sundin, Forsberg et compagnie. La proximité de ces temps-là avec les joueurs, elle n'existe plus aujourd'hui.

Et vous savez quoi? Le soleil va se lever quand même au-dessus de notre belle ville, jeudi. La Vieille Capitale va continuer de se développer, de prospérer. Le grand perdant dans toute cette bizarre d'affaire, c'est la Ligue nationale de hockey.

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