Bien plus grand que le hockey

Gordie Howe en février 2012... (Archives AP, Darryl Dyck)

Agrandir

Gordie Howe en février 2012

Archives AP, Darryl Dyck

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) On l'avait surnommé «Monsieur Hockey», mais Gordie Howe était bien plus grand que son sport. On s'en rend compte en lisant les nombreux témoignages qui lui sont rendus depuis l'annonce de son décès. Le numéro 9 a touché toutes les sphères de notre société, contribuant au développement du hockey chez nos voisins du sud.

Il est juste dommage qu'il n'ait pas évolué à une époque aussi médiatisée qu'aujourd'hui où tout se sait le moment même où ça se produit. Mais d'un autre côté, jouer des années 40 jusqu'en 1980 a peut-être permis de créer le personnage mythique qu'il est devenu. Et c'est ironique qu'il nous quitte presque en même temps que l'athlète le plus légendaire de tous, Muhammad Ali. Deux icônes la même semaine, c'est dur à avaler.

Mettons les cartes sur table tout de suite, malgré mon âge vénérable, je n'ai jamais couvert un match de Gordie Howe. Mais je suis passé bien près. À une semaine près. C'était lors de sa dernière apparition sur patins, un coup de publicité des Vipers de Detroit de la défunte Ligue internationale. Les dirigeants des Vipers avaient fait signer un contrat d'un match à Howe afin qu'il puisse revendiquer l'exploit d'avoir joué lors de six décennies différentes.

Dans le temps, je couvrais les Rafales. C'était leur deuxième saison, ce qui devait s'avérer leur dernière, dans le circuit Ufer. Howe a foulé la patinoire une quarantaine de secondes au début d'un match opposant les Vipers aux Blades de Kansas City. Ça s'est passé le 3 octobre 1997. Je me souviens être débarqué à Detroit avec la formation la semaine suivante et les affiches de la soirée Howe tapissaient toujours les murs de l'amphithéâtre, le Palace of Auburn Hills. Interrogés sur leur expérience, les joueurs des Vipers étaient encore sous le charme de Howe, qui n'avait pas trop mal paru malgré ses 69 ans bien sonnés.

J'ai eu la chance de croiser M. Howe au fil des ans. Rien d'officiel, seulement lors d'activités liées au hockey. Notamment lors de quelques cérémonies au Temple de la renommée du hockey. Un peu comme Jean Béliveau le faisait si bien, il disait toujours bonjour, prenait le temps de regarder la personne qui lui adressait la parole. Et comme tout athlète de renom, il dégageait ce quelque chose de spécial. Difficile à décrire, mais c'est le même sentiment qui m'habitait lorsque j'approchais les Gretzky, Jordan, Orr, Roy, Stastny, Bird, Esposito, Carter de ce monde.

Les Red Wings, le club favori de mes parents

Je me souviens du premier livre portant sur le hockey que j'ai reçu en cadeau. Je l'ai toujours. Un cadeau de Noël en 1963. Ça s'appelait Hockey - Here's Howe. Sur la couverture, Gordie Howe et ses fils Mark et Marty, jeunes pee-wee à l'époque. Le livre expliquait un peu le hockey, donnait des trucs pour être meilleur. Je l'ai dévoré je ne sais combien de fois.

Chez nous, le club favori de mes parents n'était pas le Canadien. Ils n'en avaient que pour les Red Wings et pour Gordie Howe. Une fois par saison, ma mère et mon père partaient tous les deux pour une fin de semaine à Montréal. Ils prenaient le train, s'installaient à l'hôtel Reine-Elizabeth et assistaient à un match Canadien/Red Wings. Et comme les joueurs des Wings couchaient eux aussi au Reine-Elizabeth, mes parents avaient la chance de les croiser. Je me souviens que lors d'un des voyages, ma mère avait longuement jasé d'Alex Delvecchio et de Howe qui avaient pris le petit déjeuner tout juste à côté d'eux. À l'époque, les joueurs étaient très accessibles. Ils avaient pu converser avec eux une quinzaine de minutes.

Un des meilleurs de l'AMH

Je n'ai pas couvert Gordie Howe comme journaliste, mais j'ai assisté à de nombreux matchs des Aeros de Houston de l'AMH au Colisée. Revenu au jeu dans la quarantaine pour jouer avec ses fils, Howe était l'un des meilleurs du circuit maudit. Des maux de tête, il en a donné plusieurs aux Nordiques. De par son brio, mais aussi avec ses coudes. Moins spectaculaire à sa dernière saison avec Hartford dans la LNH, il tenait néanmoins son bout malgré ses 50 ans bien sonnés. Il s'était même permis de récolter une aide lors de sa dernière visite comme joueur au Colisée. C'était le 26 février 1980. Les Nordiques avaient gagné 9-5. Il a fait sa passe à Neil Sheehy, qui a marqué le dernier but des siens à 18:49 de la troisième période.

Gordie Howe est certes l'un des plus grands noms du hockey. Peut-être même le plus grand. Béliveau, Richard, Gretzky, Orr, Lemieux ont tous marqué l'imaginaire, mais Gordie Howe est celui qui a été baptisé «Monsieur Hockey». Il n'a pas été le meilleur de l'histoire, mais aujourd'hui, il est le plus grand.

Oui, les Sharks peuvent revenir

Les Sharks de San Jose ne sont pas encore morts. Mais ils n'ont plus le droit de perdre. Ils ont survécu grâce à un bon début de match, jeudi, grâce aussi au brio de leur gardien Martin Jones qui a tenu le fort dans la tourmente. 

Les Penguins ont tout fait pour éliminer leurs adversaires et soyons honnêtes, ils ont à peu près dominé tous les matchs jusqu'à maintenant. Mais pour gagner, il faut marquer au moins un but de plus que l'adversaire. Si Jones se met dans la tête de tout arrêter ou presque, et si son vis-à-vis Matt Murray, brillant en séries mais moins solide jeudi, en accorde une couple de buts douteux par rencontre, qui sait si ça n'ira pas à sept matchs.

Martin Jones, gardien des Sharks... (AP, Ben Margot) - image 3.0

Agrandir

Martin Jones, gardien des Sharks

AP, Ben Margot

D'ailleurs le conseil municipal de Pittsburgh aurait dû se garder une petite gêne avant de renommer le Murray Avenue «Matt Murray Avenue» l'histoire d'un jour pour honorer le jeune gardien. Parions que quelques membres de l'organisation des Sharks en avaient pris bonne note. Et comme par hasard, Murray n'a pas été à la hauteur, jeudi. Mais ne sautons pas les étapes. 

La sixième rencontre sera disputés dans l'aquarium des requins à San Jose, dimanche. Faudra que les gros noms des Penguins tonnent. Suivi pas à pas par Marc-Édouard Vlasic, Sidney Crosby n'a toujours pas marqué en finale. Reste à voir si les «p'tits vieux» des Sharks ont encore un peu d'essence dans le réservoir pour forcer la présentation du match ultime.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer