Vlasic, un métronome sur deux lames

Si les Sharks de San Jose s'approchent d'une... (Archives AP, Tony Avelar)

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Si les Sharks de San Jose s'approchent d'une première participation à la finale de la Coupe Stanley, le défenseur Marc-Édouard Vlasic y est pour beaucoup.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) On parle beaucoup, et avec raison, des vétérans attaquants des Sharks de San Jose depuis le début des séries. Les deux Joe, Thornton et Pavelski, Logan Couture et Patrick Marleau connaissent des éliminatoires remarquables. Tout comme l'arrière Brent Burns, une véritable bête sur la patinoire, autant par son apparence de coureur des bois que par son flair avec la rondelle. Mais il y en a un autre qui attire les regards sans vraiment les attirer et c'est Marc-Édouard Vlasic.

À vrai dire, l'ex-porte-couleurs des Remparts n'est pas le plus flamboyant sur une patinoire. Mais côté efficacité, rares sont les joueurs qui arrivent à sa cheville. Nous n'avons malheureusement pas l'occasion de le voir trop souvent à la télé et c'est pourquoi il est demeuré un des secrets les mieux gardés lors de ses premières saisons dans la LNH. Mais ses adversaires avaient pris bonne note de ses habiletés. La confrérie des directeurs généraux et des entraîneurs aussi.

Plusieurs amateurs ont été étonnés de le voir dans l'uniforme du Canada aux Jeux de Sotchi. Mais il a vite fait comprendre qu'il avait sa place. Fallait donc pas s'étonner qu'il se retrouve parmi les 16 premiers joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde de 2016, l'un des quatre arrières en compagnie des illustres Drew Doughty, Duncan Keith et Shea Weber. Remarquable. Et une fichue belle marque de respect.

D'ailleurs, si les Sharks s'approchent d'une première participation à la finale de la Coupe Stanley, Vlasic y est pour beaucoup. Lui et son pote barbu Burns se veulent une force de frappe incroyable à la ligne bleue, au même titre que les Keith et Brent Seabrook à Chicago, les Alex Pietrangelo et Jay Bouwmeester à St. Louis, les Weber et Roman Josi à Nashville.

San Jose joue du bon hockey contre les Blues de St. Louis. Soyons honnêtes, ils devraient mener la série 3-0. Un club bien équilibré dirigé de main de maître par Peter DeBoer qui utilise toutes ses ressources sans surtaxer personne. Mais avouons qu'avec Burns et Vlasic et les deux autres arrières Paul Martin et Justin Braun, ça donne une chance. Et Martin Jones n'est pas piqué des vers devant le but non plus, lui qui vient de coller deux jeux blancs de suite.

Un Rouage important de la Coupe Memorial de 2006

Mais revenons à Vlasic, un p'tit gars qu'on a élevé ici à Québec chez les Remparts. Déjà à son premier camp d'entraînement en 2003, il faisait saliver l'entraîneur-chef de l'époque, Éric Lavigne, qui m'avait confié que son potentiel était illimité. C'est à contrecoeur qu'il l'a retourné à son club midget AAA de Lac St-Louis afin qu'il joue plus souvent.

Un changement d'entraîneur là-bas a toutefois fait en sorte qu'on place le jeune sur une voie d'évitement. Faut croire que ce coach-là ne savait pas comment évaluer son personnel. Toujours est-il qu'en l'espace d'un mois, Vlasic était de retour à Québec. Et quelques semaines plus tard, il jouait de façon régulière dans la LHJMQ.

Rouage important de la conquête de la Coupe Memorial au printemps 2006, Vlasic a gradué avant son temps dans la LNH quatre mois plus tard. Au grand dam de Patrick Roy qui le voyait comme son meilleur joueur. Mais à 19 ans, Vlasic était prêt à passer à autre chose.

À l'automne 2006, j'avais eu la chance de couvrir l'affrontement Alexander Radulov (Predators) contre Vlasic, à Nashville. En jasant avec l'entraîneur-chef des Sharks à l'époque, Ron Wilson, on s'est rendu compte à quel point le jeune était doté d'un talent spécial. Normalement froid avec les médias, Wilson s'était ouvert, vantant l'intelligence de son protégé, sa capacité à adapter son jeu à n'importe quelle situation. À peine gradué parmi les grands, il jouait déjà en moyenne 20 minutes par matchs et était employé sur les unités spéciales. Ça promettait.

Le Québécois Steve Bernier, qui évoluait avec les Sharks à l'époque, avait confié lors du même voyage que Vlasic n'avait pas mis de temps à charmer les hommes de hockey de l'organisation. «Jamais je n'avais vu un gars de son âge jouer avec autant d'assurance», avait-il dit. «La première fois que je l'ai vu sur la patinoire, c'était assez évident qu'il avait sa place dans l'équipe. Et quand on s'est mis à l'utiliser avec notre meilleur défenseur Scott Hannan, ça confirmait ce que tous savaient depuis un bout de temps. L'une des premières choses que j'ai apprises chez les pros, c'est qu'il ne fallait pas tenter de trop en faire pour impressionner. Marc-Édouard semblait le savoir déjà.»

Et 737 matchs de saisons régulières et 99 matchs de séries dans la LNH plus tard, Vlasic continue toujours d'améliorer son jeu. Ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme l'un des arrières les plus complets de tout le circuit Bettman. Dire qu'il n'a que 29 ans.

L'infatigable Joe Thornton

Il a 36 ans et a 18 saisons de la LNH dans le corps. Ce qui n'empêche pas Joe Thornton des Sharks de San Jose d'être l'un des meilleurs attaquants des présentes séries. Lui et ses compagnons de trio Joe Pavelski et Tomas Hertl - en passant, ce sont tous des joueurs de centre naturels - font des ravages depuis le début des éliminatoires. Ils battent à eux seuls les Blues de St. Louis.

Il a bien mûri, Thornton, un bonhomme dont l'attitude a souvent été critiquée au début de sa carrière. C'est d'ailleurs ce qui avait forcé son déménagement de Boston, lui qui avait été repêché au tout premier rang par les Bruins en 1997. On l'a parachuté à San Jose en 2005 en retour de Marco Sturm, de Wayne Primeau et de Brad Stuart.

Il n'a pas plus échappé aux critiques chez les Sharks, perdant même son C de capitaine il y a deux ans. Mais depuis, son attitude est exemplaire et il semble s'amuser. Il livre la marchandise, sur la patinoire et dans le vestiaire. Considéré comme l'un des bons passeurs de l'histoire de la LNH, il totalise 1341 points (377-964) en 1367 matchs de calendrier régulier. Et il est l'un des rares Nord-Américains à avoir connu du succès en Europe pendant les deux conflits de travail. Malgré son gabarit imposant (6'4", 220 lb), il sait quoi faire avec la rondelle. Il sera admis au Temple de la renommée un jour. Gagner une Coupe Stanley serait la consécration ultime d'une belle carrière.

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