Les deux solitudes de la LNH

Les Capitals de Washington du capitaine Alex Ovechkin... (AP, Alex Brandon)

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Les Capitals de Washington du capitaine Alex Ovechkin est la seule équipe de l'Est bâtie pour tenir tête aux formations de l'Ouest.

AP, Alex Brandon

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / L'écart entre le style et, surtout, le rythme de jeu des associations de l'Est et de l'Ouest est encore plus frappant en séries éliminatoires. À la lumière de ce qu'on a vu pendant le calendrier régulier et depuis le début du bal printanier cette semaine, ce n'est pas encore cette année qu'un club de ce côté-ci du continent va enlever la Coupe Stanley.

La tendance est indéniable dans la LNH. Au cours des 10 dernières campagnes, seuls deux champions de l'Est - Pittsburgh en 2009 et Boston en 2011 - ont pu boire dans le calice argenté. Et avant de me corriger et me dire que les Red Wings de Detroit ont mis la main sur le gros trophée en 2008, sachez qu'ils étaient alors champions de l'Ouest et qu'ils avaient battu les Penguins de Michel Therrien en finale.

Comme je vous le confiais il y a quelques semaines, la seule équipe qui a une chance, si minime soit-elle, de bousiller ma théorie, demeure les Capitals de Washington. Probablement le club le mieux équipé pour rivaliser avec les forces de l'autre association, justement parce qu'il a été bâti par Barry Trotz qui a passé les 15 premières années de sa carrière d'entraîneur-chef à se colletailler avec les puissances de l'Ouest.

Trotz a une belle machine entre les mains. Un gardien étoile en Braden Holtby, le meilleur franc-tireur du circuit en Alex Ovech­kin, un groupe d'attaquants rompus aux grosses compétitions en Backstrom, Oshie, Johansson, Richards, Williams. Mais il n'y a pas de force dominante à la ligne bleue et c'est là que le bât blesse. Normalement, les Caps vont se retrouver en finale. Mais à partir de là...

Le Wild pas de taille

S'il y a un favori indéniable dans l'Est, c'est vraiment à l'opposé dans l'Ouest. C'est même triste ce qui se passe là-bas, parce que dès la fin du premier tour des séries, des aspirants aux grands honneurs vont être éliminés. Qui des Blues ou des Blackhawks tombera en vacances d'ici une dizaine de jours? Qui des Sharks ou des Kings? Qui des Ducks ou des Predators?

Ma seule certitude, c'est que les Stars de Dallas vont continuer d'écrabouiller le Wild du Minnesota, formation qui doit se passer des services de son as Zach Parise, de Thomas Vanek et d'Erik Haula. Et comme l'écart entre les deux équipes n'est pas assez prononcé, comme le démontre le pointage de 4-0 en faveur de Dallas lors du premier match, voilà que Tyler Seguin sera de retour au jeu après avoir raté les 11 dernières rencontres des Stars en raison d'une coupure au tendon d'Achille.

Bâtis pour aller à la guerre

C'est la profondeur des alignements des clubs de l'Ouest qui m'impressionne. Ils ont été bâtis pour aller à la guerre. J'aurai toujours un faible pour les Hawks, qui revendiquent selon moi le plus bel équilibre entre l'attaque, la défensive et devant le filet. Le retour de Duncan Keith, vendredi, va replacer les choses. Une fois qu'il aura retrouvé sa vitesse de croisière, le reste de la série ne sera plus la même. Mais les Blues, en santé pour la première fois de l'hiver, ont des choses à prouver eux aussi. Et l'entraîneur-chef Ken Hitchcock a son emploi à sauver.

Du côté des Ducks d'Anaheim, champions de leur section malgré un atroce début de saison, ils devront tout donner face aux Predators de Nashville, un club dont personne ne parle, mais qui n'est pas piqué des vers non plus. Une autre équipe avec des atouts à chaque position. Leur seul point faible demeure leur incapacité à s'imposer en séries. Mais le déclic pourrait se faire n'importe quand.

Ce qui nous amène à la série la plus folle, celle opposant Los Angeles à San Jose. Il faut se coucher tard pour y goûter, mais à la lumière de ce qu'on a vu jeudi, ça vaut la peine de veiller sur le divan. Gagnants 4-3 du duel on ne peut plus serré lors du premier match, les Sharks ne devront cependant pas enlever leur pied de la pédale à gaz. Est-ce qu'ils ont eu leur leçon il y a deux ans alors qu'ils avaient laissé filer une avance de trois matchs à zéro face aux mêmes Kings? De la façon dont ils ont joué jeudi, je crois que oui.

Mais pour l'instant, peu importe les résultats de la première semaine des séries, les champions en titre, les Blackhawks de Chicago, demeurent mes favoris. Les protégés de Joel Quenneville auront cependant fort à faire pour gagner une quatrième Coupe Stanley au cours des sept dernières saisons. Les Stars de Dallas m'impressionnent au plus haut point. Et il y a les Kings qui seront toujours une menace. Mais côté profondeur, Chicago et Dallas leur sont supérieurs. Sauf que comme dirait l'autre, c'est sur la glace que ça se joue.

Bien content pour Claude Julien

La haute direction des Bruins a choisi le gros bon sens plutôt que d'agir sur le coup de l'émotion en confirmant le retour de Claude Julien derrière le banc pour une 10saison à Boston. C'est rafraîchissant de voir des clubs se ranger derrière leurs entraîneurs-chefs comme le Canadien l'a fait avec Michel Therrien et comme les Ducks d'Anaheim l'ont fait avec Bruce Boudreau lorsque rien n'allait avant les Fêtes. Comme quoi la continuité n'est pas une mauvaise chose.

Julien a dû composer avec les alignements qui lui ont été fournis et il a abattu une solide besogne dans les circonstances. Si de graves conflits entre entraîneurs et joueurs, comme ce fut le cas à Pittsburgh, précipitent un congédiement et ramènent une équipe sur les rails, d'autres changements sont inutiles. On n'a qu'à regarder ce qui s'est produit à Columbus, où le congédiement de Todd Richards au profit de John Tortorella n'a rien changé.

Et à Ottawa, Eugene Melnyk, proprio des Sénateurs, aurait eu intérêt à se calmer un peu plutôt que de blâmer publiquement Dave Cameron pour les insuccès de son équipe. Dans le fond, le nouveau dg Pierre Dorion n'avait pas le choix de congédier l'entraîneur-chef après les propos lapidaires de Melnyk. Évidemment, les Sens n'auraient pas détesté embaucher Julien si jamais les Bruins l'avaient écarté, mais ils devront fouiller ailleurs. J'ai bien hâte de voir si le p'tit nouveau saura redresser la barque. Pas évident dans une association où la moitié des clubs ne font pas les séries.

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