Québec, police d'assurance de la LNH

Tout semble indiquer que la LNH et son... (Archives La Presse Canadienne, Mark Humphrey)

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Tout semble indiquer que la LNH et son commissaire Gary Bettman tourneront le dos à Québec, du moins cette fois-ci.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Les spéculations vont bon train depuis l'annonce, mercredi, que la Ligue nationale de hockey allait dévoiler sa décision sur ses projets d'expansion vers la mi-juin. Un club, deux clubs, pas de club du tout, vous en savez autant que moi. Mais si on se fie à quelques informateurs normalement bien branchés, Québec ne serait pas de la fête. Du moins, pas cette fois-ci.

Je n'ai jamais été du genre à m'emballer ou à déprimer avant d'avoir une confirmation. On ne contrôle pas ce qui cogite dans la tête de Gary Bettman et des membres de son influent Bureau des gouverneurs. Mais on a le droit d'avoir son opinion, et la mienne ne change pas. La LNH n'est pas pressée de réintégrer Québec dans ses rangs, pas pressée du tout.

Je ne dis pas qu'il faut mettre une croix sur la renaissance des Nordiques. Je continue de souhaiter le retour des Fleurdelisés. Sauf qu'il ne faut pas être aveugle non plus.

Et vous savez quoi? Le plus gros handicap de Québec, ce ne sont pas ses défauts, mais plutôt ses qualités. Normalement, avec un curriculum aussi bien garni, un candidat est automatiquement accepté. Un marché qui ne vibre que pour le hockey, où il serait le sport principal en ville; un marché qui possède un des amphithéâtres bâtis pour le hockey le plus moderne de la planète; un marché qui peut se targuer d'avoir un propriétaire potentiel aux poches profondes et qui gère déjà l'amphithéâtre en question... Bref, à peu près aucun défaut.

Bien sûr, il y a notre beau dollar en papier plastifié qui bat de l'aile et ça fatigue Gary et ses amis. Comme la Ligue tire près de la moitié de ses revenus de ses sept clubs canadiens, quand notre devise plonge, la marge de profits plonge de façon proportionnelle. Et il y aura toujours ceux qui s'interrogent sur la capacité des amateurs de Québec de remplir les 18 000 sièges et les salons d'entreprise sur une longue période. J'ai bien dit sur une longue période, parce que tout nouveau tout beau, il n'y en aura pas de problèmes.

Pas grand-chose à gagner

Mais revenons aux qualités. Entre vous et moi, à part l'entrée d'argent assurée par une expansion, soit une quinzaine de millions de dollars par club, la LNH n'a pas grand-chose à gagner. Une fois admise, une équipe de Québec se mettrait à partager les revenus, et le 15 millions $ serait rapidement annulé.

Comme je l'ai expliqué à mes amis de RDS en milieu de semaine, Québec est déjà un marché de la LNH, même sans équipe. Les médias locaux parlent abondamment du circuit Bettman, les cotes d'écoute à la télé sont aussi fortes chez nous que dans presque tous les marchés américains et même certains autres canadiens. Et les produits dérivés sont partout, même s'il n'y a pas de club en ville. La LNH est un sport majeur à Québec et les Nordiques sont partis depuis 1995!

Pourquoi pensez-vous que Gary Bettman était de la conférence de presse lançant la vente des promesses d'achat d'abonnements saisonniers à Las Vegas l'année dernière alors qu'il n'a pas encore mis les pieds chez nous pour visiter le Centre Vidéotron? Parce que Vegas sera un nouveau marché pour la LNH, où elle deviendra le premier sport majeur à s'y établir. C'est aussi simple que ça.

Et diable que Bettman aurait aimé voir quelqu'un de Seattle se manifester pour l'obtention d'une franchise d'expansion! Il aurait pu ainsi solutionner son problème de déséquilibre des associations de l'Ouest et de l'Est.

Pendant ce temps, à Québec, tout est en place. Winnipeg a vécu la même chose avec les Thrashers d'Atlanta. Son nouvel amphithéâtre était prêt à accueillir la LNH depuis 2004 et on a dû patienter jusqu'en 2011 avant de voir se pointer la troupe de la Géorgie. Ici, le Centre Vidéotron est flambant neuf.

Combien de temps faudra-t-il patienter? Pour l'instant, si l'expansion ne nous sourit pas, les candidats pour un déménagement se font plutôt rares. Oui, il y a les Hurricanes qui tirent la patte en Caroline et qui sont à vendre. Mais le club opère également son amphithéâtre là-bas, et le bail ne vient à échéance qu'en 2024...

Gary Bettman sait qu'il pourra toujours caser un canard boiteux chez nous. Ce serait la meilleure solution pour les amateurs d'ici que d'avoir une équipe établie plutôt qu'une équipe d'expansion. Les belles promesses que les prochaines expansions vont favoriser des clubs compétitifs, c'est de la foutaise. Les restants de table ne donnent jamais de gros festins.

Alors attendons le verdict de juin. Parce que dans le fond, on n'en sait absolument rien.

Pas toujours rigolo, un repêchage d'expansion

Il y a de ces matins où tu te dis que tu n'aurais pas dû te lever. C'est probablement ce que pensait Mel Bridgeman, le 18 juin 1992. On parle beaucoup de repêchage d'expansion, ces temps-ci, et ça me rappelle celui des Sénateurs. L'ancien des Flyers embauché comme dg à Ottawa ne l'a pas eue facile. Nous avions bien rigolé à cette soirée-là.

Selon les explications de l'époque, toutes les données des Sénateurs avaient été enregistrées dans un portable. Et en débarquant dans la salle de bal de l'hôtel de Montréal où se tenait le repêchage d'expansion, la batterie du portable a rendu l'âme. Et personne n'avait de câble pour le brancher. On a donc dû se fier à des listes sur papier qui n'avaient pas été mises à jour. Arriva ce qui devait arriver. Avec le 33e choix de la soirée, Bridgeman sélectionne Todd Ewen... pour se faire dire que le Canadien, qui avait déjà perdu deux joueurs, ne pouvait en perdre d'autres. Bridgeman baisse la tête et dit : «Ottawa s'excuse, Monsieur le Président». John Ziegler était alors le patron de la LNH.

Sept choix plus tard, Bridgeman récidive en sélectionnant Todd Hawkins, alors que Toronto avait déjà perdu ses deux joueurs. Il doit s'excuser à nouveau et lance le nom de C.J. Young (Flames)... mais il n'est pas admissible. Ziegler n'était pas de bonne humeur. Finalement, les Sénateurs ont choisi Darcy Loewen (Sabres). Dure journée pour un dg recrue et gênant pour une équipe qui avait tout à prouver. Ça «inaugurait» mal, comme a déjà dit un entraîneur-chef connu...

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