Les étonnants propos de Therrien

Michel Therrien avait du mal à cacher sa... (La Presse Canadienne, Paul Chiasson)

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Michel Therrien avait du mal à cacher sa frustration alors que s'écoulaient les dernières minutes du match contre les Sabres de Buffalo, mercredi.

La Presse Canadienne, Paul Chiasson

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Pour qu'un entraîneur-chef du Canadien de Montréal des années 2010 ose déclarer, avec encore 30 matchs à écouler au calendrier régulier, qu'il va être difficile de se tailler une place en séries éliminatoires, c'est que ça va encore plus mal que ce que l'on peut croire. Ce qui n'est pas peu dire, parce que ça va mal en s'il vous plaît dans la métropole.

Michel Therrien m'a sidéré après la défaite des siens aux mains des Sabres de Buffalo, mercredi. «On est très conscients que ça va être très difficile de faire les séries», a-t-il lancé lors de sa conférence post-rencontre. Venant du coach d'une organisation qui n'a pas vraiment l'habitude de laver son linge sale en public, ça frappe fort.

Est-ce qu'il avait eu la bénédiction de ses patrons Geoff Molson et Marc Bergevin avant de clamer haut et fort que les carottes étaient presque cuites avec deux mois à jouer? Sais pas. S'il a agi par lui-

même, est-ce parce qu'il sait que ses jours sont comptés et qu'il a perdu son vestiaire? Difficile à dire.

Vrai, il y a eu ce vote de confiance de son dg il y a quelques semaines. Vote de confiance jusqu'à la fin de la présente campagne, faut-il préciser. Mais un vote de confiance, c'est plus souvent qu'autrement le baiser de la mort.

Puis, tout d'un coup, Therrien a senti le besoin de préciser ses paroles, vendredi midi. S'est-il justement fait taper sur les doigts pour avoir pratiquement mis fin aux espoirs du printemps? Il semblerait qu'il aurait fallu interpréter ses paroles, pourtant très claires, de façon différente. Ça sentait les excuses à plein nez. Il a parlé de beaucoup de bonnes équipes, de beaucoup de parité.

Puis, il a obliqué vers l'intensité de ses joueurs, de leur volonté de gagner contre les Oilers, samedi. Que l'attitude de ses protégés était bonne. Et les joueurs eux-mêmes sont aussi embarqués dans ce «show de boucane». Tant mieux s'ils sont pleins de bonnes intentions. Tant mieux si l'attitude est bonne dans le vestiaire. Mais soyons honnêtes. Depuis le début de décembre, soit plus de deux mois, rien ne va plus.

C'est triste

Bravo à Therrien d'avoir osé dire la vérité. Parce que ce qu'il a dit, c'est exactement ce qui se passe. En ces années de rectitude politique, de conférences de presse scriptées à l'avance par les soi-disant spécialistes des communications, ça ne se voit plus, ces confessions publiques. Comme journaliste, je vais toujours applaudir ceux qui expriment leur opinion sans lire un scénario. C'est ce qui nous manque le plus depuis une dizaine d'années.

Je suis triste pour Therrien, parce que j'ai l'impression qu'il était vraiment sincère et plus que transparent, mercredi soir. Mais l'image, c'est important. Les affaires aussi. On aurait voulu qu'il se retienne. Et ce qu'il a fait en rectifiant le tir, vendredi, c'est de prendre soin de l'image de la Sainte-Flanelle.

C'est atroce ce qui arrive chez le Canadien. Un revirement de situation aussi inattendu qu'inexplicable. Tout baignait dans l'huile... jusqu'à ce que «quelque chose» y mette le feu. Est-ce que ce club-là était aussi fragile pour que la perte de Carey Price et de Brendan Gallagher vienne tout bousiller? Si c'est l'explication, le club mérite tout ce qui lui arrive.

Interrogés au cours des derniers jours, plusieurs anciens Glorieux parlent d'un manque de leadership. Je partage leur opinion. Le capitaine Max Pacioretty nous a donné un autre bel aperçu de son charisme après le match contre Buffalo en déclarant simplement : «Je commence à ne plus savoir quoi dire.» Ça résume bien la situation.

Est-ce que le CH peut s'en sortir? Je demeure persuadé qu'il est meilleur que ce qu'il démontre actuellement. Présente-t-il vraiment un alignement qui vient de perdre 21 de ses 26 derniers matchs? Méchante chute libre, n'est-ce pas? Le collègue Arpon Basu de NHL.com a compilé cette statistique qui donne la chair de poule. Le Canadien n'a perdu que 11 points sur une possibilité de 52 à ses 26 premières rencontres de la saison pour un total de 41 points au classement. Mais au cours des 26 matchs suivants, la formation montréalaise n'a récolté que 11 points sur une possibilité de 52 points. Révélateur, n'est-ce pas? Reste à voir ce qui va se produire si jamais Price revient au jeu.

Un déplacement qui en vaut la peine

Depuis quelques semaines, les sièges vides se multiplient au Centre Bell. Plusieurs détenteurs d'abonnements saisonniers commencent à rater des matchs. Et les revendeurs peinent à vendre leurs billets, ou du moins doivent les écouler sans profits. Mais le match opposant le Canadien aux Oilers vaut le déplacement, samedi après-midi. Le surdoué Connor McDavid n'est de retour que depuis deux matchs, mais son impact est indéniable. Cinq points en 120 minutes de jeu alors que lui et ses potes de trio Jordan Eberle et Benoit Pouliot en totalisent 14. Quant aux Oilers, ils revendiquent 12 buts lors de ces victoires sur Columbus et sur Ottawa. La commande est lourde pour le Canadien dont la défensive est poreuse et l'attaque, inexistante. Il sera intéressant de voir comment les hommes de Michel Therrien vont se comporter devant un club qui file comme le vent sur la patinoire. Est-ce que ça pourrait leur communiquer de bonnes intentions?

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