Une tradition sortie de nulle part

La présence d'un jeune prodige nommé Eric Lindros... (Archives Le Soleil)

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La présence d'un jeune prodige nommé Eric Lindros a contribué, au début des années 90, à rehausser l'intérêt pour le Championnat mondial de hockey junior, qui est maintenant une tradition du temps des Fêtes au pays.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Le Championnat mondial de hockey junior se met en branle en Finlande, samedi, avec la présentation d'un duel Canada-États-Unis. Une belle façon pour un amateur de notre sport national de passer quelques heures devant le téléviseur, car la rivalité entre les deux formations nord-américaines est devenue un incontournable à ce temps-ci de l'année.

Suivre le Mondial U20 est maintenant une tradition du temps des Fêtes. La période fin décembre-début janvier a toujours été tranquille. On a bien eu les duels épiques entre le Canadien et l'ancienne Union soviétique dans les années 70 et les batailles rangées Canadien-Nordiques des années 80 dans le temps du jour de l'An. Et, depuis quelques années, on a inventé les classiques hivernales du 1er janvier.

Mais c'est vraiment le Mondial junior qui prend toute la place depuis le début des années 90. Le tournant a eu lieu lorsque le réseau TSN a obtenu les droits de télédiffusion en 1991. RDS a suivi dans les traces de son grand frère. Au départ, c'était presque strictement européen, les bonzes de la IIHF regardant l'Amérique du Nord de haut. Mais l'engouement de ce côté-ci de l'Atlantique, et surtout l'appât du gain, a fini par faire pencher la balance. Dorénavant, le tournoi sera présenté tous les deux ans au pays parce que c'est ici que ça se vend le mieux. À coups de dizaines de millions de dollars.

Le Mondial des années 2000, c'est le jour et la nuit comparativement aux balbutiements du tournoi en 1974, avant qu'il ne devienne officiel en 1977. Au départ, le Canada était représenté par des clubs du hockey junior canadien. Il n'y a qu'en 1978 qu'un club d'étoiles, ayant à sa tête un jeune de 17 ans nommé Wayne Gretzky, était de la fête à Montréal.

C'est en 1982 qu'une première véritable formation nationale a été formée. Le Québécois Pierre Rioux y était, et les Canadiens avaient surpris tout le monde en remportant l'or, une première sur la scène internationale, toutes catégories confondues, en 20 ans. Tellement surpris que les organisateurs n'avaient même pas en main un enregistrement de l'hymne national canadien!

Bagarre générale

La CBC a commencé à présenter quelques rencontres ici et là et tous se souviennent du tournoi de 1987 à Piestany, en Tchécoslovaquie (maintenant en Slovaquie). Le Canada se dirigeait vers l'or, mais il y avait eu une bagarre générale contre les Russes. Les arbitres, incapables d'arrêter les batailles, avaient demandé que l'on ferme les lumières dans l'amphithéâtre. Les deux clubs avaient été disqualifiés dans la controverse. C'est grâce à leurs commentaires émis de leur studio à Toronto après ce match-là à la télé qu'un duo d'analystes, formé de Ron MacLean et de Don Cherry, avait attiré l'attention... Un monstre était né.

En 1990, l'auteur de ces lignes a fait connaissance directement avec le Mondial. Ça se passait à Helsinki. Pour vous donner une idée de l'intérêt que l'on y portait au Canada, nous n'étions que trois journalistes du pays, là-bas. Le chroniqueur vedette du Toronto Star, Frank Orr, qui venait d'être intronisé au Temple de la renommée du hockey, un journaliste anglophone de La Presse Canadienne et votre humble serviteur. Il y avait aussi un réalisateur de la radio de Montréal, Michel Tremblay. Dire qu'aujourd'hui, il faut créer des galeries de presse auxiliaires pour suffire à la demande.

C'était bien sûr avant l'ère d'Internet et des cellulaires. Pas facile de communiquer. Le Soleil y était pour épier plusieurs espoirs des Nordiques, dont Stéphane Fiset, Mats Sundin, Petri Aaltonen, Nicklas Andersson et Andrei Kovalenko, et de suivre les faits et gestes d'un jeune prodige de 16ans, Eric Lindros. Ça nous avait donné de la belle copie. Je vois encore sa mère Bonnie se promener partout avec le conseiller Rich Curran, gardant l'oeil sur fiston qui, à l'époque, était déjà aussi sûr de lui que lorsqu'il est débarqué dans la LNH.

La proximité

Une autre époque, pour les journalistes, une époque de proximité. Mon chaperon lors de ce Mondial était nul autre que Pierre Gauthier, alors dépisteur des Nordiques. Depuis une dizaine d'années, l'ami Pierre est allergique aux médias. Mais lors de ce tournoi, on allait partout ensemble. J'ai même été invité au réveillon du jour de l'An chez le dépisteur des Nordiques en Scandinavie, Frank Moberg, un riche homme d'affaires finlandais. Il nous avait reçus dans sa cossue villa de banlieue où j'ai cassé la croûte avec Brian Burke, Bobby Clarke et combien d'autres gens de la LNH. Mettons que ça ne se ferait pas aujourd'hui.

D'ailleurs, l'année suivante, à Saskatoon, le changement commençait à s'opérer. TSN était devenu le télédiffuseur, c'était au Canada, les journalistes étaient là par dizaines. À partir de là, l'événement a grossi au point de perdre un peu de son identité.

L'omniprésence des médias électroniques et l'ère d'Internet ont marqué le Mondial de 2000 à Skelleftea, dans le nord de la Suède, lorsque la transaction entre les Remparts, le Cap-Breton et Rouyn-Noranda avait été étalée au grand jour pendant le tournoi. Maxime Ouellet y était, Mike Ribeiro aussi. Imaginez la scène, alors que les deux jeunes avaient des matchs importants à disputer. Nous étions loin de tout dans cette petite bourgade tout près du cercle polaire, mais impossible de se cacher en raison des communications modernes.

Oui, c'est mieux ficelé. C'est devenu une mégaproduction bien huilée. La retransmission des matchs est impeccable. Et le spectacle sur la patinoire est très relevé. Mais il manque un peu de ce côté folklorique du hockey junior. Parce que, dans le fond, ce n'est que du hockey junior...

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