Le retour du balancier

Patrice Bergeron et les Bruins de Boston ont... (AFP, Minas Panagiotakis)

Agrandir

Patrice Bergeron et les Bruins de Boston ont finalement réussi à battre le Canadien mercredi. La défaite du CH jeudi à Detroit était sa quatrième de suite, mais il n'y a rien d'alarmant... Et le Tricolore est toujours premier dans l'Est!

AFP, Minas Panagiotakis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) CHRONIQUE / Les inconditionnels du Canadien doivent-ils s'inquiéter parce que leurs favoris viennent de perdre quatre matchs de suite? Pas du tout. Ce n'est pas comme si les Montréalais avaient été déclassés par leurs adversaires. La nation tricolore commence à ruer dans les brancards, mais il faudrait se calmer.

Bon, Michel Therrien, avec sa face de bois, a déclaré après la défaite aux mains des Red Wings, jeudi, que son club traversait des «moments difficiles». Ça, il faut le lui donner. Ses protégés ne jouent pas du très bon hockey. Sauf que plutôt que s'énerver avec les matchs perdus, il faudrait y voir un brin de positivisme. Parce que même si à peu près tous les joueurs dans l'alignement ne font rien qui vaille, les rencontres demeurent serrées. Et à ce que je sache, le Canadien est toujours premier dans l'Est.

Le problème, actuellement, c'est que l'équipe la plus prolifique en attaque au cours des deux premiers mois du calendrier régulier ne marque plus. Depuis l'annonce que Carey Price serait à l'écart du jeu pour au moins six semaines, on a maintenu une fiche de deux victoires et de cinq défaites et on n'a marqué que 14 buts lors de ces sept rencontres. À l'autre bout de la patinoire, Mike Condon et son adjoint Dustin Tokarski ont cédé 18 fois. Pas si pire, mais avec Price devant le but, probablement qu'il en aurait retranché au minimum six et procuré deux ou trois victoires de plus à ses potes.

Pas le même visage

Avec son gardien numéro un au rancart et sans son attaquant le plus dynamique Brendan Gallagher dans l'alignement, le Canadien n'a pas le même visage. Ça, c'est clair pour tout le monde. Gallagher parti, Therrien doit jongler avec ses trios, déplacer des joueurs qui avaient trouvé leur niche. À partir de là, c'est normal qu'il s'ouvre des brèches.

Plusieurs observateurs affirment que le Tricolore ne fonce plus au filet. Ça, c'était le boulot de Gallagher, qui était même porté par l'exagération par moments. Ses coéquipiers - un gars comme Dale Weise, par exemple -, suivaient son exemple. Mais Gallagher parti, les bons arrières adverses peuvent s'occuper des autres qui jouent en périphérie depuis quelques semaines avec le résultat que l'on connaît.

Pas sûr que jumeler Alex Galchenyuk à Max Pacioretty est une bonne chose. La dynamique est changée en l'absence de Gallagher. Pacioretty est un joueur talentueux, mais il n'est pas le plus énergique. Ni sur la patinoire, ni dans le vestiaire. Le capitaine n'a pas bien paru lors de ses commentaires post-rencontre à Detroit, se limitant à dire qu'il ne jouait pas bien et qu'il ne savait pas pourquoi. T'as juste à pousser un peu plus fort, mon Max, juste un peu.

Pacioretty n'aboutit à rien, P.K. Subban patine en rond, Markov joue comme un gars de 36 ans, Plekanec n'a pas marqué à ses 14 derniers matchs malgré de nombreuses chances, David Desharnais - il se plaisait sur un troisième trio en début de saison -, souffre en raison de ses nouvelles responsabilités, Lars Eller, c'est Lars Eller.

À un moment donné, certains de ces rouages importants vont se remettre en marche. C'est inévitable, le hockey est comme ça. Une équipe que l'on qualifiait comme l'une de celles possédant le plus de profondeur dans la LNH ne peut s'effondrer d'un coup malgré l'absence de quelques joueurs importants. De toute manière, le Canadien ne pouvait maintenir le rythme de début de saison alors qu'il ne perdait qu'un match sur six ou sept. Dans le circuit Bettman d'aujourd'hui, tout finit par s'égaliser.

Le Canadien, avec tous ses joueurs, demeure l'un des bons clubs dans l'association de l'Est. Pour l'instant, ce sont les Red Wings et les Bruins qui ont le vent dans les voiles, justement deux clubs qui ont battu Montréal cette semaine. Les Sénateurs, qui s'amènent en ville samedi, traversent de bons moments eux aussi et voudront certes venger leur revers de fortune à Tampa, jeudi.

Ça va être compliqué pour le Canadien d'ici la pause des Étoiles à la fin de janvier. Heureusement qu'il a amassé autant de points en début de saison. Ça va lui permettre de demeurer dans le peloton de tête jusqu'à ce que Price et Gallagher reviennent au jeu. C'est le retour du balancier, actuellement. Faudra être patient avant qu'il ne se remette à pencher de l'autre bord.

L'incroyable odyssée de Jaromir Jagr

Ce n'est pas banal de voir Jaromir Jagr continuer d'exceller dans le meilleur circuit de hockey au monde à l'âge de 43 ans. Ses 21 points en 27 matchs le placent au 53e rang dans la LNH, son neuvième but de la saison marqué jeudi lui permettant de rejoindre Marcel Dionne au quatrième rang de tous les temps avec 731. Un méchant parcours en 25 ans pour le Tchèque, qui a commencé son aventure en Amérique à l'automne 1990.

À l'époque, le circuit Ziegler ne comptait que 21 clubs. Les Nordiques, qui venaient d'échanger Peter Stastny et Michel Goulet quelques mois plus tôt, avaient connu une saison de misère avec 31 points. Les Oilers, sans Wayne Gretzky qui avait remporté le championnat des marqueurs avec les Kings de Los Angeles, étaient champions de la Coupe Stanley. Brett Hull avait marqué 72 buts avec les Blues de St. Louis, Steve Yzerman 62 avec les Red Wings de Detroit. La première mouture des Jets était toujours à Winnipeg, les Whalers jouaient à Hartford et les North Stars du Minnesota n'étaient toujours pas partis pour Dallas. La LNH n'avait pas encore établi ses quartiers à Miami et à Tampa Bay, ni à Anaheim ou à San Jose. Les marchés d'Ottawa, de Columbus, de Nashville, d'Atlanta, de la Caroline et de l'Arizona n'existaient pas.

Jagr avait été choisi au cinquième rang par les Penguins de Pittsburgh en 1990 parce que les Nordiques (Owen Nolan), les Canucks (Petr Nedved), les Red Wings (Keith Primeau) et les Flyers (Mike Ricci) croyaient qu'il demeurerait en République tchèque pour compléter son service militaire. Pourtant, la veille du repêchage, Jagr, accompagné de sa mère, confirmait à mon regretté patron Claude Larochelle et à moi-même qu'il serait en Amérique à temps pour la prochaine saison.

Je me souviens que nous en avions jasé avec Pierre Pagé, qui a repoussé les arguments de M. Larochelle du revers de la main pour finalement choisir Nolan au premier rang. Si seulement il l'avait écouté, diable que Jagr aurait été beau avec un chandail fleudelisé sur le dos! Il marquait finalement son premier but dans la LNH, le 7 octobre 1990 déguisé en Penguins.

Premier but de Jagr dans la LNH

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer