Intrigante Coupe du monde de hockey

Mario Lemieux saute dans les bras de Wayne... (Photo archives Le Soleil)

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Mario Lemieux saute dans les bras de Wayne Gretzky après avoir marqué vers la fin du match contre l'URSS pour donner une victoire de 6-5 au Canada lors de la troisième et décisive rencontre de la finale de la Coupe Canada 1987.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) Les amateurs de sport ne seront jamais rassasiés de confrontations entre les meilleurs de leur discipline. C'est toujours une bonne idée de nous présenter des compétitions relevées. La renaissance de la Coupe du monde de hockey est une nouvelle positive en soi. Il y a juste la formule mise en place pour septembre 2016 qui intrigue. Espérons qu'on y retouchera comme promis en prévision de la mouture 2020.

Aux oubliettes depuis 2004, la Coupe du monde, organisée conjointement par la Ligue nationale de hockey et par l'Association des joueurs de la LNH, revient en force. On veut profiter de l'intérêt généré par les derniers tournois olympiques pour faire beaucoup d'argent. Et pour y arriver, on a préféré «tasser» une couple de clubs européens au calibre un peu moins relevé. Pour les remplacer par un club d'étoiles européennes orphelines et par un club formé des meilleurs joueurs de 23 ans et moins du Canada et des États-Unis.

Rassurez-vous, le Big Six mondial sera du rendez-vous. Le Canada, la Russie, les États-Unis, la Suède, la Finlande et la République tchèque ont tous reçu leurs cartons d'invitation. Mais pas la Slovaquie, ni la Suisse, ni la France, ni l'Allemagne. Pas de Lettons ni de Biélorusses non plus, pas d'Allemands, ni de Slovènes. Pas de Danois, pas de Norvégiens.

Force est de reconnaître que présenter une Coupe du monde à 12 clubs comme le tournoi olympique serait techniquement difficile. Mais pas impossible. C'est manquer de respect pour les hockeyeurs des pays écartés, ainsi qu'à leurs fédérations et à leurs partisans, que de leur organiser un club d'étoiles pour boucher un trou.

Vrai, les oubliés n'en mènent pas large sur papier. Mais on a vu les Lettons chauffer le Canada à Sotchi, on a vu la Suisse battre les Canadiens à Turin, en 2006. Reste que ces clubs-là ne sont pas «vendeurs» de billets comme le sont les formations de l'élite européenne.

Fallait d'ailleurs voir l'attitude du Slovaque Zdeno Chara, justement porte-drapeau de son pays à Sotchi, lors de la présentation du tournoi de 2016. Lui et le Slovène Anze Kopitar ne rateront pas le rendez-vous de Toronto, mais la ferveur de défendre son pays ne sera pas un facteur de motivation. Les étoiles européennes de ces pays oubliés vont former une solide équipe. Mais dans ce cas-ci, le mot équipe n'aura pas la même signification.

Le fiasco de Turin

Encore plus troublant, c'est l'idée de composer une équipe des meilleurs éléments de 23 ans et moins de l'Amérique du Nord. Bizarre de possiblement priver les équipes nationales du Canada et des États-Unis de joueurs d'impact qui pourraient faire la différence.

Même si le prodige Connor McDavid amassait plus de

100 points à sa saison recrue, il ne serait pas admissible pour le Canada. Ni Nathan MacKinnon, ni Ryan Nugent-Hopkins, ni les arrières Dougie Hamilton et Aaron Ekbland. Les Américains, pour leur part, seront privés des services de Jack Eichel, de Brandon Saad, de Johnny Gaudreau et de Seth Jones, pour ne nommer que ceux-là.

Je vais vous en raconter une bonne. Si ce règlement avait existé lors de la présentation de la Coupe Canada, ancêtre de la Coupe du monde, en 1987, Mario Lemieux n'aurait pu mener le Canada à la victoire comme il l'a fait si brillamment en compagnie de Wayne Gretzky. Le grand Mario n'avait que 21 ans à l'époque. Qui ne se souvient pas de son but contre Sergei Mylnikov, le grassouillet ex-Nordiques, pour décider de l'issue de la finale contre les Russes.

Même chose en 1991, toujours à la Coupe Canada remportée par les Canadiens. Cette année-là, Eric Lindros et Brendan Shanahan n'auraient pas été admissibles. Et souvenez-vous du fiasco aux Jeux de Turin en 2006. C'était l'année recrue de Sidney Crosby et on n'avait pas jugé bon l'inviter.

Le problème en Italie, c'est que l'attaque ne s'est jamais mise en marche. Cette année-là, Crosby avait fini la saison avec 39 buts et 63 mentions d'assistance pour 102 points. Bon pour le sixième rang de la LNH. Les Russes, tombeurs du Canada en quarts de finale, avaient pour leur part invité Alexander Ovechkin et Evgeny Malkin à l'aventure olympique.

Se tirer dans le pied

Tout ça pour vous dire que les organisateurs se sont fort possiblement tirés dans le pied en écartant de bons jeunes de leur formation nationale. Et de l'autre côté, comment pensez-vous que les McDavid, Eichel et compagnie vont se sentir quand ils vont affronter leurs propres pays? Poser la question, c'est  y répondre.

Espérons que les bonzes de la LNH vont tenir parole et mettre en place un système de qualifications pour les deux, quatre ou six places vacantes lors du tournoi de 2020. Un pays, c'est un pays comme disait l'autre.

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