L'année de transition des Remparts

Philippe Boucher... (Photo collaboration spéciale Rémi Sénéchal)

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Philippe Boucher

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) La commande est lourde, mais c'est en plein le genre de défi que Philippe Boucher est prêt à relever. La présentation du tournoi de la Coupe Memorial à Québec il y a quelques mois a procuré de belles sensations à l'organisation des Remparts, sauf que les suites amènent leur lot de complications. On a donné beaucoup pour s'assurer une équipe compétitive et, aujourd'hui, le garde-manger est plutôt vide.

Il faut maintenant tenter de regarnir l'alignement à la suite du départ de tous les vétérans dont le passage chez les juniors est chose du passé. Une tâche qui est loin d'être évidente en ces années de parité. N'allez cependant pas parler de reconstruction à Boucher, qui cumule les titres de directeur général et d'entraîneur-chef chez les Diables rouges depuis l'été 2013. «Je préfère parler de transition», a-t-il précisé. «Il y aura beaucoup de nouveautés chez nous cet automne.»

À commencer par tout le volet hors glace. Il y a Québecor qui commence sa première saison complète comme propriétaire de la franchise junior qui attire le plus de spectateurs au pays. Une affluence qui ne peut qu'augmenter dans les premiers mois du calendrier régulier en raison du déménagement dans le Centre Vidéotron. La curiosité des gens de Québec, amateurs de hockey ou pas, va certes causer une ruée aux guichets pendant un certain temps.

«Ça s'annonce pas mal spécial pour nos jeunes», a reconnu Boucher. «Ça n'arrive pas à tous les jours que des joueurs de calibre junior aient l'opportunité d'évoluer dans un édifice comme ça. Si tu n'as pas envie de jouer là et d'y donner ton maximum, il y a un problème. Selon moi, ça va s'avérer plus une motivation qu'une distraction.»

Cadeau empoisonné

L'emballage, c'est bien beau, mais c'est le contenu qui soulève des interrogations. Tous sont conscients que l'édition 2015-2016 des Remparts ne sera pas une puissance dans le circuit Courteau. L'organisation du tournoi de la Coupe Memorial s'avère la plupart du temps un cadeau empoisonné pour le département de hockey d'une équipe.

On l'a vu dans le passé alors que les clubs hôtes à Moncton, à Rimouski et à Shawinigan ont été forcés de sacrifier l'avenir pour espérer mettre la main sur le gros trophée. Les Diables rouges n'échappent pas à la règle, eux qui vivaient déjà sur la carte de crédit depuis cinq ans. Le dernier choix de première ronde des Remparts a été Patrick Walsh en 2010.

Depuis 2005, Québec n'a parlé que quatre fois au premier tour; Angelo Esposito (2005), Maxime Sauvé (2006) et Samuel Carrier (2008) étant les élus. Aucun choix de deuxième ronde au cours des deux dernières années non plus. En 2013, on avait tenté le gros coup en sélectionnant Noah Hanifin au deuxième tour. Callum Booth a été choisi en troisième ronde la même année.

C'est en 2011 que le repêchage avait été le plus payant avec Kurt Etchegary et Anthony Duclair comme prises en deuxième et troisième rondes. Adam Erne, qui devait être choisi lui aussi, s'est plutôt retrouvé à Halifax et il avait fallu payer le gros prix dont des choix de première ronde pour le rapatrier.

Pendant un certain temps dans la Ligue canadienne de hockey, les clubs les plus fortunés avaient une plus grande marge de manoeuvre que les autres. Mais ce n'est plus le cas. La réglementation s'est resserrée et on ne peut plus payer de soi-disant bourses d'études aux Américains ou des salaires dignes de professionnels aux joueurs de 20 ans ou aux Européens.

Parlez-en aux Winterhawks de Portland de la Ligue de l'Ouest, qui ont écopé d'une amende de 200 000 $ en 2012 pour avoir versé des compensations illégales à certains de leurs joueurs et à leurs parents. Mike Kelly, alors dg et entraîneur-chef, avait été suspendu pour une demi-saison et le club avait perdu plusieurs choix de repêchage. Même chose à Windsor où, la même année, les Spitfires de la Ligue de l'Ontario avaient écopé d'une amende de 400 000 $, réduite à 250 000 $ quelques mois plus tard, pour des délits semblables. Ils avaient aussi perdu plusieurs choix de repêchage.

Il faut repêcher et développer. Et s'armer d'une certaine dose de patience. Pour y arriver, ça prend des choix. Boucher a pu contribuer à la relance de l'Océanic en 2011 alors qu'il débarquait à Rimouski comme président et directeur général. Grâce à des choix judicieux - trois en première ronde cette année-là -, qui ont donné Guillaume Gauthier, Samuel Morin et Simon Boudreau et un en deuxième ronde, Philippe Desrosiers, le navire était pointé dans la bonne direction avec les résultats que l'on connaît. L'année suivante, Boucher sélectionnait Nicolas Hébert en première ronde et Anthony DeLuca en deuxième. Quand même pas si mal! Les Remparts sont bien positionnés avec un administrateur et un éducateur comme Philippe Boucher à leur tête.

Devant le filet, avec Callum Booth, ça devrait aller. À la ligne bleue, les vétérans Brouillard, Murphy et Boudreau, s'il est en santé, vont aider énormément. C'est à l'attaque que ça risque d'être compliqué. «Il va y avoir de l'enthousiasme en début de saison, ça va nous permettre de gagner des matchs», a dit Boucher. «Après les Fêtes, on verra.»

On verra surtout qui des vétérans vont partir, parce que Boucher doit regarnir sa banque de choix et assurer l'avenir à long terme de l'organisation. Ça va prendre du doigté de la part des hommes de hockey québécois... et beaucoup de compréhension de la part des amateurs.

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