Québec a tout ce qu'il faut, mais...

Pendant qu'on met la dernière main au chantier... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Pendant qu'on met la dernière main au chantier de l'amphithéâtre, Québec pourra enfin déposer officiellement sa candidature pour acquérir une équipe d'expansion de la LNH. Mais on est encore loin de la coupe aux lèvres.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) Le mot de la fin reviendra ultimement à Gary Bettman. Bonne ou mauvaise nouvelle? Difficile à prévoir. Le commissaire de la Ligue nationale de hockey a toujours su cacher son jeu. À moins qu'il y voit un intérêt à le dévoiler. Le déclenchement du processus d'analyse en prévision d'une possible expansion se veut une bonne nouvelle pour Québec, qui pourra enfin déposer officiellement sa candidature. Mais on est encore loin de la coupe aux lèvres. Littéralement.

Soyons honnêtes, la Vieille Capitale possède à peu près tout ce qui est nécessaire pour entrer dans le club sélect du meilleur circuit de hockey au monde. Un amphithéâtre à la fine pointe, flambant neuf, un propriétaire potentiel aux poches profondes en Québecor, qui bénéficie également d'une bonne relation de travail avec la LNH, une solide organisation, celle des Remparts, déjà en place et bien rodée, et un environnement nettement vendu à notre sport national.

Quant à la capacité de la grande région de Québec de soutenir une équipe, les économistes sont partagés. Moi aussi. Surtout si le prix d'acquisition de la franchise est de 500 millions $US. Ajoutez la centaine de millions de dollars et plus pour lancer la nouvelle équipe ainsi que les frais d'exploitation annuels, un autre 100 millions $, et ça nous donne une bonne idée que les billets sous la barre psychologique de 50 $ seront plutôt rares dans la bâtisse. À moins que les proprios n'y voient une cause sociale.

Il est grand temps que Québecor fasse comme Bill Foley à Las Vegas. Le richissime promoteur a mis toutes ses cartes sur la table, il y a deux mois, lorsqu'il a lancé une campagne de promesses d'achat d'abonnements saisonniers. On se souvient de la conférence de presse à laquelle assistait justement Gary Bettman. Eh bien, Foley a gagné son pari! Et à ce jour, tout près de 13 500 promesses ont été signées.

Et qui ne se souvient pas de la ruée vers les billets lorsque les Thrashers d'Atlanta ont été déménagés à Winnipeg en 2011? À l'époque, Bettman, pas trop subtil, avait déclaré que «ça ne fonctionnerait pas au Manitoba si on ne faisait pas salle comble tous les soirs». Il a été vite rassuré alors que les 13 000 abonnements offerts (le MTS Center ne contient que 15 000 sièges) ont été vendus dans le temps de le dire. Avec en prime une liste d'attente de 8000 demandes d'abonnements.

À Québec, le Centre Vidéotron va contenir plus de 18 000 spectateurs pour le hockey. Il sera donc intéressant de voir combien d'amateurs vont délier les cordons de leur bourse lorsque la campagne officielle sera lancée. La croyance veut que si ça fonctionne à Winnipeg, un marché que l'on dit semblable à celui de chez nous, ça peut fonctionner très bien ici. Tant mieux. Winnipeg est d'ailleurs la référence de Bettman lorsqu'il est question de petits marchés.

Las Vegas en avance

Quant aux autres candidats potentiels pour l'obtention d'une franchise de la LNH, c'est clair que Las Vegas possède une longueur d'avance. Seattle, je ne suis pas convaincu. À moins que l'expansion se fasse progressivement comme ça avait été le cas lorsqu'on avait accordé quatre franchises en juin 1997. Nashville avait amorcé ses activités en 1998, Atlanta en 1999 et Columbus et le Minnesota en 2000.

Dans une fenêtre de trois ou quatre ans à partir de 2017, les promoteurs là-bas auraient le temps de construire leur nouvel édifice.

La LNH accordera-t-elle une nouvelle franchise? Deux? Ou trois ou quatre? Si le cofondateur de Microsoft Paul Allen, déjà proprio des Seahawks de Seattle (NFL) et des Trailblazers de Portland (NBA), se manifeste, le hockey pourrait tout aussi bien débarquer à Portland en Oregon, un autre marché du Nord-Ouest américain. Où un amphithéâtre est déjà construit.

Kansas City et Houston seront peut-être prétendants, sauf qu'il leur manque des cartouches. Des longs shots, comme on dit dans le milieu, qui pourraient servir de terre d'accueil à un club en difficulté.

Et Toronto dans tout ça? Il est illogique que le plus gros marché de hockey au monde ne possède qu'un seul club. New York en a trois, Los Angeles, deux. Une expansion dans la Ville reine amènerait certainement plus du double des 500 millions $ supposément exigés dans les coffres de la LNH. Bettman sera difficile à convaincre, mais il y aura des postulants.

Si deux clubs de la NBA (Lakers et Clippers) et un club de la LNH (Kings) peuvent cohabiter dans le Staples Center de Los Angeles, pourrait-on voir un scénario semblable se dessiner à Toronto? Difficile dans le contexte actuel où les proprios des Leafs et des Raptors sont également propriétaires du Air Canada Centre. Mais quand il est question d'argent...

La logique voudrait que les Nordiques renaissent. Tout est en place. Reste maintenant à voir ce que Gary Bettman va décider. Nous accordera-t-il sa bénédiction avec un club d'expansion? Ou nous surprendra-t-il dans une couple d'années en transférant un de ses canards boiteux, la Caroline par exemple, pour préserver l'équilibre géographique de ses associations? Un club déjà établi serait une bien meilleure affaire pour les amateurs de Québec.

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