Pourquoi s'excuser d'avoir Carey Price?

On entend à gauche et à droite que... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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On entend à gauche et à droite que sans Carey Price (photo) à son poste, le Tricolore serait sans doute déjà écarté d'une participation aux séries.

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) À écouter le discours de certains soi-disant experts, il faudrait quasiment que les dirigeants du Canadien de Montréal s'excusent d'avoir Carey Price devant le filet. On entend à gauche et à droite que sans le 31 à son poste, le Tricolore serait sans doute déjà écarté d'une participation aux séries. Et puis quoi, encore?

À ce que je sache, un gardien fait partie de l'alignement au même titre que tous les autres joueurs de l'organisation. Price est là et il fait son travail à la quasi-perfection. C'est sûr que le Canadien est en tête (à égalité avec les surprenants Islanders) dans l'association de l'est grâce à lui. Eh bien, tant mieux s'il peut faire la différence à lui seul, soir après soir!

D'autres gardiens l'ont fait avant lui, dont un certain Patrick Roy entre 1986 et 1993. Paraît que Saint-Patrick avait le droit d'être le meilleur. Dans le cas de Price, cloué au pilori plus souvent qu'à son tour pendant ses premières campagnes ponctuées de haut et de bas à Montréal, c'est comme si c'était devenu épouvantable qu'il traîne le club sur son dos. Faudrait plutôt s'en réjouir et, surtout, en profiter jusqu'à ce que son patron Marc Bergevin trouve des renforts en attaque.

Si le Canadien a fait de Price son premier choix (cinquième au total) en 2005, c'est que le dépisteur-chef Trevor Timmins et sa bande voyaient en lui un potentiel joueur de concession. Dans les années suivant sa sélection, il n'a pas déçu. Au Mondial junior en 2007, il a mené le Canada à l'or en remportant ses six matchs, n'accordant que sept buts. Puis, il y a eu la Coupe Calder avec les Bulldogs de Hamilton de la Ligue américaine. Tous les espoirs étaient permis.

Ont suivi quelques saisons de transition. Influencé par quelques coéquipiers portés sur l'action postrencontres, il a trouvé difficile la vie de vedette dans la grande ville. Puis, il y a eu tout le débat autour du choix entre lui et Jaroslav Halak (voir autre texte), qui a finalement été échangé. C'est à partir de là que le jeu de Price a monté d'un cran, qu'il est devenu l'homme qu'il est aujourd'hui.

Dans le fond, Price a à peu près tout gagné depuis qu'il joue au hockey. Sa prestation aux Jeux de Sotchi l'a confirmé comme l'un des meilleurs de sa profession avec les Rinne, Lunsqvist et, ironiquement, Halak. Il ne lui reste qu'à mettre le grappin sur la Coupe Stanley. Sa poussée du printemps dernier a été écourtée par une malencontreuse blessure pendant la série face aux Rangers, mais ce ne sera que partie remise.

Pour l'instant, toute l'attention de Price est portée sur le positionnement du Canadien au classement général. L'avantage de la patinoire en séries s'avère un atout, encore plus lorsque tu peux jouer le plus souvent possible au Centre Bell, l'un des amphithéâtres les plus bruyants de la LNH. Et c'est bien parti pour le Tricolore qui refuse de céder du terrain au Lightning de Tampa Bay. Mais avec encore 24 matchs à jouer, il ne faudrait pas perdre Price. Je dis ça comme ça, sans tenter le diable.

D'ailleurs la valeur de Price est à la hausse. C'est bon signe lorsque les entraîneurs adverses commencent à vanter tes mérites. On en a parlé un peu en début de semaine, mais il faut le souligner à nouveau. Barry Trotz, qui abat du bon boulot depuis son arrivée avec les Capitals, a pris de court les journalistes de Washington et de Pittsburgh avant un affrontement entre son équipe et les Penguins.

Quand un collègue, qui reniflait la bonne affaire en voulant raviver le jeu des comparaisons entre Sidney Crosby et Alex Ovechkin a demandé à Trotz qui était à son avis le meilleur joueur dans la LNH, le rusé entraîneur a répondu : «Carey Price. Il fait la différence à tous les soirs.»

Trotz venait de dire tout haut ce que plusieurs savaient déjà! Tant mieux pour le Canadien, tant pis pour les autres...

Halak pas en reste

Pendant que Carey Price est bien installé au sommet de la hiérarchie des gardiens, son ex-adjoint - ou égal selon plusieurs à l'époque... - fait des étincelles lui aussi.

En défaisant les «puissants» Predators de Nashville 5-2, jeudi, Jaroslav Halak a remporté sa

32e victoire de la saison. Du coup, il a égalé le record d'équipe des Islanders détenu par Billy Smith (1981-1982), Chris Osgood (2001-2002) et Rick DiPietro (2006-2007). Pour ceux qui se demandent comment il se fait que Smith n'en ait pas gagné plus pendant la dynastie Trottier, Bossy, Potvin, Gillies et compagnie, c'est que son entraîneur Al Arbour utilisait beaucoup ses deux gardiens. L'année du record de Smith, son adjoint Roland Melanson avait gagné 22 matchs à lui seul.

Le génie Snow

Mais revenons à Halak, qui s'est retrouvé à St. Louis après ses grosses séries en 2010. La fameuse transaction qui l'a fait passer du Tricolore aux Blues en retour de Lars Eller et Ian Schultz avait fait jaser à l'époque, les avis étant partagés. Après trois saisons et demie au Missouri, il a vécu dans ses valises. Tout d'abord échangé aux Sabres en compagnie de Chris Stewart, William Carrier, un choix de première ronde (2015) et un choix de troisième ronde en retour de Ryan Miller et Steve Ott en février l'an passé, il n'a fait que passer à Buffalo.

Ces derniers l'ont tout de suite troqué à Washington avec un choix de troisième tour pour Michal Neuvirth et Rotislav Klesla. Comme il n'a rien brisé à Washington dans le dernier droit et qu'il devenait joueur autonome sans compensation, les Caps l'ont échangé aux Islanders en retour d'un choix de quatrième ronde. Quelques jours plus tard, il signait une entente de quatre ans évaluée à 18 millions US$.

À la lumière de ce qu'il donne aux Islanders (32-12-0), le longtemps conspué directeur général Garth Snow passe pour un génie. Ce même Snow, ancien gardien chez les Nordiques, qui a donné un bon coup de main à Halak en s'assurant les services des arrières Johnny Boychuk (Boston) et Nick Leddy (Chicago). Faudra les avoir à l'oeil, ces Islanders. On imagine déjà un affrontement Price-Halak en séries...

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