À la sauce Nordiques, mais...

Au début des années 90, les Nordiques ont... (Photothèque Le Soleil)

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Au début des années 90, les Nordiques ont échangé plusieurs vétérans pour chuter au classement, ce qui leur a permis de mettre la main sur le premier choix au repêchage en 1990 (Owen Nolan, ci-dessus) et en 1991 (Eric Lindros).

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) Il y a un léger fumet de Nordiques dans l'air. Ne sautez cependant pas à de fausses conclusions, il n'est pas question de la renaissance des Fleurdelisés, de déménagement ou d'expansion dans la LNH. C'est plutôt la stratégie peu subtile des dirigeants des Sabres de Buffalo de délester leur alignement de ses meilleurs éléments qui ravive les souvenirs, bons comme mauvais, du début des années 90.

La cuvée 2015 de la séance de repêchage du circuit Bettman est la meilleure des 10 dernières années. Connor McDavid et Jack Eichel sont identifiés comme des joueurs de concession depuis belle lurette. Plusieurs prétendent que s'ils avaient été disponibles en juin dernier, ils seraient partis premier et deuxième respectivement. Et il y a aussi l'arrière Noah Hanifin qui se veut une valeur sûre. De là le désir de mettre le grappin sur l'un des prodiges. De là la tentation de manipuler un peu le processus de sélection.

Ce sont les transactions complétées plus tôt cette semaine, à Buffalo, qui font sourciller. Le dg Tim Murray a probablement mis la main sur le meilleur joueur en Evander Kane lorsqu'il a transigé avec les Jets. Mais l'ex-enfant terrible des Jets ne jouera pas avant l'automne prochain après avoir été opéré à une épaule. L'arrière Zach Bogosian, malgré toutes ses bonnes intentions, ne brisera rien.

Le départ de Tyler Myers va faire mal aux Sabres à long terme. Vrai que le défenseur a perdu des plumes, mais à 25 ans, ses meilleures années sont devant lui. Un changement d'air va lui permettre de redevenir un top 2 à la ligne bleue. Quant à Drew Stafford, il était le troisième meilleur pointeur de son équipe.

Le même jour, Murray expédiait son gardien de confiance Jhonas Enroth aux Stars de Dallas en retour d'Anders Lindback. Enroth avait gagné 13 des 16 maigres victoires des Sabres, qui viennent d'échanger deux gardiens numéro un en moins d'un an après avoir parachuté Ryan Miller à St. Louis lors de la dernière période de transactions. D'ailleurs, le travail de démolition avait très bien amorcé l'an passé avec les départs de Thomas Vanek, Steve Ott et Matt Moulson (depuis revenu, mais pas trop fort).

Aucune garantie

On joue avec le feu à Buffalo. Ou avec le boulier, si vous préférez. Murray devrait savoir que terminer dans les bas-fonds du classement général ne garantit plus la première sélection à la séance de repêchage en raison de la loterie qui est en place depuis 1995. Les Sabres l'ont appris à leurs dépens en juin dernier en voyant les Panthers de la Floride hériter du premier choix dans le boulier, même s'ils avaient totalisé 66 points comparativement à leurs 52 petits points. Au lieu de sélectionner Aaron Ekblad, ils ont dû se «contenter» de Sam Reinhart.

D'ailleurs, au cours des 19 dernières années, le club ayant terminé dernier au classement général n'a choisi premier qu'à six reprises. Il y a deux ans, les Panthers de la Floride avaient vu l'Avalanche du Colorado leur ravir Nathan MacKinnon en raison du jeu du hasard. Ils avaient donc dû se rabattre sur Aleksander Barkov. On connaît la suite.

Le boulier vient compliquer les choses pour les derniers de classe. Une situation bien différente à la fin des années 80 et au début des années 90. Certaines mauvaises langues murmurent que c'est à cause des Nordiques si le tirage au sort est apparu. Et ils ont un peu raison.

Si les Québécois ont été chanceux de pouvoir mettre la main sur Mats Sundin au premier rang en 1989 après avoir bénéficié d'un bris d'égalité avec les Islanders de New York (même nombre de points au classement, mais une victoire de moins), disons qu'ils se sont facilité la tâche les deux années suivantes en laissant partir vétéran après vétéran.

Après Robert Picard, Greg Adams et Jeff Brown, ce sont Michel Goulet, Greg Millen et Peter Stastny qui sont partis en mars 1990. Cette saison-là, avec Michel Bergeron à la barre, Québec n'avait gagné que 12 matchs et totalisé 31 points. Pour vous donner une idée de la déconfiture, le club avec le deuxième plus bas total de points, les Canucks de Vancouver, en avait récolté 64.

pas jojo

Mettons que ce n'était pas jojo de les couvrir à l'époque. Le jeune Joe Sakic avait néanmoins récolté 102 points (10e dans la LNH). Stastny et Goulet, partis au début de mars, étaient deuxième et troisième avec respectivement 62 et 45 points. Michel Petit (36), Guy Lafleur (34) et Marc Fortier (30) suivaient dans l'ordre. Owen Nolan fut le premier choix en juin 1990, les Canucks optant pour Petr Nedved. Les trois sélections suivantes ont été Keith Primeau (Detroit), Mike Ricci (Philadelphie) et Jaromir Jagr (Pittsburgh).

L'année suivante, celle où Eric Lindros était l'espoir tant convoité, les Nordiques ont continué leur vente de feu afin de s'assurer ses droits. Lucien DeBlois, Michel Petit, Aaron Broten, Joe Cirella, Tony McKegney et Paul Gillis ont tous été «sacrifiés». On connaît la suite de l'histoire. Grâce à la sélection de Lindros, les Fleurdelisés ont rebâti un club au grand complet. Le seul problème, c'est qu'après tous leurs sacrifices, les amateurs de Québec n'ont pu en profiter.

Autres temps, autres moeurs, dites-vous? Pas vraiment si on regarde ce qui se trame à Buffalo depuis deux ans. La seule différence, c'est qu'il y a maintenant la chance qui entre en ligne de compte. Le boulier fait foi de tout. Dans le fond, il est grand temps que Las Vegas fasse son entrée dans la LNH...

Attention aux Leafs

À la lumière de ses défaites aux mains des Coyotes, des Sabres et des Oilers depuis le début du mois, le Canadien devra se méfier des Maple Leafs, qui sont au Centre Bell ce soir. La formation torontoise, qui a perdu 13 de ses 14 derniers matchs, s'amène à Montréal la tête entre les jambes. Mais un duel Leafs-Canadien amène toujours son lot de rebondissements.

Il sera intéressant de voir comment le mal-aimé Phil Kessel va se comporter, lui qui est constamment montré du doigt par les médias de Toronto. Va-t-on vraiment tenter de l'échanger au cours des prochaines semaines? Faudrait plutôt tenter de l'entourer un peu mieux au lieu de lui demander de toujours traîner la charette. Ce n'est pas dans sa nature

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