Les Maple Leafs condamnés à perdre

Comme c'est le cas du côté d'Edmonton, où... (La Presse Canadienne, Nathan Denette)

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Comme c'est le cas du côté d'Edmonton, où des partisans frustrés ont lancé plus tôt cette saison leur chandail des Oilers sur la glace pour tenter de passer un message aux joueurs, un supporteur des Maple Leafs a retourné mercredi un vêtement blanc et bleu sur la patinoire torontoise. L'attaquant Nazem Kadri a fait le ménage sans grand plaisir après la défaite des siens, 6-2 contre les Capitals.

La Presse Canadienne, Nathan Denette

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<p>Kevin Johnston</p>

(Québec) C'est triste, ce qui se passe à Toronto. Pendant que tout ou presque baigne dans l'huile chez leurs éternels rivaux à Montréal, les Maple Leafs n'arrivent pas à se sortir du bourbier dans lequel ils sont enlisés depuis si longtemps que seuls les gens de plus de 50 ans se souviennent de les avoir vus toucher à la Coupe Stanley.

La dernière victime, l'entraîneur-chef Randy Carlyle, n'a rien pu faire pour changer la donne. La saison en dents de scie des Leafs ressemble à tant d'autres. À un point tel que c'en est devenu risible. Même que pour bon nombre de personnes, ça n'a plus vraiment d'importance. Le club a toujours perdu et il va toujours perdre.

Scandaleux, dites-vous? Oui. Dans un marché aussi important, le meilleur de toute la Ligue nationale, la logique voudrait que le produit sur la glace reflète l'environnement dans lequel il évolue. Mais c'est loin d'être le cas. Voilà pourquoi il faut blâmer les vrais coupables: les propriétaires. À mon avis, c'est beaucoup trop corporatif, leur affaire. On semble se satisfaire des bénéfices, de ces dizaines de millions de dollars qui sont versés dans les coffres année après année.

Ça prend une approche personnalisée pour relancer quelque chose. Il faut que le proprio soit impliqué personnellement dans le processus. À Montréal, la relance du Canadien s'est faite sous George Gillet et sa famille. Puis est revenue la famille Molson. La dernière purge qui a mené à l'arrivée de Marc Bergevin, de Michel Therrien et compagnie a été orchestrée par Geoff Molson. Avec les résultats que l'on connaît.

À Toronto, Larry Tanenbaum est le pdg de la Maple Leaf Sports and Entertainement, qui regroupe notamment les Maple Leafs, les Raptors de la NBA, le FC Toronto de la MLS, les Marlies de la LAH, le Air Canada Centre et le BMO Field. Mais c'est le consortium Bell/Rogers, avec chacun 37,5% des parts dans la compagnie, qui mène la patente. Excusez l'anglais, mais c'est big money, big corporation. Rien de personnalisé là-dedans.

Brian Burke en a d'ailleurs payé le prix l'année dernière lorsqu'il a osé tenir tête aux «sans-noms». Le bouillant Irlandais n'avait pas eu le temps de dire sa façon de penser qu'il devait remettre les clés de son cossu bureau. Une erreur comme tant d'autres dans ce drôle de monde, mais, que voulez-vous, ça marche comme ça.

D'ailleurs, les gens de la MLSE ont une bien drôle de façon de travailler. Vrai, ils ont fait un bon pas en embauchant Brendan Shanahan comme président, l'été dernier. Mais comme le soulignait un collègue de la Ville reine, cette semaine, c'est l'organigramme qui est tout croche. Le président Shanahan n'est pas celui qui a embauché le directeur général Dave Nonis. Nonis n'est pas celui qui avait embauché l'entraîneur-chef Carlyle. Et Carlyle avait dû composer avec un capitaine déjà en place en Dion Phaneuf. Le monde à l'envers, quoi!

Carlyle parti, c'est Peter Horachek qui assurera l'intérim jusqu'à la fin de la saison. Parce que Shanahan aurait quelques candidats dans sa mire, des entraîneurs toujours sous contrat ailleurs dans la LNH. Mike Babcock, dont le contrat qui tarde à être renouvelé par les Red Wings et qui prend fin en juillet, est en tête de liste. Les Hitchcock (St. Louis), McLellan (San Jose), Boudreau (Anaheim) et Tippett (Arizona) seraient eux aussi parmi les favoris de nos amis les chroniqueurs de Toronto, qui ne détestent pas rêver. Et il y a Nonis qui devrait disparaître lui aussi au cours des prochains mois. À partir de là, ce sera vraiment l'équipe de Shanahan. Mais quelle équipe?

Manque de lustre

Parce qu'avouons-le, l'alignement des Maple Leafs n'est pas si étoilé que ça. Et la seule véritable vedette, le pas toujours subtil Phil Kessel, est montré du doigt par tous comme étant l'instigateur de tous les maux. Peut-être que son attitude laisse à désirer, peut-être qu'il n'est pas régulier dans ses prestations et peut-être qu'il est un peu trop dodu selon les gourous de la bonne condition physique. Mais il revendique quand même 18 buts et 41 points en 41 matchs. On serait fou de s'en départir. Le problème, c'est qu'il est mal entouré.

Les joueurs autonomes boudent Toronto comme ils boudent Montréal. L'attention médiatique est telle qu'une vie normale est impossible. Alors le défi pour Shanahan sera doublement et même triplement difficile. Au départ, il devra tenter de changer la culture dans l'entourage de l'équipe. Peu importe l'entraîneur, si les joueurs ne collaborent pas, ça ne marchera pas.

La meilleure citation de la semaine là-bas revient à l'arrière Roman Polak, un nouveau venu dans le cirque torontois, à qui on demandait pourquoi la défensive des Leafs était si poreuse. «Parce que ça demande beaucoup de travail de s'impliquer dans ton territoire», a-t-il répondu avec une franchise désarmante. «C'est toujours difficile de faire quelque chose que tu n'aimes pas faire. Je crois que nous avons beaucoup de joueurs qui ne désirent que s'impliquer en attaque.» Et vlan dans les dents!

Cependant, n'oublions pas que malgré tout ce boucan, les Maple Leafs ne sont qu'à trois points d'une place en séries. Ils traversent une autre de leur mauvaise passe, mais ils revendiquent quand même une fiche positive de 21-17-3. Et ils ont la deuxième meilleure attaque la plus dévastatrice de la LNH avec 132 buts marqués. Seul le Lightning avec 138 en a plus. Là où ça se complique, c'est que seulement quatre équipes en ont alloué plus.

Selon plusieurs observateurs, la deuxième moitié de saison va servir à évaluer les joueurs. À partir de là, on verra qui va revenir et qui va partir. Un peu gênant, mais surtout frustrant pour les amateurs qui paient le gros prix. D'ailleurs, il y avait plusieurs bancs vides au Air Canada Centre lors de la visite des Capitals plus tôt cette semaine. Des bancs payés, mais vides quand même. Un signal d'alarme.

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