André Trudel: une âme de bâtisseur

André Trudel a amorcé sa carrière universitaire avec... (Le Soleil, Yan Doublet et Archives Le Soleil; Infographie Le Soleil)

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André Trudel a amorcé sa carrière universitaire avec le Rouge et Or en 1995. Il a par la suite, avec son associé Sophal Khuong, fondé l'entreprise Caswil.

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(Québec) André Trudel a assurément une âme de bâtisseur. Membre de la première heure du programme de football de l'école Les Sentiers, il a amorcé sa carrière universitaire lors du premier entraînement de l'histoire du Rouge et Or en 1995. Un scénario qu'il a répété dans sa carrière professionnelle quand, avec son associé Sophal Khuong, il a fondé l'entreprise Caswil.

«J'ai toujours été à l'aise de me retrouver dans un environnement où il n'y a rien en avant de moi, où tout était à faire et où c'était start, il faut que tu crées», explique Trudel qui a aussi participé à un renouveau du programme de football des Condors du Cégep Beauce-Appalaches. «J'ai toujours été drivé par le besoin de me dépasser et de maximiser mon potentiel.»

Choix de quatrième ronde (29au total) des Argonauts au repêchage de 1999, le joueur de ligne offensive avait surpris bien des gens quand, après avoir percé l'alignement de la formation torontoise, il avait décidé de retourner avec le Rouge et Or.

«J'avais vu tellement de gars tout miser sur leur carrière sportive et à la fin de celle-ci se retrouver vis-à-vis de rien parce qu'ils n'avaient pas de diplôme que, pour moi, c'était clair, je voulais terminer mes études. J'étais en paix avec ma décision. J'avais fait le camp des Argos, j'avais joué dans deux matchs hors-concours et je savais que je pouvais évoluer dans la LCF. Et cette année-là, à Laval, on a gagné la Coupe Vanier.»

Diplôme universitaire en relations internationales en poche, bague de champion au doigt et possédant un nouveau contrat avec les Argos, Trudel semblait voué à une carrière professionnelle. Mais, nouveau coup de théâtre, il décida d'accrocher ses crampons à l'hiver 1999.

«Je côtoyais des gars de 23-24 ans qui avaient dû avoir trois-quatre chirurgies. Je suis un gars de plein air. Je ne me voyais pas, à l'âge de 40-50 ans, être limité dans mes activités à cause de vieilles blessures. Il y avait aussi le fait que dans la LCF, les salaires ne sont pas très élevés. Tu dois donc avoir un autre travail pour vivre. Je suis un carriériste. Mais c'est difficile de monter dans une entreprise quand tu n'y es pas cinq-six mois par année. C'est ce qui m'a fait dire non à une carrière chez les pros comme le fait que j'avais l'impression d'avoir atteint mon potentiel et d'être allé au bout de mon rêve. Je n'ai jamais regretté ma décision. 

«C'est sûr j'ai braillé à mon premier match au Rouge et Or en tant que spectateur. Mais comme les gars avec qui j'avais joué étaient devenus des frères d'armes pour le reste de ma vie, on a continué à se côtoyer. C'est ce qui m'a aidé à faire mon deuil.»

Ses crampons accrochés, Trudel est demeuré dans les sphères de la Ligue canadienne. Homme d'affaires aimant la négociation et profitant du fait qu'il était connu des dg de la ligue, il est devenu agent de joueur et il a représenté une quinzaine de jeunes footballeurs québécois sur une période de cinq ans.

L'aventure de Caswil

D'abord engagé avant la fin de ses études par une compagnie de La Pocatière où il avait fait un stage, Trudel a ensuite travaillé dans le domaine du bois d'oeuvre avant de réorienter sa carrière chez IBM-LGS comme consultant. Il y a passé 11 ans, les dernières comme directeur exécutif. Bien en selle dans son travail, il a cependant décidé de relever un nouveau défi en fondant Caswil.

«On est dans la démocratisation des données. Nous avons développé des outils qui parlent un langage que gens d'affaires comprennent et qui les aident à réaliser leurs transformations de données. Je suis le pdg de l'entreprise et je m'occupe de tout le côté opérationnel, à tout ce qui touche le marketing, les communications et aux réseaux sociaux, et je fais du développement d'affaires. Sophal, un ancien basketteur du Rouge et Or, est le chef de l'innovation. Nous sommes quatre investisseurs et nous avons une dizaine d'employés. Nous avons une belle banque de clients au Canada et nous travaillons aussi du côté américain.

«Je suis crinqué. On a entre les mains un produit qui va révolutionner le domaine de l'informatique. Quand je dis ça à des gens, ils partent à rire. Mais je me remémore 1995. Si on avait dit à l'époque que le Rouge et Or deviendrait la dynastie qu'il est aujourd'hui, les gens se seraient aussi mis à rire.»

Dix-huit ans après avoir tourné la page sur sa carrière, l'ex-joueur de ligne à l'attaque garde une grande place dans son coeur pour le football et le Rouge et Or. D'abord parce que ses deux fils sont des footballeurs, mais aussi parce qu'il est administrateur au sein de l'Association des anciens du club de football où il travaille sur différents projets. Comme celui de développer le sentiment d'appartenance des anciens et leur esprit philanthropique afin de récolter des fonds pouvant servir à structurer davantage les activités de l'équipe. 

«C'est un travail qui prend du temps. Le programme est jeune. Je fais de la première génération de joueurs à avoir gradué. Nous commençons à avoir des postes d'importance. Éventuellement, nous serons en mesure de redonner financièrement au programme.»

***

Questions-réponses

Q Faits marquants?

R Le match que l'on a gagné à Québec contre Queen's et qui nous a permis de faire les séries pour la première fois. Notre victoire à la Coupe Vanier en 1999. Et un match hors-concours entre les Tigers Cats et les Argonauts en 1998, une rencontre où Pascal Chéron et moi on s'est retrouvés. Nous étions deux petits gars d'Orsainville qui avaient joué ensemble au secondaire, au cégep et à l'université et qui étaient rendus dans la LCF. On s'est regardé et on s'est tapé dans les mains. Ce fut très émotif.

Q Ce qui te manque le plus?

R La camaraderie.

Q Ce qui te manque le moins?

R Les entraînements à 6h du matin dans le gymnase, en hiver. Il fallait se lever à 5 heures. Il faisait frette, il n'y avait pas de lumière.

Q Tu envies les gars d'aujourd'hui?

R Non pas du tout. C'est vrai qu'ils sont chanceux. Mais je suis super content pour eux autres. Et je vais travailler à faire en sorte que dans le futur ça soit encore plus hot que ça l'est présentement.

Q Si c'était à refaire?

R Peut-être que j'aurais pu marier mes deux passions, le voyage et le football, en allant jouer en Europe à la fin de ma carrière avec le Rouge et Or.

Q Personnalités marquantes?

R Tous mes entraîneurs-chefs. Que ça soit Jacques Rioux aux Sentiers, Gaétan Létourneau au cégep, ou Jacques Chapdelaine avec le Rouge et Or. Carl Brennan et Glen Constantin sont aussi des gars extraordinaires. Ils ont tous été marquants à leur façon. Ils m'ont donné où ils m'ont permis d'aller chercher les pièces qui font qui je suis aujourd'hui.

Q Si tu n'avais pas joué au football?

R J'aurais joué au hockey.

Q Idoles de jeunesse

R Je n'ai jamais eu d'idoles. Mais il y a des personnes pour qui j'ai eu ou pour qui j'ai de l'admiration et qui m'ont servi de modèles dans mon cheminement. Pierre Vercheval, que j'ai côtoyé à la fin de ma carrière, est l'une de celles-là. Il a réussi dans le football, mais c'est aussi un gentleman, un gars droit, qui s'exprime bien et qui a une bonne attitude. Et Stéphan Bureau. Je ne le connais pas personnellement, mais je m'identifie à lui. C'est quelqu'un qui a fait des choix, qui a renoncé à des carrières afin de suivre sa passion. C'est aussi une personne qui s'exprime bien, qui s'intéresse à un paquet de choses et qui aime les voyages. 

Q Prochain défi?

R Amener Caswil à l'international. Et c'est quelque chose qui s'en vient. On s'en va vers là et je suis crinqué. Je me sens comme en 1999 alors que l'on se disait on est capables d'aller chercher la Coupe. J'ai les associés, le produit et la capacité de l'emmener loin. Et je n'ai aucun complexe d'infériorité. Dans les dernières années, c'est ce qui m'a le plus animé.

Q Dans 20 ans?

R Je vais être un ange investisseur coach d'entreprise. Et J'ai toujours voulu être conférencier. Mon background de foot et de sport et mon background d'affaires, c'est un beau mariage pour aider les entrepreneurs.




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