Éric Lavigne: coach un jour, coach toujours

Éric Lavigne, maintenant coordonateur du Service des sports... (Infographie Le Soleil)

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Éric Lavigne, maintenant coordonateur du Service des sports du Cégep Garneau, se considère toujours un entraîneur. C'est une deuxième nature.

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(Québec) Il y a maintenant plus de six ans qu'Éric Lavigne a dirigé son dernier match de hockey. Au printemps 2011, il amorçait une nouvelle carrière en tant que coordonnateur du Service des sports du Cégep Garneau, un poste où il est maintenant bien en selle. Mais, dans sa tête et dans son coeur, il demeure toujours un entraîneur.

«Je suis encore un coach et je pense que je vais mourir coach», lance le Fidéen. «Le coaching, ça me coule dans les veines. Il n'y a pas une journée où je ne réfléchis pas comme un entraîneur. C'est plus fort que moi. Et quand je regarde un match de hockey, de volley, de football, etc., ce que j'observe avant tout, c'est le comportement des entraîneurs. Je me mets dans leur tête et je coache à leur place.»

Lavigne est d'avis qu'il continue à faire du coaching à Garneau. «La seule chose, c'est que je n'ai pas mes patins dans les pieds. Quand j'arrive avec ma gang, j'agis exactement comme je le faisais quand je coachais. Je travaille en équipe et je lance des défis. Et il n'y a rien qui me fait plus plaisir qu'un entraîneur qui, en passant devant mon bureau, me dit : "Coach, on peut-tu jaser de coaching?" Je le fais entrer, on s'assoie et on peut passer des heures à parler.»

Lavigne se considère chanceux. Lui qui ambitionnait de gagner sa vie dans le domaine du sport, et plus particulièrement dans le coaching a passé 18 ans dans le monde du hockey après avoir été à la tête des Patriotes de Sainte-Foy de la défunte LBJMQ. Il a travaillé au sein d'organisations comme celles des Citadelles de Québec dans la Ligue américaine, et des Harfangs de Beauport, des Remparts de Québec, des Foreurs de Val-d'Or et du Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard dans la LHJMQ. Et maintenant, il est aux commandes du programme des Élans. «Je suis vraiment gâté. Pas une seule fois dans ma vie, je me suis rendu au terrain de baseball, à l'aréna ou au cégep en me disant : "Ça ne me tente pas de travailler".»

Décision surprise

Lavigne avait surpris bien des gens quand il avait quitté son emploi d'entraîneur-chef avec le Rocket. Encore sous contrat pour trois ans, il renonçait alors à son rêve de diriger un jour une équipe de la LNH. «Une décision familiale. À cause des rumeurs de déménagement de l'équipe, ma famille avait préféré demeurer dans la région de Québec. J'étais seul à l'Île-du-Prince-Édouard, éloigné des miens. Et c'en était rendu que l'euphorie de la victoire n'était plus aussi grande que la douleur de la défaite.»

Lavigne n'a pas de regret. «Le hockey a été bon pour moi. Il m'a permis de voyager beaucoup. J'ai fait le tour du Canada, j'ai vu la moitié des États-Unis et je suis allé en Europe. J'ai même dirigé un match hors concours du Canadien aux côtés d'Alain Vigneault, au Centre Bell rempli à craquer. Ce fut un feeling incroyable. J'ai tripé au maximum.»

L'homme de sports se rappelle qu'à son arrivée au Cégep Garneau, il avait à surmonter un très grand défi : remplir les très grands souliers de Nicole Vachon, sa prédécesseure. Comme il l'avait toujours fait, il a travaillé en équipe et il a fait confiance aux gens qui l'entouraient. «Je suis tombé dans un groupe super compétent, une gang de première classe où j'ai pu profiter des expertises de chacun. C'est ce qui a facilité mon intégration. Et le fait de plonger dans le sport au sein du RSEQ et de côtoyer mes collègues des autres cégeps m'a aidé à apprendre rapidement.»

Éric Lavigne avoue qu'à son arrivée à Garneau, il a dû faire un deuil de son «ancienne» vie. La gang et la camaraderie pendant les voyages en équipe lui ont manqué, tout comme le phénomène d'avoir le contrôle sur la victoire. Heureusement, il a aussi observé des similitudes entre le monde du hockey et le milieu scolaire. Ainsi, lorsque le mois d'août arrive, la fébrilité est la même puisqu'il est synonyme de nouvelle saison. «Quand je prépare ma réunion de début d'année avec mes coachs, je ressens autant d'excitation que quand je préparais mon camp d'entraînement.

Les années ont passé, mais Lavigne demeure toujours sur le radar des équipes de hockey à la recherche d'un entraîneur. Pourrait-il se laisser tenter? «Il ne faut jamais dire jamais», lance le principal intéressé.

«Je suis un gars de défis et d'émotions. J'ai retrouvé au Cégep Garneau un environnement où il y a de l'adrénaline et des défis tous les jours. Si, quand j'étais au bac ou à la maîtrise, on m'avait dit qu'à 51 ans je serais responsable des sports à Garneau et que je gérerais 65 entraîneurs, 450 athlètes et un centre sportif, j'aurais dit : "Wow!" Je suis aussi un gars loyal. J'ai toujours eu un grand sentiment d'appartenance pour les organisations pour lesquelles je travaillais. Chaque fois que je vois un chandail des Élans ou nos athlètes sauter sur le terrain avec les couleurs des Élans, ça vient me chercher.

«Mais qui sait? Peut-être qu'un moment donné, quelqu'un va sortir la carte émotive qui va m'ébranler. On verra. Je fais confiance à la vie. Ça m'a toujours bien servi. Mais c'est certain que je me vois demeurer au Cégep Garneau jusqu'à ma retraite.»

Questions/réponses

Q Moments marquants?

R Même si c'était un match hors concours, la rencontre du Canadien contre les Bruins où j'ai été entraîneur. Et à cause du contexte, le septième match de la demi-finale de 2007 avec les Foreurs de Val-d'Or. Jérémy Duchesne était notre gardien. Il avait manqué le début de la série à cause du décès de son père Gaétan. Lors de la troisième période, la foule s'était mise à scander son nom parce qu'il goalait de façon extraordinaire. Je pensais que le toit du building allait sauter. Quand je repense à ces deux matchs-là, ça me donne encore des frissons.

Q Athlètes marquants?

R Marc-Édouard Vlasic pour son intelligence au jeu. Au niveau QI hockey, il est le joueur le plus intelligent que j'ai coaché dans ma vie. Kristopher Letang est celui qui avait le plus beau talent et Brad Marchand est le gars qui avait le plus de caractère.

Q Ce qui te manque le plus?

R L'euphorie de la victoire. Tu peux être dans une mauvaise séquence, mais dès que tu remportes un match, tu te mets à croire que sky is the limit et que tu vas te rendre jusqu'au bout. Ça ne s'explique pas c'est quoi gagner et ce que je ressens quand on gagne. Mais je m'alimente de victoires et c'est pour cette raison que je manque rarement les matchs de nos équipes à Garneau.

Q Ce qui te manque le moins?

R La douleur de la défaite. Quand on perdait, je ne mettais jamais la faute sur mes joueurs. Je me regardais d'abord. Aujourd'hui, je suis un peu plus détaché de tout ça, mais je suis encore dur avec moi-même parce que je me demande toujours qu'est-ce qu'on aurait pu faire différemment pour ne pas perdre.

Q Le hockey?

R Je suis toujours un maniaque de hockey. Et parce que j'y ai au encore de nombreux contacts, je suis de près ce qui se passe, autant au niveau de la Ligue nationale que de la LHJMQ. Mon travail au Cégep Garneau m'a cependant fait découvrir qu'il y avait autre chose que le hockey (rires). On a 19 équipes dans 10 disciplines différentes. J'ai appris à comprendre et à aimer d'autres sports.

Q Personnalités marquantes?

R Raymond Bolduc qui m'a donné ma première chance et qui m'a poussé au maximum, Alain Vigneault, pour sa prestance qui m'a toujours impressionné et avec qui j'ai tout de suite eu une connexion, et Albert Marier qui m'a donné le goût du coaching.

Q Défi?

R J'aimerais être le meilleur coach possible pour mes trois filles, trois bonnes filles. Une des choses qui me nourrit c'est de voir comment elles s'épanouissent, chacune dans leur domaine, et qu'elles réussissent, que ça soit dans le sport, dans la vie ou comme personne. Et pour moi, le plus beau défi, c'est de les aider à aller au bout de leurs rêves. 

Q Victoire marquante?

R Émotivement, notre victoire à Val-d'Or en demi-finale de 2007. Pour le reste, mes plus belles victoires, je les ai eues quand on m'a confirmé dans un travail. À chaque fois je me suis dit : «Maintenant que je suis engagé, on [moi et les gens qui m'entourent] va tout mettre en place pour trouver le moyen d'avoir des victoires.»




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