Isabelle Gagnon et le bonheur du triathlon

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Aujourd'hui kinésiologue, la triathlonienne Isabelle Gagnon partage maintenant sa passion avec son mari et ses deux filles, qui pratiquent aussi le sport si cher à son coeur.

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(Québec) Pour Isabelle Gagnon, triathlon rime avec bonheur. Triathlonienne accomplie et entraîneure, elle vit aussi sa passion à la maison et la partage avec les membres de sa famille puisque son conjoint et ses deux filles sont aussi adeptes du sport qu'elle chouchoute.

«Pour moi, le triathlon c'est un mode de vie parce que ce n'est pas monotone», explique l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or aujourd'hui kinésiologue. «En pratiquant cette discipline, je peux entraîner des gens qui font du triathlon, mais aussi des nageurs, des cyclistes et des coureurs. Et il y le triathlon d'hiver, où l'on retrouve du patinage de vitesse, du ski de fond et de la course en raquettes, qui m'amène à développer mon champ d'expertises. Tout ça, c'est un boni au niveau professionnel.»

Isabelle se décrit comme une kinésiologue qui fait du triathlon à ses heures. Car même si son sport occupe une grande place dans sa vie, ses obligations professionnelles passent avant sa passion. Et c'est dans les périodes libres de son agenda de spécialiste de la santé qu'elle s'entraîne. Des moments privilégiés pour se retrouver avec elle-même. Mais qu'elle soit athlète, entraîneure ou planificatrice d'entraînement, elle profite toujours des connaissances, de l'expérience et des compétences de la kinésiologue en elle... et vice-versa.

L'ex-porte-couleurs du Rouge et Or était destinée à un bel avenir en triathlon. Mais le mauvais sort a semblé s'acharner sur elle. En l'an 2000, en pleine préparation pour l'Ironman d'Hawaii où tous les espoirs lui étaient permis, elle a été blessée gravement dans un accident, alors qu'elle s'entraînait à vélo. Quelques années plus tard, avec les Jeux d'Athènes dans sa mire, une blessure l'a obligée à cesser de courir. Frustrée sur le coup, elle met maintenant les choses en perspectives. «Je suis encore sur mes deux jambes et je fais ce que j'aime dans la vie. Et avec le recul, je crois que mon accident m'a apporté plus de positif que de négatif, même si je dois toujours composer avec les conséquences de mon accident comme mes blessures actuelles.

«Quand j'ai repris l'entraînement à la suite de mon accident, je pouvais juste faire du vélo. Et j'ai pris part à la Coupe du monde sur le Mont-Royal avec Lyne Bessette et Sara Hughes. C'est quand même hot. Et le fait de devoir consulter un paquet de spécialistes m'a permis d'acquérir un bagage dont je peux me servir en kinésiologie.»

La triathlonienne est aussi d'avis que ce qui l'avait aidée à passer à travers ses épreuves est le fait qu'elle avait une vie équilibrée. «Il n'y avait pas que le triathlon dans ma vie. Pendant que je compétitionnais, j'ai continué à étudier. Et la famille et les amis, ç'a toujours été hyper important pour moi.»

Frapper à deux portes

Très heureuse de sa carrière, Isabelle s'est dit qu'elle s'était compliquée la vie en frappant à deux portes en même temps, soit en s'entraînant pour le triathlon olympique et le triathlon de longue distance, deux sports qui demandent des qualités physiques différentes.

«Si c'était à refaire, je mènerais peut-être ma carrière autrement. Je me concentrerais d'abord sur les plus courtes distances et je me spécialiserais sur les longues après. Mais je n'ai aucun regret et je suis très reconnaissante envers tous les gens qui m'ont aidée. C'est pour ça que je suis si heureuse de redonner aux plus jeunes. Mais mon plus grand bonheur, ç'a été quand mes filles nous ont demandé, à moi et à mon conjoint, si elles pouvaient faire du triathlon. L'été, on part en famille et on va faire des triathlons.»

Même si elle cherche toujours à se dépasser, Isabelle est devenue plus sage. Obligée de composer avec une blessure qui l'a empêchée de courir pendant sept mois, elle a décidé de ne plus compétitionner dans l'élite lors des épreuves de longue distance.

«Je courais contre des filles qui s'entraînaient 25-30 heures par semaine et dont la récupération était optimale. Elles ne faisaient que ça. C'était pour moi une motivation, mais en même temps, je n'étais pas capable d'être à leur niveau. 

«Après ma blessure, j'en suis venue à la conclusion que je me mettais beaucoup de pression. Je fais du triathlon avant tout pour avoir du plaisir et me dépasser, pas juste pour gagner. Et je me suis dit que ça serait correct de compétitionner dans la catégorie groupe d'âge. Il y a trois ans, ma tête et mon coeur ne l'auraient pas accepté. Mais maintenant c'est correct. Vouloir être avec les meilleures, c'est viscéral. Malheureusement quand on vieillit, le body ne suit pas. Mais même si tu n'es pas sur le podium avec les élites, tu peux quand même comparer tes temps avec eux. Et des fois, c'est assez étonnant ce que ça donne.»

Si un jour Isabelle devait renoncer au triathlon, il est certain qu'elle pratiquerait un autre sport, elle aime le vélo et rêve de voyager sur une bécane, le ski alpin et le ski de fond, etc.

«Peu importe le sport que je pratique, il me permet de repousser mes limites. Je vais toujours être active, car si je ne bouge pas une journée, je suis grognonne (rires).

Questions/réponses

Q Performances marquantes?

R Mes Ironman à Hawaii en 1997 et 1998. Le premier, je l'ai fait dans la catégorie groupe d'âge. C'était mon premier Ironman et je devais y courir mon premier marathon. Je n'avais aucune d'idée de ce que je valais et j'ai fini huitième.... au classement chez les pros. L'année suivante, chez les pros, j'ai terminé septième. Je me rappelle encore du feeling que j'ai eu quand j'ai passé le fil d'arrivée. C'était vraiment incroyable.

Q Plus grand défaut?

R Je voulais trop en faire. À l'entraînement, j'en faisais toujours plus que ce que mes entraîneurs me demandaient. Et j'ai souvent eu des discussions avec eux par rapport à ça. 

Q Plus grande qualité?

R La persévérance. Je suis patiente parce que je sais qu'il y a des résultats. C'est par la répétition et les adaptations que l'on réussit à s'améliorer. Et j'aime me dépasser, me surpasser.

Q Rêve ou défi?

R C'est sûr que j'ai toujours en tête de retourner à Hawaii faire un Ironman. Mais je ne veux pas me donner de date parce que... Et comme je risque de faire davantage de demi-Ironman que d'Ironman dans le futur, j'aimerais prendre part à un championnat du monde de demi-Ironman, dans la catégorie groupe d'âge.

Q Personnalités marquantes?

R Charles-Gaston Couturier, mon premier coach de triathlon, celui qui m'a donné le goût de pratiquer cette discipline, Derek Thériault qui m'a coachée pour mon premier Ironman et qui a fait un travail exceptionnel et Alain Deraspe. Finalement, Benoît-Hugo St-Pierre, mon conjoint. Il est devenu mon entraîneur en 2001. Ça n'a pas été facile après mon accident. On a dû jouer avec différents paramètres à l'entraînement pour ne pas que je me blesse et il a dû être très très présent.

Q Ce qui te manque le plus?

R De ne plus être en mesure de suivre une planification d'entraînement pour me rendre à une compétition X. Maintenant quand je me fixe un objectif, à cause des petits bobos qui arrivent avec les années, les choses ne se passent pas toujours comme prévu.

Q Idoles?

R Pierre Lavoie, une personne que je connais très bien. C'est un être exceptionnel. Il a tracé la voie pour le triathlon. J'admire aussi Clara Hughes que j'ai eu la chance de côtoyer. Elle est hyper humble. Elle a réussi à performer autant dans le sport d'hiver que dans le sport d'été.

Q Si c'était à refaire?

R Je miserais d'abord sur la distance olympique et ensuite je transférerais sur la longue distance (Ironman).

Q Dans 20 ans?

R Je me vois continuer à faire mes camps d'entraînements avec mes jeunes, à faire bouger les gens et à le faire avec eux. Et évidemment, je me vois bouger avec mes enfants, parce que ça, c'est tout simplement sensationnel!




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