Tristan Grenon: un air de déjà vu

L'ancien quart-arrière du Rouge et Or, Tristan Grenon, diplômé... (2017: fournie par Tristan Grenon; 2013: photothèque Le Soleil; Infographie Le Soleil)

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L'ancien quart-arrière du Rouge et Or, Tristan Grenon, diplômé en finances, a un peu bifurqué sur une autre voie lorsqu'il est arrivé sur le marché du travail puisqu'il s'est retrouvé dans le domaine médical.

2017: fournie par Tristan Grenon; 2013: photothèque Le Soleil; Infographie Le Soleil

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(Québec) Lorsqu'il a amorcé sa carrière professionnelle, Tristan Grenon a rapidement constaté que le monde du travail avait pour lui un air de déjà vu. Comme quand il avait amorcé sa carrière avec le Rouge et Or, il arrivait au sein d'une équipe bien huilée où est la recrue qu'il était avait tout à apprendre et au sein de laquelle il devait faire ses preuves et bâtir sa crédibilité.

«La différence, c'est qu'à Laval, les vétérans jouaient là depuis quatre ou cinq ans alors que dans le marché du travail, je suis avec des gens qui ont 20-25 ans d'expérience», confie l'ex-numéro 5 lavallois. «J'ai toujours ressenti une grande fierté à aimer mon équipe, à essayer de l'améliorer et à la faire grandir et à grandir avec elle. Mon objectif a toujours été d'y apporter un certain dynamisme et d'apprendre le plus possible des plus anciens.»

Diplômé en finances, l'ex-quart-arrière a un peu bifurqué sur une autre voie lorsqu'il est arrivé sur le marché du travail puisqu'il s'est retrouvé dans le domaine médical. Il a d'abord travaillé pour Zimmer Biomet, spécialisée dans le domaine de l'orthopédie. Puis il a joint les rangs de l'entreprise Alcon qui oeuvre dans le domaine de l'ophtalmologie.

«Mon bagage en finances m'aide. Je comprends bien les conflits entre l'administration et le côté médical. Et une partie de mon travail, c'est d'offrir le meilleur produit possible en restant à l'intérieur des contraintes budgétaires.»

Appelé à travailler en salle de chirurgie, Grenon explique qu'il doit avant tout s'assurer que les médecins et leur équipe au bloc aient tout ce dont ils ont besoin pour opérer au niveau des ressources matérielles, de l'information et de l'assistance. Ayant appris avec le Rouge et Or l'importance d'une bonne préparation, il ne lésine pas sur le temps et les efforts pour améliorer ses connaissances afin d'être la meilleure ressource possible pour les médecins et les équipes médicales avec lesquels il est appelé à travailler. Une attitude qui lui a attiré la sympathie de plusieurs spécialistes qui l'ont pris sous son aile afin de jouer un rôle de mentor, dont le Dr Marino Discepola.

De grandes attentes

Les attentes étaient grandes quand Grenon est arrivé avec le Rouge et Or en 2009. Il venait de mener les Élans du cégep Garneau au Bol d'Or et l'équipe du Québec au titre canadien. 

«J'avais beaucoup d'espoirs et j'avais toutes les ressources pour le faire au niveau personnel et collectif. Mais il n'y a jamais rien de garanti dans la vie. Même si ton chemin semble tracé, il y a des évènements qui peuvent faire que les choses ne se passeront pas comme prévu. C'est ce qui t'oblige à te concentrer sur le cheminement plutôt que de juste essayer d'atteindre le résultat. Ç'a été une bonne leçon. Ma carrière a été constituée de victoires et d'échecs. Mais je suis très content et très satisfait de mon expérience football. J'ai été exposé à des situations qui m'ont permis de grandir.»

Sa carrière universitaire terminée, l'ex-passeur est allé jouer à Barcelone. D'abord parce qu'il désirait prolonger sa carrière, mais aussi parce qu'il voulait découvrir une nouvelle culture et voir le monde. Décidé à mener cette carrière de la même manière que celle qu'il avait eue avec le Rouge et Or, il a dû regarder le football sous un nouvel angle.

«J'étais avec des gens qui voulaient avant tout avoir du plaisir. Le football, ce n'était pas la première priorité dans leur vie. Et j'avais la même mentalité qu'à Laval. J'avais faim, je voulais performer et pousser les gars à leurs limites. Ça m'a pris un bon deux-trois mois avant de me rendre compte dans quel bateau j'étais. Je me suis adapté. Quand j'ai accepté la mentalité des gens et la culture espagnole, qui est un peu plus relax, j'ai été beaucoup plus heureux. 

«Pour moi, l'Espagne fut la plus belle transition possible entre le football universitaire et ma vie professionnelle. Elle m'a permis de m'ouvrir sur le monde et de découvrir plein de choses. Tu ne peux pas tomber en amour avec ce que tu ne connais pas. Aujourd'hui, j'apprécie notamment l'architecture et les spectacles.»

C'est parce qu'il avait le goût de prendre en main son destin et de mettre à profit ses études universitaires que le footballeur a finalement accroché ses crampons afin d'amorcer sa carrière professionnelle. «J'avais comme un petit sentiment d'angoisse. Je sentais que je n'avançais pas dans la vie. J'avais le besoin de m'accomplir.»

S'il n'a pas eu de difficulté à tourner la page sur sa carrière, Grenon en a cependant eu à trouver une activité qui le passionnerait autant que le football, le plus beau sport selon lui. Aujourd'hui, il s'entraîne en faisant du vélo de route et de la boxe et il joue au soccer. Et quand il a eu l'occasion d'assister à un match de ses anciens coéquipiers, a-t-il eu un pincement au coeur?

«Pas vraiment. À chaque fois que je tombe sur ma hanche au soccer, j'ai de la misère à me relever. Alors quand je vois les gars se frapper et se plaquer, j'ai pas le goût d'être là. Je sais que c'est vraiment terminé pour moi.»

***

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R La défaite de 2009 en demi-finale canadienne contre Queen's. La réaction des vétérans dont la carrière était terminée m'a frappé. Beaucoup sont venus me voir et m'ont dit : «Retournez-y et gagnez là l'année prochaine [la Coupe Vanier]. Ils s'oubliaient complètement pour l'équipe. Juste à y penser, j'ai encore des frissons.

Q Plus belles victoires?

R Notre conquête du Bol d'Or. Une victoire historique pour le programme des Élans [du cégep Garneau], pour qui c'était un premier championnat. Elle m'a fait comprendre que quand tu es bien préparé et que tout le monde vise la même chose, la victoire est possible. Et notre conquête de la Coupe Vanier en 2012 à Toronto devant 40 000 personnes qui criaient pour nous.

Q Idoles de jeunesse?

R Brett Favre. Puis Tom Brady quand j'ai appris à connaître le joueur, son éthique de travail, sa détermination et son besoin de toujours vouloir s'améliorer.

Q Coachs marquants?

R Dave Parent, le premier qui m'a mis le poids d'une équipe sur les épaules. Pat Boies avec qui je me suis souvent assis pour parler. On s'est souvent pogné, mais ces discussions m'ont fait grandir. Évidemment Justin [Ethier] et Glen [Constantin]. Ils ont marqué plein de jeunes et j'en fais partie.

Q Plus grande qualité sur le terrain?

R Avec les capacités que j'avais et l'équipe qui m'entourait, il n'y avait pas de situation où j'avais peur que l'on ne puisse pas s'en sortir. J'avais donc un certain calme et un sentiment de contrôle. 

Q Si c'était à refaire?

R J'aurais dû être plus intelligent avec mon corps. J'avais un bras et je m'acharnais à lancer fort et loin. Même quand je n'étais pas au top de ma santé, je m'entraînais toujours très fort. C'est pour ça que j'étais plus explosif et que je lançais mieux à mes première et deuxième années qu'à la fin de ma carrière.

Q Le coaching?

R J'aimerais diriger des quarts-arrières. Mais quand tu essaies de changer la technique de lancer de quelqu'un ou que tu essaies de travailler ses lectures, il faut que tu sois avec lui du début à la fin. Pour le moment, je ne le peux pas. Mais quand je vais être prêt à m'investir et que je vais avoir le temps, je vais me mettre à 100 % là-dedans.

Q Défi?

R C'est au niveau professionnel. Je suis en train de bâtir ma carrière dans le monde médical. Je suis encore très jeune. J'ai encore beaucoup de croûtes à manger pour devenir le meilleur. Mais il y a des médecins qui m'aident beaucoup, comme le Dr Marino Discepola qui sait que je veux apprendre et qui prend le temps de m'enseigner.

Q Regret?

R J'aurais peut-être dû penser un peu plus à moi. Quand tu es en compétition avec d'autres joueurs, il faut que tu le fasses. Mais j'avais l'équipe à coeur. Comme quand, à ma cinquième année, j'ai perdu mon poste aux mains d'Alex Skinner. J'aurais pu revenir même si je n'étais pas 100 %. Mais Alex faisait un bon travail et il nous permettait de gagner. J'ai donc accepté mon rôle, j'ai continué à m'entraîner fort et j'ai travaillé pour que l'équipe ne se divise pas en deux gangs afin que l'on puisse aller jusqu'au bout. Et si j'avais à refaire ma carrière, je ne changerais rien.




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