Benoît Lavigne: le baseball dans la peau

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Après 40 ans à évoluer au baseball, notamment pour la filiale des Braves d'Atlanta, Benoît Lavigne travaille maintenant pour un cabinet de service de ressources humaines.

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(Québec) Même si son rêve de jouer dans les Majeures a pris fin il y a 25 ans, Benoît Lavigne n'a jamais vu sa passion pour le baseball s'éteindre. Non seulement il a joué dans le senior jusqu'à récemment, mais au fil des années, il a été entraîneur et il a oeuvré sur le conseil d'administration de Baseball Québec. Aujourd'hui, c'est comme coach des pee-wee AA des Red Sox des Laurentides qu'il vit sa passion.

«Quand je vois un jeune avec qui je travaille réussir un beau jeu ou frapper en lieu sûr, j'ai autant de plaisir que j'en avais quand je jouais», confie l'ex-baseballeur. «Je suis heureux pour lui et je me dis : "peut-être que j'y suis un petit peu pour quelque chose là-dedans". Et de voir le sourire de mes joueurs, ça m'apporte beaucoup reconnaissance.

«J'aime coacher. Ma philosophie, c'est de créer une famille. Je parle aux gars de passion et d'amour du jeu. Je veux qu'ils aient du plaisir à venir au terrain. Je ne peux pas contrôler comment un jeune va se développer et s'il ira à la prochaine étape. Mais je peux contrôler l'expérience qu'il vivra. Et je mets tout en oeuvre pour que, par exemple, les entraînements soient amusants. Mais ce n'est pas parce que c'est amusant que l'on ne travaille pas sérieusement.»

Receveur droitier reconnu pour ses qualités défensives, Lavigne a été remarqué par les Braves d'Atlanta qui lui ont fait signer un contrat en 1991 et qui l'ont assigné aux Gems d'Idaho Falls, dans la Ligue Pionnier. Il n'y a joué que quelques matchs avant d'être retranché. Une grande déception pour Lavigne conscient aujourd'hui qu'il n'avait pas le coup de bâton pour se rendre dans les Majeures. Il a donc décidé de mettre une croix sur son rêve et de terminer ses études universitaires refusant du même coup des offres des Marlins de la Floride et des Rockies du Colorado.

«J'avais le sentiment que j'étais allé au bout de mes capacités, que j'avais tout donné. Je ne voulais pas m'accrocher et me retrouver à 27-28-29 ans sans rien devant moi. Comme j'avais toujours la piqûre pour le baseball, j'ai décidé de redonner et de m'impliquer dans le coaching. Ç'a m'a aidé à vivre mon deuil et à cheminer. Aujourd'hui, je suis d'avis que le baseball m'a aidé à devenir qui je suis et je ne vois que du positif dans l'expérience que j'ai vécue. La compétition au quotidien et une bonne discipline de vie que me demandait le baseball, je la retrouve en affaires.»

Implication

En plus de s'impliquer sur le terrain en tant qu'entraîneur (midget AAA, à l'Académie de baseball du Canada, avec l'équipe canadienne des U-18 puis avec les jeunes de Blainville), Lavigne l'a aussi fait dans les bureaux de Baseball Québec. D'abord directeur technique, il est devenu bénévole sur le conseil d'administration en tant que vice-président excellence où il a travaillé à élaborer le programme Rally Cap pour les plus jeunes puis à le mettre en place. C'est la réalisation dont il est le plus fier. Puis en 2006, il a accepté la présidence. À son arrivée, la pratique du baseball était en chute libre au Québec et sa mort annoncée.

«On a changé la vision et la mission de Baseball Québec. On a mobilisé nos gens vers le recrutement et le Rally Cap et on a créé différents programmes comme le baseball à six contre six dans l'Atome B. C'est à cette époque que le bateau a commencé à virer de bord. Le baseball a renoué avec de la croissance au niveau de la participation. En 2008, j'ai passé les rennes à Jean Boulay pour m'occuper de ma famille. Aujourd'hui, le baseball est en santé et avec des gens comme Maxime Lamarche, il est entre bonnes mains.»

Âgé de 45 ans, Lavigne a joué au baseball jusqu'à l'âge de 40 ans dans des circuits seniors. Il a aussi fait partie de l'équipe du Québec qui a gagné le championnat canadien senior en 2005. Toujours, il a évolué comme receveur.

«Les gars m'appelaient papa [rire]. J'ai décidé de prendre ma retraite pour donner plus de temps à mes enfants, mais aussi parce que je n'avais pas de temps avant les matchs pour me préparer et j'avais peur de me blesser. Et je voulais pas devenir le vieux joueur que les gars respectent, mais qui ne performe plus.»

Lavigne n'a cependant pas remisé son équipement. Chaque année, quand il rend visite aux Capitales, il aime aider les lanceurs à faire leur bullpen d'entraînement. Et si ceux qui ne le connaissent pas doutent d'abord des capacités du Québécois à recevoir leurs lancers, ils s'aperçoivent vite qu'ils n'ont pas affaire à un amateur qui s'improvise receveur. «J'ai du plaisir à recevoir des balles à 92 mp/h. Quand je fais ça, j'ai 20 ans de nouveau. Ça n'a pas de prix.»

Diplômé en kinésiologie, Lavigne est directeur pour l'Est du Canada pour les solutions en gestion des absences pour l'entreprise Morneau Shepell, un cabinet de service de consultations en ressources humaines au Canada.

«On trouve des solutions pour mieux gérer les absences chez les employeurs. Alors je suis directeur des ventes. J'ai une équipe et je fais du développement de clientèle. Mon bac en kinésiologie et mon background de sport et de santé me servent donc à tous les jours.»

Questions/réponses

Q Rencontre marquante?

R Ma rencontre avec Willie Stargell qui a été mon coach des frappeurs dans l'organisation des Braves.

Q Faits marquants?

R La signature de mon contrat professionnel c'est le highlight de ma carrière. Mais tous les championnats et toutes les victoires avec les Patriotes de Sainte-Foy ou avec les équipes du Québec ont également été des faits saillants incroyables.

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents.... et mon frère Martin. On était jumeaux. Sans le vouloir, on se poussait l'un et l'autre. Et on s'amusait toujours parce que quand il n'y avait rien à faire, on était deux. Si j'ai été receveur, c'est un peu parce que lui était gaucher et qu'il est devenu lanceur. Un gars comme Richard Émond à l'Académie de baseball du Canada, toute ma gang des Patriotes, tous mes coéquipiers et mes coachs ont été des gens marquants dans ma carrière.

Q Idoles de jeunesse?

R Gary Carter sans aucune hésitation. Ce qu'il faisait, je le faisais.

Q Plus grandes qualités?

R Toutes mes qualités défensives et ce que l'on appelle callé une game. Les lanceurs adoraient me lancer.

Q Si c'était à refaire?

R J'aurais adoré aller dans un collège américain et où j'aurais passé quatre ans à étudier et aussi à jouer au baseball pas mal à temps plein. Si j'ai un rêve pour mes enfants et les jeunes que je coach, c'est qu'ils puissent vivre cet expérience. 

Q À part le baseball?

R Je fais de la course à pied. J'ai ainsi fait à cinq reprises la course Montréal-New York en équipe de huit. Dans une fin de semaine, tu cours 85 km.

Q Rêve

R Que mes enfants puissent vivre leurs passions et leurs rêves et aller au bout d'eux-mêmes comme moi je l'ai fait. Et moi mon rôle comme père, c'est de les guider là dedans et de les supporter du mieux que je le peux. Ce que je leur dit c'est «n'ayez pas le rêve professionnel, mais plutôt l'objectif d'aller au bout de vos capacités. Mettez tous les efforts, la discipline et votre passion et apprenez là-dedans».

Q Dans 20 ans

R Je me vois sur un terrain de balle à enseigner à mes petits enfants. Pourquoi ne pas s'impliquer auprès d'eux et continuer à partager ma passion? Je me vois aussi profitant d'une douce retraite à jouer au golf.




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