Robert Lachance, comme si c'était hier

Robert Lachance, qui a remporté la 28e Traversée Internationale... (Infographie Le Soleil, photo archives Le Soleil et photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Robert Lachance, qui a remporté la 28e Traversée Internationale du Lac St-Jean, est maintenant président du club de natation Sainte-Foy/Haute Saint-Charles.

Infographie Le Soleil, photo archives Le Soleil et photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Vous rappelez-vous ce que vous avez fait le 25 juillet 1982? Il y a fort à parier que non. Robert Lachance, lui, s'en souvient dans ses moindres détails. Cette journée-là, il avait remporté la Traversée du lac Saint-Jean et mis fin à une disette de 22 ans des nageurs canadiens battant du même coup même le chrono record de Réjean Lacoursière.

«Tout est encore très frais dans ma mémoire», lance le nageur qui défendait à l'époque les couleurs du Rouge et Or et qui était spécialiste du 200 m libre. «Le matin quand j'étais parti de Roberval avec mes parents pour me rendre à Péribonka et la demi-tarte aux pacanes que j'avais mangée dans l'auto. Le moment du départ aussi alors que tout le monde se regardait et que l'on avait tous la "chienne" à cause des mauvaises conditions.»

De sa course, Lachance a gardé en mémoire chaque moment fort. Comme quand après avoir doublé Claudio Plitt au milieu du lac, il a vu son rival se rapprocher à une centaine de mètres de lui. «C'est là que j'ai pensé que le premier toucherait 8000 $ et le second 4500 $. J'ai aussi pensé à tout l'entraînement que j'avais fait. Ça valait la peine de donner un petit kick de plus. J'ai accéléré.»

C'est par plus de neuf minutes que le Fidéen a devancé son rival. Il se souvient qu'il n'arrêtait pas de dire que ça ne se pouvait pas. Et le «Vive le Québec câli.....» débordant de ferveur nationaliste lancé par Martin Bédard, l'initiateur de la Traversée, résonne encore au plus profond de son âme.

«Pendant toute la semaine, tout ce que l'on lisait dans les journaux c'était "Plitt ou Asmuth? " Je n'étais même pas dans le décor. Quand j'ai regardé les journalistes avant de sortir de l'eau je leur ai lancé: "Plitt ou Asmuth? "»

Le Fidéen a traversé le Lac Saint-Jean à six reprises. Il a terminé 12e et quatrième avec le statut d'amateur et premier et troisième chez les pros. Il a fait sa dernière traversée en 2004 dans le cadre d'une activité spéciale pour le 50e anniversaire de l'évènement.

Très fier de sa carrière, Lachance a cependant un regret, soit de ne jamais avoir tenté la traversée de la Manche. «À l'époque, j'étais sur le circuit professionnel. Et c'était très exigeant. On avait des épreuves sur plusieurs fins de semaine consécutives. Il fallait performer à chacune d'elle. J'aurais aimé faire la Manche, un défi qui m'a toujours impressionné. Mais parce que je suis arrivé dans la natation longue distance par accident, ma carrière a été un cadeau. Et je suis encore identifié à ma victoire.»

Toujours la natation

Après toutes ces années, Lachance demeure un adepte de la natation. «J'ai toujours dit que j'allais nager jusqu'au moment où je me retrouverais dans mon cercueil. Je nage deux à trois fois par semaine. Et la piscine est le seul endroit où je fais de la compétition. J'ai d'ailleurs récemment pris part aux Championnats canadiens des maîtres. À chaque fois que je change de catégorie d'âge, je me donne comme objectif de battre quelques records. Je pratique aussi le vélo de route lors de cyclosportives et le ski de fond, mais c'est juste pour le plaisir.»

Il n'y a pas que dans la piscine où Lachance est très présent au niveau de la natation. Analyste télé à la Traversée, il a aussi travaillé pendant plusieurs années comme bénévole à l'animation à l'arrivée des nageurs ou au départ de la course des amateurs. Il est aussi président du club de natation Sainte-Foy/Haute Saint-Charles, avec qui il est associé depuis une trentaine d'années.

«C'est maintenant mon rôle de donner au suivant», explique l'athlète intronisé au Temple de la renommée de la natation québécoise en 2015. «Il faut s'impliquer, perpétuer et donner des outils. C'est pour ça que je suis un bénévole jusqu'au bout des orteils.»

Détenteur d'un bac en sociologie et en anthropologie de l'UL, le Fidéen qui a aussi fait une maîtrise à l'UQAC sur l'isolement des personnes âgées a d'abord travaillé dans le milieu des soins de santé privés avant de faire, à l'âge de 47 ans, un tournant à 180 degrés dans sa carrière. Il est devenu conférencier professionnel et il a travaillé avec Sylvain Boudreau, l'auteur du livre Le moi inc. qu'il a aidé au développement des affaires de son entreprise.

«Depuis 2013, je suis directeur général associé d'un réseau de gens d'affaires qui s'appelle le cercle Kaizen où je suis associé avec Sylvain [Boudreau]. Il regroupe 160 membres, des hommes et des femmes d'affaires. Je me vois tellement dans ces gens-là. En affaires, ce n'est pas toujours facile. On est là pour se donner des outils pour passer au travers. Et c'est un peu ce que je fais quand j'anime les rencontres que nous organisons.»

Lachance célèbrera-t-il, mardi, le 35e anniversaire de sa victoire mémorable? «Pour moi, il y a des chiffres magiques comme 10-20, 25... Mais pas 35. Je vais penser à ma victoire, mais je ne la soulignerai pas de manière spéciale. Je vais probablement dire à ma femme : "Martine, tu sais, il y a 35 ans...".

Huit questions à Robert Lachance

Q Quelle est votre plus grande qualité?

R Ma ténacité et ma persévérance.

Q Quel est votre plus grand défaut?

R Tant en piscine qu'en lac, je me sous-estimais un peu par rapport aux autres.

Q Vos personnalités marquantes?

R Mes parents qui me véhiculaient, qui finançaient mes compétitions et mes transports, qui m'encourageaient et qui me nourrissaient, surtout. Mon père me disait tout le temps : «Si tu peux commencer à travailler...» [rire]. Et Jean-Marie De Koninck qui m'a toujours supporté.

Q Vos idoles de jeunesse?

R En piscine c'était Mark Spitz. C'est lui qui m'a amené vers la natation de compétition. Et en natation de longues distances, John Kinsella, lui-même un nageur de piscine et qui est allé aux JO avec Mark Spitz, qui a gagné sept fois la Traversée du lac Saint-Jean.

Q Dans 20 ans?

R J'espère être un petit vieux en forme qui va continuer à influencer positivement les gens autour de lui en les emmenant à bouger et à s'inscrire dans les saines habitudes de vie.

Q Prochain défi?

R Vieillir en santé.

Q Évènements marquants outre ta victoire de 1982?

R Ma première traversée en 1980 a été un déclencheur. C'est après ça que Jean-Marie m'a dit: ''Tu a fait un 32 km cet été, je pense que l'on pourrait t'entraîner pour un 1500m''. Et j'ai gagné une médaille de bronze aux championnats canadiens universitaires. Et ma traversée du lac en 2004 que j'ai faite devant mes enfants. Mon fils m'attendait à l'arrivée, assis sur la plaque. Il n'y a pas grand parents qui vivent des affaires de même.

Q Une dernière traversée du lac?

R Je ne suis pas sûr. Je suis compétitif et l'aspect performance est toujours là. Malgré mes blessures, je serais probablement capable de le faire. Mais j'ai des références, je sais ce que je valais en 2004. Et je sais que je ne pourrais pas m'empêcher de faire des comparaisons. Je pense que je suis rendu ailleurs. La Traversée du lac, c'est derrière moi




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