Le beau hasard de Marie-Ève Pelletier

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Marie-Ève Pelletier

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(Québec) C'est grâce à un beau hasard que Marie-Ève Pelletier a découvert l'escrime. Si elle n'avait pas un jour accepté l'invitation de son frère Vincent de goûter au sport qui le passionnait, elle ne se serait jamais jointe au club Estoc et elle n'aurait pas représenté le Canada sur la scène mondiale pendant une dizaine d'années.

«C'est presque un accident de parcours», lance l'ex-épéiste aujourd'hui enseignante au primaire. «Je n'étais pas vouée au sport. S'il n'y avait pas eu l'escrime, je ne pense pas que j'aurais touché à la compétition. Gagner une médaille dans un sport, ce n'était pas dans mes plans. Mon intérêt pour l'escrime a donc été une belle surprise pour bien des gens. Mais même si ma carrière fut très un beau passage, c'est quelque chose dont, à la base, je n'avais pas besoin.»

Ayant fait ses premières armes en janvier 1994 au sein du club Estoc dirigé par Guy Boulanger, Marie-Ève a rapidement aimé l'escrime. Parce que c'est un sport complet aussi demandant sur le plan physique que stratégique et mental, mais aussi parce qu'elle se retrouvait au sein d'un groupe tricoté serré. Et comme elle a connu des succès presque immédiats - un an après avoir commencé sa carrière, elle a pris part aux Jeux du Québec, aux Jeux du Canada et aux Championnats du monde cadet -, elle y a aussi trouvé beaucoup de plaisir, de satisfaction et de valorisation.  

C'est au lendemain des Jeux d'Athènes que Marie-Ève a accroché ses épées. Professionnellement parlant, c'était un bon moment pour elle de prendre sa retraite et de commencer à travailler. «Je venais d'obtenir mon bac en enseignement et il y avait des ouvertures de postes.»

«J'étais rendue à un stade de ma vie où je me demandais si ça valait la chandelle de mettre autant de temps, d'argent et d'énergie pour faire des tableaux de 64, parfois de 32 en Coupe du monde.  Le seul objectif que je n'avais pas réalisé, c'était de prendre part aux Olympiques. J'avais aidé l'équipe canadienne à se classer pour les Jeux de 2004, mais au niveau individuel, j'avais raté ma qualification par quelques points. Comme il n'y avait pas d'épreuve en équipe aux JO de 2008, pour y aller au niveau individuel, il aurait fallu que je sois première en Amérique du Nord, un objectif plus ou moins réaliste dans mon cas.»

Pour l'ex-épéiste, la transition entre son ancienne vie et sa nouvelle s'est faite sans heurts. «Quand je passe à autre chose, je passe à autre chose. Et je n'avais aucun regret», lance Marie-Ève, qui avait un contrat d'un an en enseignement. Passionnée par son travail et se trouvant face à un nouveau défi stimulant, elle n'a donc pas eu le temps de s'ennuyer de sa carrière.

«Ce que j'ai vécu grâce à l'escrime était inespéré. Comme au niveau de l'épée féminine, il y avait des places de disponibles sur l'équipe nationale, j'ai réussi à percer rapidement. Et ça m'a permis de faire le tour du monde et de visiter certains pays petit peu par petit peu. Ce fut une période extraordinaire.»

«L'escrime m'a aussi permis de vivre toutes sortes d'expériences de vie qui me servent encore aujourd'hui. Comme s'adapter à n'importe quelle situation et être capable de se retourner sur un 10 cennes.»

Même si elle en avait la chance, Marie-Ève ne changerait rien à sa carrière ni aux décisions qu'elle a prises, si ce n'est qu'elle travaillerait davantage au niveau musculaire afin d'augmenter sa puissance et son endurance, un type d'entraînement auquel on accordait moins d'importance à l'époque. Mais elle demeurerait à Québec comme elle l'a fait dans le temps, même si le fait de s'exiler aurait pu lui permettre de se développer davantage. «Ma famille et mes amis étaient tous ici».

Une vocation

Qualifié par plusieurs comme étant une vocation, l'enseignement a toujours fait partie des gênes de l'ex-athlète. Ayant toujours aimé les enfants, elle a même travaillé dans son adolescence comme monitrice dans des camps.

«Même si mon rêve de jeunesse était de devenir vétérinaire, c'est mon amour des enfants qui l'a emporté. Leur apprendre de nouvelles choses, voir dans leurs yeux une étincelle et sentir que tu changes quelque chose dans leur vie... C'est la plus belle profession.»

Même si elle n'a pas de préférence quant au niveau des jeunes avec qui elle préfère exercer sa profession au primaire, l'ex-épéiste avoue qu'elle aime beaucoup enseigner aux premières années. «Tout ce qu'ils vivent à l'école, ce sont toutes des premières fois. Et c'est grâce à toi qu'à la fin de l'année qu'ils savent lire et écrire et compter un peu. C'est ça la magie de la première année.»

Profitant de son passé d'athlète et ayant une grande expérience avec les jeunes, Marie-Ève pourrait-elle retourner au coaching un jour? Elle répond que non. «Je travaille déjà avec des enfants toute la journée. Ça ne me tenterait pas de refaire de la discipline et de les pousser le soir. Et malgré le fait que je suis dans le milieu de la pédagogie, j'aurais de la misère à enseigner les stratégies et tout ça. Je ne serais pas la plus compétente là-dedans et je ne serais pas la meilleure des coachs.»

***

Cinq questions à Marie-Ève Pelletier

Q Un fait saillant?

R Ma cinquième place en équipe lors des Universiades de Pékin (2001). Individuellement, mon premier championnat du monde cadet présenté à Paris. Ça faisait un an et trois mois que je faisais de l'escrime et j'ai fait le tableau des 32. J'ai aussi fait un tableau des 32 à Malaga en Espagne. J'avais gagné tous mes matchs de poule et j'avais accédé directement au tableau de 64 le lendemain.

***

Q Ce qui te manque le moins?

R Perdre notre temps dans les aéroports. Arriver à l'aéroport trois heures avant ton vol. Puis tu attends l'autre vol. C'était vraiment pénible à la fin.

***

Q Ta plus grande qualité ?

R J'avais une bonne  force mentale, j'étais calme et je ne me laissais pas déranger par quoi que ce soi. J'étais toujours très concentrée. Et ma persévérance.

***

Q Dans 20 ans?

R Je vais être proche de ma retraite et mon conjoint l'aura déjà prise. On va voyager beaucoup plus et faire toutes sortes d'activités plaisantes que l'on n'a pas le temps de faire parce que la vie va trop vite.

***

Q Si tu avais plus de temps?

R J'aime bien le tennis. Je jouerais donc plus de tennis et je ferais plus de ski alpin. Avant d'avoir un enfant, mon conjoint et moi on faisait beaucoup de randonnée pédestre et de vélo. J'imagine qu'à la retraite on va en faire davantage.




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