Le grand retour de Jarom LaPierre

Jarom LaPierre, ancien lanceur de marteau de l'équipe... (Infographie Le Soleil; fournie par Jarom Lapierre et Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Jarom LaPierre, ancien lanceur de marteau de l'équipe du Rouge et Or de l'Université Laval, renouera avec son sport en tant qu'entraîneur.

Infographie Le Soleil; fournie par Jarom Lapierre et Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) L'attente tire à sa fin pour Jarom LaPierre. Après une pause de quelques années, il renouera prochainement avec le lancer du marteau, une discipline à laquelle son père l'a initié quand il avait une dizaine d'années. Mais comme il a accroché ses «outils» pour de bon, c'est en tant qu'entraîneur qu'il fera son grand retour sur la scène de l'athlétisme.

«J'ai vraiment hâte», explique le Québécois qui réside à Edmonton. «J'ai toujours aimé être autour d'un cercle et de lancer des marteaux. Mais compétitionner, ce n'est plus faisable. J'arrive à 40 ans, mon corps a donné. Le sport m'intéresse cependant encore. C'est donc le temps de redonner, d'offrir l'opportunité à des jeunes de démarrer leur carrière. J'aimerais diriger des athlètes de 14 à 18 ans du secondaire.»

Possédant un bon bagage et une solide réputation dans le domaine du coaching, LaPierre a toujours prôné l'équilibre. La réussite de ses jeunes au niveau académique est aussi importante que la réussite sur le terrain. Pas question de sacrifier le premier pour le second. À l'époque où il était entraîneur à Airdrie, il diminuait le temps d'entraînements de ses jeunes afin de leur permettre d'étudier en période d'examens. «Et j'ai de très bons athlètes qui ont décroché des bourses d'études académiques pour aller à l'université.»

Le Québécois a terminé sa carrière universitaire avec le Rouge et Or en 2003. Il a ensuite compétitionné au niveau civil. Après avoir convolé en juste noce en 2005, il a déménagé en Alberta où, à cause de ses obligations professionnelles, il a renoncé à la compétition. Il y est cependant revenu quelques années plus tard.

«J'ai contacté un coach que je connaissais à l'Université de Calgary pour lui demandé si je pouvais m'entraîner avec son club. La catégorie des maîtres est très active en Alberta. J'ai pris part à quelques compétitions où il y avait pas mal de personnes de mon âge. C'est certain, je ne lançais pas aussi fort, mais je voulais juste m'amuser et garder la forme. Et même s'il y avait beaucoup de camaraderie, on essayait quand même de faire de bonnes performances.»

Ayant commencé à diriger des jeunes à temps partiel à Calgary, LaPierre s'est investi davantage dans le coaching quand il a déménagé à Airdrie. Des problèmes personnels l'ont cependant poussé à abandonner la compétition puis le coaching.

Un seul regret

Revenant sur sa carrière sportive, LaPierre dit qu'il en est très fier. Il a notamment dominé le circuit universitaire québécois en plus de briller au niveau canadien. Il a aussi défendu les couleurs du Québec lors des Jeux du Canada de 1997 à Brandon. Il lui en est aussi très redevable.

«J'ai appris ce que ça prend pour gagner. On dit en anglais you have to pay the price to get the prize (tu dois payer le prix pour obtenir le prix). C'est quelque chose que j'ai mis en pratique toute ma vie durant.»

Le lanceur n'a un seul regret. Celui de ne pas être entré dans le club des 60m, un exploit qu'il croyait pouvoir réussir en 2005. «Est-ce quelque chose sur lequel je suis resté bloqué et qui m'a arrêté? Non!» 

Du même souffle, il mentionne qu'il n'a jamais regretté de ne pas être allé aux JO, lui qui, à l'âge de 20 ans, a fait le choix de mettre sa carrière en veilleuse afin faire du travail humanitaire aux Philippines pendant deux ans. «Je savais que ma décision allait ralentir ma carrière sportive et peut-être même la bloquer. Mais je savais aussi qu'à long terme, elle aurait un impact positif sur ma vie et ma carrière professionnelle. Et ce fut le cas.»

Gagnant de plusieurs médailles et titres, le lanceur avoue que les honneurs n'avaient jamais été un objectif en soi. Ce qui l'allumait, c'était la performance, peu importe la compétition. Et c'est d'ailleurs lors d'un rendez-vous de la série des crépuscules en 2001 qu'il a réussi son meilleur lancer (56m53).

«Même si j'ai gagné des nationaux et que j'ai été aux Jeux du Canada, c'est le fait de m'être maintenu pendant plusieurs années parmi les meilleurs au classement national qui a été le fait marquant de ma carrière.»

Détenteur d'un certificat en droit, LaPierre est allé étudier du côté américain afin d'obtenir un bac en santé et sécurité au travail. Et c'est au sein d'entreprises oeuvrant au niveau de l'exploration sismique et du forage dans l'industrie du pétrole et du gaz naturel qu'il a fait carrière. Assigné sur les chantiers, il a travaillé en Libye, en Tunisie, au Maroc, au Tchad et au Mozambique, où il a dû développer rapidement ses connaissances et ses habiletés, connaître les us et coutumes des gens et apprendre à travailler au niveau des comportements plutôt que sur les règles. «J'ai eu des années formidables là-bas. Des anecdotes et des histoires positives, je pourrais en écrire des pages.

«Après avoir passé plusieurs années sur les chantiers à travailler fort, à apprendre, à écouter et à développer mes habiletés, je suis maintenant dans un bureau. C'est un choix que j'ai fait parce que je me sentais prêt à gérer une équipe au niveau de la santé et sécurité au travail.»

***

Huit questions à Jarom LaPierre

Q Ce qui te manque le plus?

R Honnêtement, rien, parce qu'avec mes jeunes, je vis ce que je vivais alors que je compétitionnais. Et même si ce n'est plus moi la vedette, un entraîneur ne doit pas être en avant de ses athlètes, il doit être derrière eux, je suis très heureux.

Q Ce qui ne te manque pas?

R La politique dans le sport.

Q Personnalité marquante?

R Mes parents qui m'ont toujours supporté. Mais aussi mon entraîneur Lord Shalom Pearson. Je suis encore en contact avec lui, c'est un bon ami. Il a vraiment joué un grand rôle dans ma vie, pas juste au niveau du sport. Et tous les entraîneurs du Rouge et Or qui ont été là, au fil des années, alors que j'étais à l'UL.

Q Idoles?

R Yuriy Sedykh, le détenteur du record mondial au lancer du marteau et le dernier lanceur à avoir fait le record sur trois tours. Moi qui n'ai jamais compétitionné avec la règle des quatre tours, je voulais être comme lui. Et Anatoliy Bondarchuck, l'entraîneur de Sedykh. Il est aujourd'hui coach dans l'ouest. Je l'ai vu en personne. Mais je n'ai malheureusement pas pu le rencontrer.

Q Plus grande fierté?

R Être papa d'une petite fille. Elle a cinq ans.

Q Plus beau souvenir en carrière?

R Probablement quand j'ai fait l'équipe du Québec avec laquelle je suis allé compétitionner en Europe pendant deux semaines. Et la compétition du crépuscule où j'ai fait ma meilleure performance à vie.

Q Défi?

R Retourner sur le vélo. Jeune, j'étais tout le temps sur un vélo. Quand je vivais à Québec, je ne prenais pas l'autobus. J'allais à mes entraînements en vélo. Des fois même, j'avais mes marteaux dans mon sac à dos. Le monde trouvait ça bizarre parce que j'avais les câbles et les poignées qui étaient au-dessus de ma tête. Je n'ai pas vraiment d'objectif sportif. Je veux juste me garder en forme. 

Q Dans 20 ans?

R J'aimerais que ma situation n'ait pas changé. J'aimerais être encore capable de coacher, d'être au travail et de faire les mêmes choses que je fais en ce moment. Mes 20 prochaines années, je les prépare maintenant.




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