Mike Sanchez: le baseball dans le coeur

L'ancien lanceur des Capitales, Mike Sanchez, photographié en... (fournies par Mike Sanchez, infographie Le Soleil)

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L'ancien lanceur des Capitales, Mike Sanchez, photographié en 1995 avec l'ancien gérant des Dodgers de Los Angeles, Tommy Lasorda, est maintenant pompier à l'aéroport de Hollywood-Burbank.

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(Québec) Même s'il a accroché son gant il y a une quinzaine d'années et que, par le fait même, il a dû renoncer à son rêve d'évoluer dans les majeures, Mike Sanchez garde un amour indéfectible pour le baseball, un sport pour lequel il a eu le coup de foudre quand son père l'y a initié quand il était enfant.

«Il me manque tous les jours depuis que je m'en suis éloigné», explique le lanceur droitier. Je m'en suis cependant un peu rapproché quand j'ai accepté un poste d'instructeur avec la formation de l'école secondaire de Sage Hill. Le baseball est dans mon coeur et je vais l'aimer jusqu'au jour où je serai dans mon cercueil.»

Choix de 27e ronde des Dodgers de Los Angeles en 1995, Sanchez a passé trois saisons dans l'organisation californienne. Son séjour dans le baseball affilié s'est terminé en 1997 quand les Sand Gnats de Savannah, une équipe de calibre A, l'ont libéré.

«Je ne pensais jamais que ça allait arriver. J'étais déchiré. Mais je savais que ma carrière n'était pas finie pour autant. Et j'ai fait tout ce qui était en mon possible pour retourner dans le baseball. C'est là que j'ai été mis en contact avec l'instructeur des lanceurs des Capitales. Il a aimé ce qu'il a vu lors d'un exercice et il m'a offert un contrat.»

Sanchez avoue qu'il ne savait pas à quoi s'attendre lorsqu'il est débarqué dans la Vieille Capitale. «Mais c'était excitant. Mon défi, c'était de composer avec des environnements complètement nouveaux pour moi et d'y faire ma place. En fin de compte, mon séjour à Québec a été ma meilleure expérience au baseball, meilleure même que mes années chez les Dodgers.

«C'est aussi avec les Capitales que j'ai connu Dominic Campeau, un gars avec qui ç'a tout de suite cliqué. On s'est perdu de vue pendant plusieurs années, mais quand on a repris contact, c'est comme si on avait toujours continué à se côtoyer.»

Muté dans l'enclos des releveurs, Sanchez a été passablement occupé. À sa première campagne, il a été utilisé à 43 reprises, un record qui a été brisé la saison dernière par Jordan Mills. Sa seconde campagne à Québec a cependant été moins productive, ce qui a poussé le gérant Jay Ward à le libérer. Il a ensuite joué deux autres années dans le baseball indépendant avant de prendre sa retraite.

«J'ai commencé à avoir des blessures à répétition au bras. Il aurait fallu que je me fasse opérer. Mais je vieillissais. Mon niveau de jeu diminuait et je n'intéressais plus les recruteurs. Je savais depuis un certain temps que je ne jouerais plus dans les majeures, mais là, j'avais un pied dans la porte de sortie.»

Pas de plan B

N'ayant pas de plan B au moment de prendre sa retraite parce qu'il avait mis toutes ses énergies pour atteindre son rêve, le lanceur était sous le choc quand il est retourné chez lui. «En dedans de moi, je ne voulais pas que le baseball se termine. Il a fallu que je me reprenne en main. Sur le chemin du retour, entre l'aéroport de Los Angeles et la maison, mon père, qui avait été pompier et qui m'avait souvent parlé de son travail et dit comment il l'aimait, m'a raconté une histoire qui m'a atteint profondément. C'est là que l'idée de travailler pour le service des incendies a germé dans mon esprit.»

D'abord pompier volontaire, Sanchez a ensuite étudié pour devenir pompier. Aujourd'hui, il travaille à l'aéroport de Hollywood-Burbank. «Le métier de pompier et le baseball sont assez près l'un de l'autre. Dans les deux cas, il est question de travail d'équipe. Mon boulot dans le service des incendies ne remplacera jamais le baseball, mais c'était le meilleur travail que je pouvais ensuite avoir. Il est venu me chercher droit au coeur. J'en suis très fier.»

Même si un pompier demeure à la base un pompier, Sanchez explique que son travail est un peu plus spécialisé. Qui dit aéroport dit avions ayant à leur bord entre 150 et 200 passagers dont les vies, lors de situations d'urgence, sont en jeu. Et qui dit avions dit aussi carburants très dangereux. «Au jour le jour, c'est un travail plus lent. Mais dans les situations d'urgence, c'est plus intense.»

Portant un regard sur sa carrière de baseballeur, Sanchez dit qu'il en est très satisfait. Même s'il n'a pas réalisé son rêve ultime, il a vécu des expériences que la majorité des jeunes baseballeurs ne vivront jamais. «Si c'était à refaire, je ne changerais rien.»

Amateur de baseball, il aime assister à des matchs des Angels avec sa famille et des amis. Depuis trois ans, il se rend aussi aux quatre coins des États-Unis avec son père afin de visiter les stades des équipes des majeures. «Un de ces jours, j'aimerais emmener ma famille à Québec pour lui faire vivre l'expérience que j'y ai vécue.»

Instructeur des lanceurs de la formation dirigée par son ami Dominic Campeau, Sanchez aime partager son savoir et son expérience avec les jeunes. Pourrait-il un jour se retrouver à la tête d'une équipe? «Pour le moment, je ne peux m'engager à temps plein dans le coaching. Mais à ma retraite de chez les pompiers, c'est certain que je vais investir plus de mon temps dans le baseball.»

***

Huit questions à Mike Sanchez

Q Fait marquant?

R Quand j'ai été repêché par les Dodgers. À partir de ce moment-là,  je savais que je ne jouerais plus au baseball juste pour le plaisir et que ça serait aussi la manière dont je gagnerais ma vie.

Q Personnalité marquante?

R Mon père. Il m'a appris à jouer au baseball et il m'a transmis son amour pour ce sport. Par la suite, il m'a toujours supporté. Et Jay Ward. Il m'a appris à me battre et à être encore plus agressif au monticule quand je me faisais frapper, moi qui avait l'habitude d'abandonner et de me sentir désolé quand ça arrivait. Et ça me sert toujours dans la vie.

Q Idole de jeunesse?

R Cal Ripken. Il était un bon modèle à cause de sa constance, parce qu'il n'abandonnait jamais, qu'il était fort et bon avec les amateurs. 

Q Ce qui te manque le plus?

R Les gars. Et jouer devant des milliers de fans. Chaque fois, ça me procurait une très forte poussée d'adrénaline. Ce fut difficile de m'en passer.

Q Ce qui te manque le moins?

R D'être appelé par le gérant pour me faire dire que l'on avait plus besoin de mes services et signer les papiers pour ma libération. Et ça m'est arrivé une couple de fois. Mais c'est ainsi que la vie est faite.

Q Performance marquante?

R À 16 ans, à l'école secondaire. J'étais allé jouer en Oklahoma.  J'ai lancé un match complet et réussi un blanchissage devant plusieurs recruteurs. C'est là que j'ai ouvert leurs yeux. Par la suite, ils ont continué à me suivre, peu importe le collège où je suis allé jouer.

Q Plus grande fierté?

R Ma famille.

Q Un rêve?

R J'aimerais avoir une cage de frappeurs dans ma cour arrière. Je rêve aussi de pouvoir continuer longtemps à avoir ma famille autour de la table pour le souper.




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