L'intérêt bien vivant de Sean Cannon

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Sean Cannon, qui a pris part aux qualifications pour les JO d'Atlanta en 2000 en canoë est désormais directeur général du Réseau du sport étudiant en Mauricie.

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(Québec) Quand il a pris sa retraite, Sean Cannon croyait bien que son intérêt pour le canoë de compétition, qu'il avait pratiqué pendant une quinzaine d'années, finirait par s'éteindre. Mais il s'était trompé. Au point où, en 2016, il a soumis sa candidature au conseil d'administration de Canoë-kayak Canada où il a été élu comme représentant du volet sprint.

«Le canoë ne m'a jamais quitté», explique l'ex-Lac-Beauportois. «Je croyais que je n'en aurais plus besoin... mais j'ai toujours continué à m'y intéresser. En allant voir les résultats des championnats du monde où en suivant les performances des athlètes canadiens. Un moment donné, je me suis dit que je devais arrêter faire semblant que je n'avais plus d'intérêt pour le canoë. Et je me suis impliqué parce que j'aime ça et que ça me passionne.

«C'est le fun. Je sens que je redonne à mon sport et que mon expérience comme ancien athlète et de gestionnaire dans le milieu sportif peut être mise à profit. Même si j'ai été «parti» pendant 10 ans, je connais bien les enjeux, car ils n'ont pas beaucoup changé. Et je connais encore beaucoup de gens dans le milieu.»

C'est dans l'année qui a suivi les Jeux de l'an 2000 que Cannon avait décidé de remiser son canoë. Ayant échoué à se qualifier pour Sydney même s'il avait placé sa carrière d'athlète au coeur de ses priorités, il est entré à l'université d'Ottawa en physiothérapie.

«Comme j'espérais pouvoir aller aux Championnats du monde, j'ai continué à faire du canoë en 2001. Ce fut ma dernière campagne. Après, je me suis concentré sur mes études. J'étais prêt à tourner la page. J'avais réfléchi à la question et je commençais à trouver ça de plus en plus difficile de m'entraîner. J'étais donc en paix avec ma décision.»

C'est par la suite que Cannon s'est rendu compte qu'en tant qu'athlète, il avait une belle vie. Même s'il aimait le domaine dans lequel il étudiait, s'entraîner deux ou trois fois par jour sur un lac était plus plaisant que d'être sur les bancs d'école. 

«Je sursaute toujours quand j'entends un athlète dire qu'il a fait des sacrifices. Je n'en ai jamais fait. Tout ce que j'ai fait, c'était pour le plaisir. J'ai quelquefois pensé que j'aurais peut-être pu continuer. Mais une petite voix intérieure qui me disait alors : "souviens-toi que ça faisait mal tous les jours" (rires). Et je savais que je prenais la bonne décision en suivant le conseil que mes parents m'avaient donné, qui était de penser à mon avenir.»

L'ex-athlète est très fier de sa carrière même s'il n'a pas accompli tout ce qu'il espérait réaliser, soit prendre part à des grands rendez-vous mondiaux comme les Jeux olympiques et les championnats du monde.

«Par contre j'ai fait plein d'autres bonnes choses qui font que je ne regrette absolument rien. Et j'ai pu grandir, me développer et évoluer dans un environnement exceptionnel à Lac-Beauport entouré de coéquipiers extraordinaires. Fred Jobin y avait créé un esprit d'équipe où tout le monde voulait se dépasser. C'était très stimulant.

«Dans le fond on vise très très haut et après ça, il faut se satisfaire des efforts que l'on a mis et de ce que l'on a accompli. C'est comme ça que je vois ma carrière sportive.»

De la physio à l'administration

Diplômé en physiothérapie de l'Université d'Ottawa, une carrière qu'il avait choisie parce que d'une certaine manière, elle lui permettait de demeurer dans le milieu sportif, le Trifluvien d'adoption a travaillé comme physiothérapeute pendant cinq ans. Au cours de cette période, il a notamment oeuvré à la Clinique du coureur à Québec et pour l'Équipe canadienne de ski acrobatique lors d'une Coupe du monde et il a donné des conférences sur les blessures sportives. Il a profité, en 2012, de son déménagement dans la région de Trois-Rivières, où sa conjointe allait pratiquer la médecine, pour se réorienter.

«J'aimais traiter des athlètes. Mais en clinique, cette clientèle ne représentait qu'un faible pourcentage des gens que je soignais. Je ne touchais pas assez au sport et j'avais le goût de travailler au niveau administratif.»

Cannon a pu réaliser ses ambitions quand il a été engagé pour mettre au monde le Centre régional d'entraînement et d'évènements de la Mauricie (CREEM) dont la mission est d'aider les jeunes athlètes à devenir performants et à accéder au niveau suivant en leur donnant les outils et des environnements propices à leur développement, en tant que directeur général. Il y a passé cinq années.

«Le CREEM m'a permis de bien réussir ma transition entre ma carrière de physiothérapeute et celle de gestionnaire. Mais après deux cycles, j'ai eu le goût d'un nouveau défi. À la rentrée, je serai le directeur général du Réseau du sport étudiant en Mauricie. 

«Je suis vraiment excité de commencer ce travail-là. Je sais que j'aurai de grands souliers à chausser, ceux de Micheline Guillemette qui était au RSEQ depuis des années et qui était aimée de tous et qui a construit un des beaux programmes en sport étudiant au Québec. Mais je vais pouvoir compter sur une équipe hyper-performante.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R Les essais olympiques de 2000 à Atlanta. Je ne m'étais pas classé pour les JO, mais c'est quand même là où j'ai le mieux performé en carrière. J'ai terminé quatrième en C1 sur 500 m et les deux premiers ont ensuite été dans le top 4 aux Jeux de Sydney. Et C2, mon partenaire et moi nous avons terminé à huit millièmes derrière les frères Budai qui ont obtenu une septième place aux Jeux.

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents. Ils ont tout fait. Ils ont encouragé, fait des lunchs, donné des lifts, mis de l'argent, etc.. Ils ont vraiment été là. Fred Jobin évidemment. Il a commencé à me coacher quand j'avais 13 ans et il a été là jusqu'à la fin. Et mon bon chum Maxime Boilard. Il m'a appris que dans la vie, tout est possible, qu'il ne fait pas se mettre de limites.

Q S'il n'y avait pas eu le canoë?

R Je suis un joueur de basket et de baseball. J'ai joué au basket jusqu'en secondaire cinq à Quebec High School. Et je joue encore une fois semaine avec d'autres vieux comme moi. Mais le sport que j'écoute à la télé, celui qui me passionne, c'est le baseball.

Q Ce qui te manque le plus?

R La gang. La gang de gars qui avaient le même objectif, qui allaient dans la même direction et qui se tenaient.




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