Le nouveau départ de Mark Breton

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Mark Breton a été victime, en 1996, d'un tragique accident qui, même s'il l'a laissé handicapé, lui a permis de prendre un nouveau départ et de sans cesse repousser ses limites.

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(Québec) Mark Breton n'a pas eu à chercher loin pour trouver le thème de la conférence qu'il donne aux quatre coins du Québec. Change ta vie avant que la vie te change était tout désigné. Malheureux jusqu'au plus profond de son âme et incapable d'en trouver la raison, il a été victime, en 1996, d'un tragique accident qui, même s'il l'a laissé handicapé, lui a permis de prendre un nouveau départ et de sans cesse repousser ses limites.

«Mon accident m'avait enlevé le bras droit, celui qui me servait à gratter ma guitare», explique Breton. Et moi à ce moment-là j'essayais de bâtir ma vie autour de la musique. Mais j'étais encore en vie. Et j'étais chanceux, j'avais encore ma main qui me permettait de faire mes accords. Après avoir frôlé la mort et passé cinq semaines dans le coma, je ne pouvais pas renoncer à la vie. J'étais face à moi même. Mais ce que j'avais en dedans et comment je serais capable de fonctionner, je ne l'ai pas su pas tant et aussi longtemps que je n'ai pas été accoté au pied du mur.»

Amputé du bras droit au niveau de l'épaule, Breton ne passe pas inaperçu. Mais il prend plaisir à être différent. «Les enfants sont candides. Ils sont directs et ils me demandent : "Il est où ton bras?" Presque toujours leur mère leur dira : "Ne dérange pas le monsieur"». Les gens sont mal à l'aise. Ils n'osent pas poser des questions ou venir vers moi. Leur regard est différent. Ils me voient plus handicapé que je le suis réellement. Et moi, j'aime les agacer. C'est le cas quand je vais à l'épicerie et que je corde tous mes sacs sur mon moignon.»

Breton a définitivement tourné la page sur sa vie d'avant son accident. Jamais il ne pense au temps où il avait ses deux bras. Pour lui, ça serait traîner un boulet de le faire et il ne pourrait avancer. Et il est d'avis que le plus gros handicap qu'il doive surmonter est les conséquences du traumatisme crânien qu'il a subi, comme sa difficulté à demeurer concentré. Mais grâce à tout le travail qu'il a fait, il a réalisé d'énormes progrès. 

Un grand bagage

Breton n'a pas chômé dans les mois qui ont suivi sa retraite. Il a fait différentes formations, dont une, à l'Académie Zérolimite de Martin Latulippe et il a suivi un cours en communication (radio) et un autre pour devenir comédien. Il a même fréquenté l'École nationale de l'humour.

«Tout ce que j'ai ramassé est là en moi. Et c'est certain que je vais utiliser ce bagage dans le projet que je suis en train de monter. Je veux arriver avec un concept flamboyant dans lequel les gens vont se reconnaître. À travers l'humour et la dérision, c'est incroyable le nombre de situations loufoques que j'ai vécues en ayant un bras en moins, je veux que le monde comprenne que ta vie n'est pas finie parce qu'il t'es arrivé quelque chose de négatif.»

«Ma blonde est avec moi dans un projet qui s'appelle Ta vie, je t'entraîne. Anne, qui est diplômée en massothérapie, qui est professeure de yoga, etc... s'occupe du côté physique des gens. Moi je veux les aider au niveau mental avec mes conférences, mais aussi mon site Web. Je veux que le monde voit ce dont il est capable.»

Revenant sur son passé d'athlète de pointe, Breton dit qu'il a eu deux carrières. Une première en cyclisme qui l'a emmené à compétitionner sur les scènes provinciale et nationale. Et une seconde en paracyclisme qui lui a permis de remporter plusieurs championnats canadiens, de courir au niveau international et de prendre part aux Jeux d'Athènes et de Pékin, un exploit qu'il n'aurait pu réaliser en cyclisme. 

«Je n'étais tout simplement pas assez fort. Je suis retourné sur le vélo dès que j'ai pu sortir du centre de réhabilitation. Et c'est là que j'ai réalisé qu'une porte venait de s'ouvrir et que j'avais une véritable chance de réaliser mon rêve. C'est quand j'ai couru contre les Européens que j'ai réalisé que c'était une autre game et que j'ai dû affronter mes vrais démons, soit mon manque de confiance. Dans ma tête, je n'étais pas à leur niveau. C'était impossible de les battre.»

C'est à son retour de Pékin, où il n'avait pas performé à la hauteur de ses attentes, que Breton a commencé à se remettre en question. Avait-il le goût d'investir quatre autres années de sa vie afin de tenter de gagner une médaille aux Jeux, une conquête très satisfaisante qui n'aurait cependant eu aucun impact sur son avenir, l'intérêt et la couverture pour le sport paralympique n'étant pas celui des sports olympiques? Et même s'il ignorait quelle tangente prendrait sa vie, la perspective de relever de nouveaux défis l'enchantait.

«Je n'ai jamais regretté ma décision. Je ne me suis pas rendu où j'aurais voulu, mais j'ai eu du plaisir. Et je suis fier de ce que j'ai réalisé», a conclu Breton qui n'a pas rangé sa bécane au moment de sa retraite. Le vélo fait partie de son ADN et il en a besoin pour se garder en forme, mais aussi pour se retrouver avec lui même. 

«Ma blonde dit toujours que quand ça ne va pas, c'est important de se faire plaisir. Moi ce qui me fait plaisir, c'est de faire du vélo et de rouler vite.»

Questions/réponses

Q Performances marquantes?

R Ma cinquième position aux contre-la-montre des paralympiques d'Athènes. Il y en a aussi plusieurs dans ma carrière de cycliste. Je garde de tout ça pleins de beaux souvenirs.

Q Ce qui te manque le plus

R Voyager et voir des pays. Et quand je courais au Québec, c'est le groupe et le plaisir que l'on avait à ensemble. Je ne suis pas un gars de gang, mais quand tu fais partie d'une équipe aussi soudée que celle dirigée par Jean-Yves Labonté, c'est difficile à battre.

Q La personne que tu admires?

R Ma blonde. C'est incroyable tout ce qu'elle fait. Elle n'arrête pas. On a vraiment la même vibe. S'il y a une personne que je ne veux pas décevoir, et par le fait même me décevoir aussi, c'est bien elle.

Q Personnalités marquantes?

R Annie Marquier, de l'Institut du développement de la personne à Bromont. C'est une personne parmi les plus évoluées spirituellement que j'ai connue. Elle m'a appris beaucoup et elle m'a remis sur le bon chemin.

Q Comment ta blonde te définit?

R Elle dit que je suis un spécimen.

Q Plus belle qualité?

R Mon ouverture sur les gens.




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