Annie Hamel: favoriser la diversité

La cycliste Annie Hamel, après avoir elle-même frôlé... (Infographie Le Soleil)

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La cycliste Annie Hamel, après avoir elle-même frôlé la mort, oeuvre désormais comme physiothérapeute auprès des gens paralysés post-accidentés ou des grands brûlés, par exemple.

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(Québec) Annie Hamel a toujours favorisé la diversité. À la fin des années 90, alors qu'elle faisait partie de la relève en cyclisme, elle menait de front des carrières en vélo de montagne et sur route. Et encore aujourd'hui, elle a la même philosophie, tant au niveau de ses activités sportives que dans son domaine professionnel.

«C'est d'abord le goût du défi qui me pousse à agir comme je le fais», explique Annie qui est notamment adepte de duathlon, de triathlon hors route, de course en sentiers, de demi-marathon et de ski de fond. «J'ai une passion pour le sport en général et j'essaie toujours de trouver une activité qui va me permettre de me développer d'une manière différente et d'aller plus loin. 

«J'ai aussi toujours pensé que pour avoir une pérennité dans sa vie active, la clé était de diversifier ses activités de manière à ne pas user son corps de la même manière. C'est ce que je dis dans les conférences que je donne sur la prévention des blessures. C'est une question d'équilibre.»

Annie a la même approche dans sa profession de physiothérapeute où elle a choisi de ne pas travailler au niveau des blessures sportives. «J'ai préféré la réadaptation des gens paralysés postaccidentés ou par un Guillain-Barré, des grands brûlés, etc. pour leur faire revivre c'est quoi bouger. Je travaille sur leur corps au complet et non pas sur une seule facette. Je ne vois que du potentiel chez eux. Mais je ne peux pas les emmener à un niveau supérieur ceux qui ne le veulent pas. Ils sont les maîtres et je suis leur guide.»

Annie passe quelquefois pour une personne est éparpillée. En plus d'avoir des vies professionnelle et sportive variées et occupées, elle est aussi impliquée à l'école de ses enfants, dans un club de course à pied, etc. «J'ai l'énergie et la santé pour le faire. Quand tu mets du temps, de l'effort, beaucoup de volonté et d'ambition dans ce que tu fais, tu arrives à réaliser beaucoup de choses. Je suis éparpillé, mais tous mes éparpillements sont des passions.»

La vie bascule

Bien en selle afin de prendre part aux Jeux du Canada, la cycliste a été victime d'un bête accident en août 1999. Lors une chute qui semblait sans conséquence et l'ayant blessée légèrement au genou, elle a attrapé une virulente bactérie nommée clostridium perfringens à fasciite nécrosante (bactérie mangeuse de chair). Après avoir frôlé la mort, elle a séjourné plus de trois mois aux soins intensifs de l'hôpital Sacré-Coeur où elle a aussi passé proche d'être amputée. Par la suite, elle a dû réapprendre à marcher. 

Cet accident a changé la vie de la jeune athlète qui a rapidement mis de côté ses conséquences négatives pour ne voir que ses bons côtés. «Dans la vie il y a un plan A, mais toujours un plan B qui n'est pas nécessairement mauvais. Il regorge assurément de belles opportunités. C'est juste que ce n'est pas celui que tu avais au départ. Malgré tout ce que mon accident a changé dans ma vie, je ne suis pas fâchée. J'ai pu vivre d'autres affaires et plein d'autres défis.»

Pour donner du poids à ses propos, la maman de trois enfants explique que c'est son contact avec les physios qui l'avait convaincue d'abandonner ses études en administration pour en entreprendre de nouvelles en physiothérapie. «Avant mon accident, j'avais déjà un certain intérêt pour le corps humain. À l'hôpital, j'ai eu des physios merveilleuses. Et j'ai eu le coup de foudre pour leur profession. C'est en plein ça que je voulais faire.»

Décidée à retrouver une excellente condition physique, Annie a recommencé à faire du vélo. Voyant qu'elle ne pourrait reprendre sa forme à temps pour les qualifications des jeux du Canada, elle a diversifié ses activités. Un an après son hospitalisation, elle a fait un triathlon hors route (kayak, course en sentiers et vélo de montagne). Et en 2001, malgré les inquiétudes de son entourage, elle est retournée sur le circuit de vélo de montagne. Elle a ensuite pris part à différentes compétitions de longue haleine, dont un raid de 36 heures dans les bois. «Toujours afin de rassasier mon esprit compétitif qui ne l'est pas encore aujourd'hui.

«Mon accident a mis un stop à ma carrière en vélo de montagne où je progressais et où les Jeux olympiques étaient mon objectif ultime. Après mon accident, vivre est devenu mon but ultime. Et j'ai appris à me satisfaire et à m'épanouir dans plein d'autres événements.»

Conquise par les épreuves de longue distance, Annie aimerait faire un demi-Ironman. Mais son amour des grands défis a ses limites. Pas question de sacrifier son temps avec ses enfants, son chum, sa famille, ses amis, son travail et toutes ses implications pour d'entraîner encore davantage.

«Quand tu veux te rendre à un niveau vraiment élevé, tu as besoin de faire des sacrifices que je ne suis pas prête à faire. Actuellement, mon style de vie rejoint mon style de sport. L'équilibre c'est une ligne mince. On est tout le temps d'un bord et de l'autre. Je dis toujours que le but ce n'est pas d'être sur la ligne tout le temps, mais de quand même la côtoyer au quotidien.»

Questions/réponses

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents, des gens de défis. Tout ce que je suis et tout ce que je sais, ça vient d'eux. Inconsciemment, je répète leur recette. Je valorise la diversité. Puis la physiothérapeute Denise Whittom. Elle a complètement changé mon plan de vie au niveau de ma carrière. Et les médecins que j'ai eus à l'hôpital Sacré-Coeur. Ils se sont tellement donnés corps et âme parce qu'ils ne voulaient pas que je meure ou que je sois amputée.

Q Idoles de jeunesse

R À mes premières années Pierre Harvey. Puis Curt Harnett. En général, j'étais impressionnée par les athlètes qui étaient au niveau au-dessus du mien, qui faisaient partie de l'élite, mais qu'on pouvait côtoyer lors des camps d'entraînements aux États-Unis.

Q Performances marquantes?

R Ma troisième place aux Championnats canadiens en vélo sur route. C'était un gros événement. Et quand j'ai passé la ligne d'arrivée aux Mondiaux de duathlon, en Australie. Parce que mon père était là, mais aussi parce que c'était comme un peu la ligne d'arrivée de mon accident. J'ai eu plein de bonnes courses, mais ces deux-là ont une signification spéciale. 

Q Prochain défi?

R Avoir un quatrième enfant (rires). Plus sérieusement, j'aimerais courir un premier marathon et peut-être recommencer à faire des triathlons.




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