Danielle Rainville: la vie après le sport

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Première femme à animer des lignes ouvertes sur le sport, Danielle Rainville a oeuvré à Québec, puis à Montréal entre 1982 et 1995.

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(Québec) Mordue de sport, Danielle Rainville a pu faire de sa passion son gagne-pain. Première femme à animer des lignes ouvertes sur le sport, elle a oeuvré à Québec, puis à Montréal entre 1982 et 1995. C'était avant d'abandonner la couverture au quotidien et d'aller travailler à la télé. Mais même si sa carrière dans le domaine du sport fut nourrie et marquante, Danielle avoue ne pas du tout s'en ennuyer.

«Quand j'ai quitté la radio en janvier 1995, ma décision était réfléchie et mûrie», lance celle qui a eu sa première chance à la radio à l'âge de 19 ans. «J'avais fait 12 ans de lignes ouvertes. Le sport prenait beaucoup de place dans ma vie, tant au niveau professionnel que dans mes temps libres. Une année, je pense que j'ai vu 78 matchs de baseball au Stade olympique. C'était assez intense.

«J'avais aussi vécu une année 1994 très exigeante. Mon frère était décédé dans un accident de la route et j'étais une maman monoparentale d'un garçon de deux ans. La passion n'était presque plus là. Ma carrière ne correspondait plus à mes valeurs et à ma vie personnelle transformée. Quand on m'a proposé de passer un test d'écran pour remplacer Claire Lamarche une ou deux fois par semaine, j'ai accepté parce que son émission était connectée sur qui je suis.»

Danielle a travaillé à la télé jusqu'en 2002. Elle a remplacé occasionnellement Guy Mongrain à Salut Bonjour avant de se retrouver à RDI week-end. Elle a aussi fait la couverture de Jeux olympiques. 

«J'avais eu quatre enfants en cinq ans et demi. Après les JO de Salt Lake, j'ai pris une pause. Et elle s'est prolongée. Ce qui a été difficile, ce fut de passer d'un travail où tu es quotidiennement évaluée à celui de maman à la maison à temps plein, où tu es un peu isolée socialement et où tu n'as à peu près aucune reconnaissance.

«Jusqu'à il y a environ quatre ans, des gens m'appelaient pour s'informer de mon intérêt à travailler dans les médias. Je n'y suis pas retournée. Je vis très bien avec ça.»

Pionnière dans le domaine d'animatrice de lignes ouvertes sportives, Danielle confie qu'elle a fait ce travail pour vivre sa passion et non pas pour prouver qu'une femme pouvait y tirer son épingle du jeu. Appelée à vivre la rivalité Canadien-Nordiques et aimant jeter de l'huile sur le feu, elle a quelques fois été écorchée. Jacques Lemaire lui a écrit pour lui dire qu'elle ne connaissait rien au hockey. N'eût été de l'intervention de Pat Burns, John Kordic serait monté sur la tribune de presse pour lui passer un savon. Et Michel Bergeron l'appelait la «petite chri..». Jamais elle ne s'est sentie intimidée.

«Pour moi, c'était du divertissement. J'avais confiance en mon jugement et je faisais mon travail au meilleur de ma connaissance. J'ai eu des patrons comme Marc Simoneau et Richard Morency qui m'ont toujours appuyée et je pense que les gens avec qui j'ai travaillé ont toujours apprécié mes qualités.

«Le plus dur fut d'être confrontée, à mes débuts, à des auditeurs qui mesuraient mes qualités d'animatrice en me testant sur des statistiques. Et ce qui m'a vraiment ébranlée, c'est d'apprendre que j'étais sur la liste de Marc Lépine parce que j'étais une femme dans un milieu d'hommes. Je n'avais pas d'affaire là, selon lui. Ça, c'était plus sérieux.»

Même si elle a quitté la scène publique il y a une quinzaine d'années, Danielle Rainville n'a pas été oubliée pour autant. Il n'y a pas une semaine sans que quelqu'un ne l'arrête pour lui dire que les gens s'ennuient d'elle ou lui demander pourquoi on ne la voit plus à la télé. Récemment de retour sur le marché du travail, elle s'est découvert une passion pour le domaine de l'éducation où elle avait déjà beaucoup d'intérêts. Associée à un Centre pédagogique, elle fait de l'aide aux devoirs et du tutorat.

«Ma dernière ayant commencé le secondaire, j'avais le goût de donner de mon énergie, de mon temps et de ma passion ailleurs qu'à la maison. J'ai toujours aimé les enfants. Quand j'ai arrêté de patiner, ce qui me manquait le plus, c'était d'enseigner à l'aréna de Charlesbourg. Pour moi, c'était comme naturel de me retrouver dans le milieu de l'éducation. Mais parce que je n'avais pas de diplôme d'enseignante ou d'éducatrice, je ne savais pas comment ça allait se présenter. Je suis comme un poisson dans l'eau. J'ai hâte de voir où ça va me mener.»

Danielle demeure une amateur de sport. Elle suit à la télé les événements importants comme les séries de la LNH qu'elle écoute avec des amis. Comme elle le faisait jadis, elle s'amuse à brasser les partisans du Canadien. Si l'occasion se présentait, reviendrait-elle à ses anciennes amours?

«J'y retournerais pourquoi? J'aurais comme référence toutes ces années fantastiques, passionnées et intenses que j'ai vécues. Sans rien enlever au travail de mes confrères, j'ai l'impression que je retournerais dans quelque chose de plus routinier, aseptisé et contrôlé. Qu'est ce que je vivrais de plus que ce que j'ai déjà vécu? Ça serait business as usual. J'ai l'impression que je m'ennuierais.»

Questions/réponses

Q Ce qui te manque le plus 

R Le plaisir. Le plaisir de l'instantanéité, de réagir, d'attendre qu'il se passe quelque chose.

Q Ce qui te manque le moins

R Les horaires de fou. Comme travailler à 4h30 le matin et être encore au Forum ou au Stade olympique à minuit le soir.

Q Entrevue marquante

R Quand on m'a demandé d'aller rejoindre Jean Perron en Guadeloupe pour lui annoncer que selon Mario Tremblay, il était congédié. En arrivant au club Med, je l'ai vu. Et je me suis fait expulser. Je l'ai revu à l'aéroport le lendemain. Il m'a dit : «mon sort est entre les mains de Serge Savard». Ça voulait tout dire. Ce n'est pas un beau souvenir. Ça m'a jetée à terre de devoir faire cette entrevue-là. Et ça me jette encore à terre de penser que j'ai accepté de la faire.

Q Idoles de jeunesse

R Réal Cloutier pour ses performances sur la glace, mais aussi à l'extérieur. À l'époque, mon père commanditait des équipes de fastball et il jouait pour ou contre l'équipe de mon père. C'était un athlète impressionnant. Et la famille Stastny. J'ai été assez près de Marian parce que je me suis occupé de son école de hockey à Québec. 

Q Dans 10 ans

R Je me vois entourée de mes enfants adultes, peut-être grand-mère. Je le souhaite... Je me vois aussi voyager, avoir du plaisir, voir des amis et faire de bons soupers avec du bon vin. Je me vois aussi active et en santé. 

Q Événement marquant 

R Les Jeux de Barcelone. J'avais fait Calgary, sans expérience en télé et je faisais une pneumonie. On avait enregistré 92 heures de patinage artistique. À cette époque-là, on décrivait toutes les compétitions et c'est après que le montage était fait pour garder les meilleurs moments. J'avais l'impression que je n'avais pas fait une bonne job. En 1992, j'ai fait de l'haltérophilie et c'est l'année de Sylvie Fréchette. Ça veut tout dire.

Q Rêve

R On aimerait aller vivre dans un autre pays pendant une année avec les enfants. En Europe ou aux États-Unis. Ça fait longtemps qu'on en parle, mais il n'y a pas de plans concrets d'élaborés. On souhaiterait le faire pour la culture, la langue et les voyages. Ça serait une super expérience en famille et un apprentissage extraordinaire pour nos ados-adultes.




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