Danielle Goyette: le destin d'une pionnière

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Désormais entraîneuse, Danielle Goyette a passé 16 saisons avec l'équipe nationale. Elle a remporté trois médailles olympiques et huit championnats du monde.

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(Québec) Quand Danielle Goyette a commencé à jouer au hockey, les perspectives pour une femme d'y faire carrière étaient à peu près nulles. Qu'à cela ne tienne, elle s'est laissée guider par sa passion. Elle ne se doutait jamais qu'elle deviendrait l'une des pionnières de son sport et que sa vie changerait à tout jamais.

«À l'époque, on jouait au hockey pour le fun entre amies», se rappelle-t-elle. «Jamais, je n'aurais pensé aller un jour aux Jeux olympiques ou gagner ma vie en tant qu'entraîneuse. Mais au fil des années, le hockey féminin est devenu plus sérieux. Ça m'a obligée à prendre des décisions, comme d'aller à Calgary en 1996 pour apprendre l'anglais. Je devais y passer cinq mois. Ça fait 21 ans que j'y demeure.»

Danielle Goyette a passé 16 saisons avec l'équipe nationale. Elle a remporté trois médailles olympiques (deux en or et une en argent) et huit championnats du monde. Elle a aussi totalisé 113 buts et 105 passes en 171 matchs. Des succès qui lui ont permis d'être élue au Panthéon du sport canadien, au Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace et au Temple de la renommée du sport québécois.

«Je fais rarement le bilan de tout ce que j'ai réalisé. Je ne pense jamais au passé. Je suis une fille tournée vers le futur. Je suis d'avis que peu importe ce que j'ai fait, je pourrai encore faire mieux demain.»

C'est quand elle est honorée que la native de Saint-Nazaire réalise à quel point elle a connu une carrière exceptionnelle et son impact sur l'évolution du hockey féminin. «Je suis très fière de faire partie des pionnières. Et j'ai été chanceuse d'avoir du succès. Mais le hockey étant un sport d'équipe, si j'en ai eu, c'est parce que j'ai été chanceuse d'évoluer avec de bonnes joueuses, d'être sur de bonnes équipes et d'avoir été dirigée par de bons coachs. J'ai aussi été chanceuse d'avoir été supportée par les gens de Saint-Nazaire envers qui je serai toujours reconnaissante.»

«J'ai cependant aussi dû travailler fort, faire des sacrifices et passer à travers de moments difficiles. Quand j'ai déménagé à Calgary, je n'y connaissais pas personne. Pendant les trois premiers mois, j'ai pleuré tous les soirs et je me suis demandé ce que je faisais là. Mais j'avais un but et rien n'aurait pu m'empêcher de le réaliser. Au cours de ma carrière, j'ai aussi dû composer avec 24 dislocations de l'épaule et trois opérations. Mais quand tu aimes ce que tu fais, tu ne peux pas avoir de regrets. Je dis tout le temps à mes amis : «Si je meurs demain, ne soyez pas tristes. J'aurai eu la plus belle vie que l'on peut souhaiter avoir.»

Même si les hockeyeuses peuvent aujourd'hui compter sur une structure qui n'existait pas à son époque, Danielle Goyette n'est nullement envieuse. Elle dit qu'elle ne serait pas devenue la personne qu'elle est si elle n'avait pas eu à surmonter tant de défis. Ce qui la désappointe, c'est de voir que certaines joueuses tiennent ce qu'elles ont pour acquis.

Être aimée

Danielle Goyette ne croyait jamais pouvoir devenir un jour entraîneuse. «Je n'avais pas la personnalité pour faire ça. J'ai besoin de sentir que je suis aimée des gens et je n'aime pas faire de la peine. Et en tant que coach, tu dois prendre des décisions difficiles. Quand tu annonces à une jeune fille qu'elle ne fera pas partie de ton équipe et qu'elle quitte ton bureau en pleurant, ce n'est pas évident. Je me disais que je ne serais pas capable de faire ça. Mais quand on m'a offert le poste d'entraîneuse-chef des Dinos, je ne pouvais pas le refuser même si je n'étais pas prête à 100 %.»

La Québécoise mentionne que la recette qu'elle avait trouvée afin de marier sa personnalité aux exigences d'un bon coach avait été de toujours prendre ses décisions avec sa tête et non avec son coeur et de toujours faire les meilleurs choix dans l'intérêt de l'équipe. 

«De cette manière, tu es honnête et juste avec tout le monde. C'est sûr que je veux gagner des matchs de hockey. C'est pour ça que je suis engagée. Mais mon travail, ce n'est pas juste de développer des hockeyeuses. Je dois aussi voir à ce que mes joueuses soient de bonnes étudiantes et qu'elles deviennent de bonnes personnes et des leaders dans la société. Et pour ça, je dois leur faire comprendre que l'on ne peut pas faire les coins ronds. Pour y arriver, je les challenge à sortir le meilleur d'elles-mêmes.»

Très occupée par ses obligations professionnelles, Danielle Goyette n'a plus le temps de jouer au hockey. Un deuil qu'elle vit très bien. D'abord parce qu'elle est sur la patinoire presque tous les jours, avec ses Dinos pendant la saison hivernale et avec des joueurs du Lightning de Tampa Bay à qui elle enseigne, l'été. Mais aussi parce que l'idée de ne plus être au niveau où elle était lui enlève toute envie de jouer. 

Mordue de hockey, elle a aussi beaucoup de plaisir à suivre les activités de ses équipes préférées. «Durant notre saison, je regarde les matchs avec mes yeux de coach et j'analyse tout. Mais à la fin de l'année, je le fais comme n'importe quel fan. Et j'ai beaucoup de plaisir.»

Questions/réponses

Q Idoles de jeunesse

R Les joueurs du Canadien. Ce sont eux qui m'ont montré à jouer au hockey. Quand j'étais jeune, il n'y avait pas de coachs pour les femmes. Alors, je regardais le Canadien à la télé et après, j'allais dehors sur la patinoire, je mettais des boules de neige sur la glace et j'essayais de faire des feintes comme Guy Lafleur, Bobby Smith, Mats Naslund, etc. 

Q Personnalité marquante

R Sylvie Daigle. En 1996, quand on a appris qu'on irait aux JO de 1998, elle m'avait dit : «Si tu veux être là, il faudra que tu t'entraînes à temps plein». Et elle m'a fait des programmes. Mais sa plus grande influence, c'est sur le plan psychologique qu'elle l'a eue.

Q Moments marquants

R Notre première médaille d'or aux JO de 2002. Et quand j'ai été nommée porte-drapeau du Canada aux Jeux de 2006. C'est l'un des plus grands honneurs que j'ai reçus en tant qu'athlète. 

Q Plus grande déception

R Que mes parents n'aient jamais eu la chance de me voir jouer aux JO. Et quand on a perdu la médaille d'or aux JO de 1998, alors qu'on était les favorites.

Q Plus grande qualité de joueuse

R J'étais une grande fabricante de jeu.




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