Nathalie Gosselin: le mariage de deux passions

Nathalie Gosselin n'a jamais mis de côté le... (Infographie Le Soleil)

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Nathalie Gosselin n'a jamais mis de côté le judo. Elle a initié avec Judo-Canada le programme Éclipse qui s'adressait aux  jeunes à risque dans les écoles.

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(Québec) Même si elle a pris sa retraite de la compétition il y a plus d'une vingtaine d'années, Nathalie Gosselin n'a jamais mis de côté pour autant le judo. Au contraire! Grâce à un mariage parfait entre ses passions sportive et professionnelle, elle est aujourd'hui aussi impliquée dans le judo qu'elle l'était quand elle faisait partie de l'équipe nationale.

«J'ai toujours été attiré par le domaine de la relation d'aide chez les adolescents», explique l'athlète qui a étudié en intervention en délinquance juvénile au Cégep Garneau et en criminologie à l'université d'Ottawa. «Et j'ai toujours cru que le judo pouvait leur apporter beaucoup. J'ai donc initié avec Judo-Canada le programme Éclipse qui s'adressait aux  jeunes à risque dans les écoles. Et quand j'ai pris ma retraite comme athlète, j'y ai travaillé encore davantage.

«Aujourd'hui, je n'enseigne plus le judo uniquement à des jeunes à risque. Les élèves de quatrième-cinquième année ont besoin de faire du judo, un sport qui aide à acquérir de la discipline, du contrôle de soi, et de la coopération. Ça leur permet aussi de brûler de l'énergie et de se défouler, mais en étant encadrés avec des règles.»

Travaillant dans les écoles le jour, Nathalie ne remise pas son kimono pour autant après les heures de boulot. Elle l'enfile les fins de semaines afin d'oeuvrer avec son conjoint, un ex-membre de l'équipe nationale, comme entraîneuse dans un dojo. Les deux ont d'ailleurs coaché leurs deux fils.

«Je crois que le judo fera toujours partie de ma vie parce que je crois à toute la philosophie qu'il y a derrière. Le judo, c'est ce que j'enseigne, mais c'est aussi ma manière de vivre. J'ai cependant renoncé à la compétition parce qu'en étant enseignante, j'ai besoin de tous mes morceaux. Si je me blesse, je ne pourrai plus travailler. Et j'ai trouvé des moyens de brûler mon énergie autrement. Comme en joggant ou en faisant de la musculation.»

Travail d'équipe

C'est en 1996, après les Jeux d'Atlanta, que Nathalie a mis fin à sa carrière. Au début de la trentaine et ayant atteint son objectif ultime après l'avoir raté quatre ans plus tôt, elle était prête à passer à autre chose. Désireuse d'avoir une carrière professionnelle et une famille, elle ne se voyait pas passer un autre quatre ans à s'entraîner, à voyager et à compétitionner dans le but de se qualifier pour Sidney.

«Je savais que les Jeux d'Atlanta seraient ma dernière compétition. Ça me faisait un petit pincement au coeur d'y penser. Mais j'avais atteint mon but alors que d'autres n'avaient pas eu la même chance. La vie était belle, j'étais heureuse de ce que j'avais accompli et j'étais contente de tourner la page sur ma carrière. Je suis partie bien dans ma peau, bien dans ma tête.»

Gagnante de cinq médailles aux Championnats panaméricains (3 d'argent et 2 de bronze), l'ex-athlète a aussi mérité sept titres nationaux consécutifs. Des succès qu'elle partage avec tous les membres de son équipe. «Le judo c'est un sport individuel. Mais ça prend une équipe derrière un athlète. Et j'avais la Beauce derrière moi. Des gens qui ont travaillé fort pour trouver des commanditaires, pour être là quand j'avais besoin de payer des voyages, etc.»

Même si elle est installée depuis plus de deux décennies dans la région d'Ottawa, Nathalie n'a pas oublié le petit coin de pays où elle a grandi. D'abord parce que sa famille y demeure encore. Mais aussi parce qu'elle y a des racines profondes. «Comme on dit, la fille sort de la Beauce, mais la Beauce ne sort pas de la fille. Moi, je vais être une Beauceronne toute ma vie. Je suis une fille reconnaissante et intègre. Et quand on m'aide, je ne l'oublie pas.»

Choisie pour porter la flamme des Jeux de Vancouver à Sainte-Marie en 2009, la judoka avoue y avoir vécu un moment aussi intense en émotions, sinon plus, qu'à Atlanta. «Ç'a été l'un des plus beaux moments de ma carrière. Quand j'étais allée aux Jeux, j'étais toute seule. Mais quand j'ai couru avec la flamme, j'étais devant ma famille, mes amis et les gens qui m'avaient aidée et suivie. J'étais vraiment sur l'adrénaline. Ce fut un feeling vraiment spécial.»

Intronisée au Temple de la renommée du judo canadien, l'ex-athlète est officiellement entrée dans la grande histoire du judo canadien il y a quelques semaines. «Un bel honneur. C'est très flatteur. Mais en même temps, ça me fait réaliser que je suis rendue vieille», lance en riant la septuple championne canadienne avant d'ajouter sur un ton plus sérieux : «C'est le fun de penser que je suis devenue un genre de ressource pour les plus jeunes et que je peux servir d'inspiration.»

Bon sang ne saurait mentir, c'est maintenant au tour du fils cadet (Ben) de la famille d'aspirer à une carrière internationale. Une grande fierté pour la maman qui avoue offrir l'espace dont fiston a besoin. «Toujours mettre de la pression, ça ne marche pas. On a tous été jeunes et on a tous pensé que l'on savait tout. Et des fois, on s'est cogné le nez. Les jeunes doivent faire leurs expériences et apprendre par leurs propres moyens.»

Questions/réponses

Q Fait marquant? 

R Ma cinquième place aux Championnat du monde en Yougoslavie en 1989. C'était l'une des meilleures performances canadiennes à ce moment là.

Q Des regrets?

R J'aurais dû prendre le temps de faire autre chose que de simplement compétitionner. Quand je partais en compétition internationale, j'étais en mission. C'était let's go, je m'en vais me battre. Et je fermais la porte sur tout le reste. J'oubliais qu'il y avait des gens à connaître, des chose à apprendre et des endroits à visiter. 

Q Ce qui te manque le moins?

R Avoir mal partout... Et les blessures. Être blessée, mais continuer de s'entraîner ce n'était pas facile.

Q Ce qui te manque le plus?

R On avait un bon groupe sur l'équipe nationale. La sociabilité que l'on avait entre nous autres.

Q Personnalité marquante?

R Je serai toujours très reconnaissante envers Daniel Hardy qui est malheureusement décédé. C'est le coach qui m'a le plus aidée à progresser au niveau mental, psychologique.

Q Un rêve? 

R J'aimerais voir du judo dans toutes les écoles à travers le Canada parce que je crois fermement que c'est une bonne chose pour les enfants.

Q Ton souhait?

R Si je peux voir mes enfants en santé, heureux et faisant du sport, mon travail de mère sera fait. 

Q Point sur lequel tu as le plus travaillé?

R J'ai toujours une machine de cardio et une machine à l'entraînement. Mais je n'étais pas très talentueuse. Pour moi, les techniques de judo ce n'était pas quelque chose de naturel ou de facile. Il a donc fallu que je travaille beaucoup sur mes techniques plus spécifiques et mon fine tuning.

Q Plus grande qualité?

R Je suis très intègre.




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