Mathieu Lagrandeur: du volleyball à l'architecture

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Après sa brillante carrière universitaire, le volleyeur Mathieu Lagrandeur a évolué pendant une saison en France, avant de rentrer au Québec pour amorcer sa carrière d'architecte.

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(Québec) Recrue de l'année en 2000 et membre de la première équipe d'étoiles nationale à trois reprises, en plus de savourer cinq titres québécois et une médaille d'argent aux Championnats canadiens, le volleyeur Mathieu Lagrandeur a connu une brillante carrière universitaire avec le Rouge et Or de l'Université Laval. Le grand athlète de 6'6'' est cependant d'avis qu'elle n'a pas comblé toutes ses attentes.

«On a eu tellement de succès au niveau provincial que de ne pas avoir décroché un seul titre national, ça m'a laissé un drôle de goût», lance Lagrandeur. «Avoir eu autant de potentiel collectivement parlant et ne jamais avoir monté sur la plus haute marche du podium, ça m'a hanté pendant des années et c'est mon plus grand regret. C'est pour cette raison que j'étais si heureux quand Laval a remporté le national en 2013.»

L'ex-volleyeur mentionne qu'il a passé des moments magiques avec le Rouge et Or, qu'il qualifie de belle famille. Les gens qu'il a croisés étaient plus que des coéquipiers et certains sont même devenus des amis pour la vie. Ce qui lui manque le plus, c'est l'esprit qui animait la formation, un esprit qu'il a retrouvé quand il s'est impliqué au sein du conseil d'administration de l'équipe. «Une belle expérience. Ç'a été le fun de constater la dynamique du groupe et toute l'énergie que les gens déployaient.»

Parallèlement à sa carrière à l'UL, Lagrandeur a aussi été membre de la formation nationale pendant trois saisons. Mais parce qu'on le trouvait trop petit pour jouer au centre, il dit n'avoir jamais vraiment fait parti des plans de l'équipe.

«Mon humilité m'a peut-être aussi bloqué. Dans ma tête j'étais le troisième centre. Je pense que cette mentalité-là m'a empêché de prendre la place d'un des deux gars qui étaient devant moi. Mais j'ai aimé mon expérience avec la formation canadienne. La gang de gars était le fun. J'en ai profité au maximum.»

Le volleyeur a ensuite poursuivi sa carrière à Saint-Nazaire, dans le Pro B. «Ce que j'ai adoré, c'est de jouer dans une ligue les équipes étaient à peu près toutes au même niveau. Ce qui m'a fait décrocher, c'est qu'il n'y avait aucun sentiment d'appartenance, mais aussi la mentalité des gars : quand on perdait, les joueurs ne comprenaient pas pourquoi j'étais choqué. «Heille, le Canadien, il n'y a pas mort d'homme», m'a-t-on déjà dit. Et lors des séries deux de trois, la mentalité était de perdre le deuxième match si tu avais échappé le premier parce personne n'était intéressé à disputer une troisième rencontre.»

Une seule saison

Lagrandeur n'a évolué qu'une saison en France. Ayant le choix entre demeurer à Saint-Nazaire ou d'aller dans le Pro A à Narbosse, il a finalement pris la décision de revenir au Québec travailler comme architecte. 

«Ç'a aurait été une belle vie. Mais je ne regrette pas mon choix. Une carrière sportive, ça peut se terminer n'importe quand. Plus j'aurais passé du temps en Europe, plus j'aurais retardé le début de ma carrière d'architecte. Et j'avais envie de commencer dans la vie.»

Gestionnaire de projets chez Coarchitecture où il a travaillé sur de prestigieux édifices, comme la tour à la cité Desjardins à Lévis et le centre d'affaires Henri IV, l'ex-compétiteur a ensuite travaillé chez Aedifica comme chargé de compte au niveau de l'aménagement commercial de boutiques et de cafés. Dans quelques jours, il amorcera une nouvelle carrière au bureau montréalais de chez Alpha Architecture. Il y renouera avec des projets uniques de longue haleine, lui qui travaillait sur des contrats de quelques semaines où la même recette était appliquée.

Les années ont passé et Lagrandeur joue toujours au volleyball. Mais comme il a moins de temps pour pratiquer à cause de sa vie familiale - il est papa depuis peu d'une petite fille - il n'arrive plus à retrouver ses anciens réflexes et à se sentir bien sur le terrain et n'a plus autant de plaisir. Il s'amuse donc à découvrir de nouveaux sports comme le hockey et le tennis, où sa courbe d'apprentissage est fulgurante. «Le niveau d'intensité et le désir de gagner que j'avais au volley me manquent. C'est pour ça que je trippe autant sur la NFL. Les gars sont tellement crinqués sur chaque jeu.»

Ayant toujours eu plein d'idées en tête, Lagrandeur a décidé, il y a plusieurs années, de les mettre sur papier. Il a ainsi pondu des scripts, dont un scénario de film. Après avoir beaucoup lu sur le cinéma, il a vu naître en lui une passion pour l'écriture et la réalisation de longs métrages.

«En 2013, après le décès de ma mère, je suis parti en voyage pendant 18 mois avec seulement mon sac à dos et mon ordinateur et je me suis concentré sur l'écriture. Parallèlement, j'ai suivi un cours en écriture de script, à la suite duquel j'ai écrit un scénario de film et une télésérie.» 

Sur son chemin, le grand athlète a croisé une personne oeuvrant dans le domaine du cinéma à Hollywood qui a aimé un de ses scripts de long métrage et qui lui a donné un contact qu'il est allé rencontrer. Sa démarche n'a finalement pas porté fruit. «Et pour le moment, l'écriture demeure un hobby.»

Questions/réponses

Q Fait marquant?

R Avoir gagné les Jeux du Canada avec l'équipe du Québec. 

Q Personnalité marquante?

R Mon frère aîné Yan. Il était très sportif. Il a joué au baseball et au volley de haut niveau, au badminton, il a fait de la natation, etc.. Et il a performé dans tous les sports qu'il a pratiqués. Quand il avait besoin d'un partenaire, je lui servais de cobaye. Et je n'avais pas le choix de me donner.  Aussi tous les coachs que j'ai eus. Ils m'ont tous marqué, apporté quelque chose.

Q Ce qui te manque le moins?

R Les blessures, les maux de genoux. 

Q Pire match?

R Une fois dans carrière, j'ai senti que l'on ne pourrait jamais gagner. C'était en quart de finale aux championnats du monde junior, quand on a joué contre le Brésil. L'équipe brésilienne comptait trois ou quatre gars qui ont par la suite gagné championnats du monde. On n'était pas au niveau. Ç'a été expéditif. On a mangé une volée. 

Q Moments mémorables?

R Ce sont des voyages. Un voyage en Espagne et un autre en Chine où j'ai joué avec mon frère et où nous étions dirigés par Pascal Clément On a eu de bons matchs, on a vécu de beaux moments.

Q Dans 20 ans?

R Je ne sais pas. La vie m'a appris qu'elle pouvait te réserver toutes sortes de surprises. Mais normalement, je devrais être à la même place, menant une carrière chez Alpha où j'aurai fait ma place et m'occupant de famille. J'espère aussi être encore en forme. Si je suis encore capable de bouger à 56 ans comme je le fais présentement, je vais être bien content.

Q Rêve à réaliser?

R Actuellement, mon focus n'est pas à long terme. On dirait que le fait d'avoir un petit bébé ça te ramène au day to day. Je suis très famille en ce moment. Je te dirais que ma vision est plus : quand est ce que mon bébé fait ses nuits? Le biberon numéro un, le biberon numéro deux, etc.




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