Isabelle Doucet: le besoin de s'accomplir

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Maintenant employée chez SSQ et mère de deux enfants, Isabelle Doucet a notamment participé aux Jeux de Nagano comme patineuse de vitesse.

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(Québec) Depuis toujours, Isabelle Doucet est guidée par le même besoin d'achèvement. C'était le cas quand elle faisait du patinage de vitesse et ce l'est toujours aujourd'hui, tant dans son travail chez SSQ que dans son rôle de mère de deux jeunes enfants.

«J'aime avancer et aller au bout des choses et j'ai besoin d'être fière de ce que je fais», explique l'ex-spécialiste des longues distances (1500 m, 3000 m, et 5000 m). «C'est la raison pourquoi j'ai été aussi déçue à la suite de ma performance aux Jeux de Nagano. J'ai fait partie d'un groupe d'athlètes qui ont été très malades. Quand je me suis présentée à 1500 m, j'avais juste hâte qu'il finisse. Et même si je me suis mise dans le meilleur état d'esprit possible, physiquement j'étais dans l'incapacité de compétitionner.

«Quand on a tout donné, on peut s'accomplir dans une contre-performance. Mais ne pas pouvoir performer à la hauteur de ce qu'on peut faire, c'est pour moi un échec parce que l'accomplissement est nul. Avec le recul, j'ai cependant réalisé que j'avais beaucoup appris, notamment que je ne pouvais pas tout contrôler. Mon seul regret aujourd'hui, c'est que le dernier chapitre de ma participation aux Olympiques n'a pas été écrit. On ne saura jamais le résultat que j'aurais eu si je n'avais pas été malade, moi qui avais l'habitude de toujours bien performer sous la pression et qui, deux semaines avant, scorait pas mal.»

Isabelle n'a cependant pas raté l'occasion de profiter de ses Jeux, ses premiers à vie, elle qui n'avait jamais été aux Jeux du Québec ou aux Jeux du Canada. Décidée de vivre intensément son expérience avant même d'y arriver, elle a eu, après son 1500 m, la confirmation que c'est ce qu'elle devait faire à la suite d'une courte conversation avec Jean Pichette. Et mise à part sa course, elle ne conserve que de bons souvenirs de son passage à Nagano.

Tourner en rond

C'est avec humour qu'Isabelle résume sa carrière de patineuse de vitesse. «J'ai passé presque 20 ans à tourner en rond», lance-t-elle. Plus sérieusement, elle ajoute : «Mais j'ai vraiment eu du plaisir... du fun noir. Vingt-ans de patin, c'est aussi 20 ans de discipline, de liens d'amitié avec des gens et toutes sortes de belles expériences. On avait vraiment une belle gang à l'anneau de glace.»

C'est en 2003 que la patineuse a mis fin à sa carrière, soit quelques mois après avoir raté par environ deux dixièmes de seconde sa sélection pour les Jeux de Salt Lake City. Une déception beaucoup moins intense que celle qu'elle avait vécue à Nagano parce qu'elle avait la satisfaction d'avoir tout donné. Rendue ailleurs et ayant un plan B, elle était prête à accrocher ses patins. Elle n'a pas donc vécu de deuil et elle a même retiré beaucoup de plaisir à regarder les Jeux à la télé.

«J'étais bien alignée. J'avais complété un bac en activités physiques à l'Université Laval et j'ambitionnais d'aller étudier à l'Université d'Ottawa en physiothérapie. Quand j'ai tiré la plug, je suis partie toute seule en voyage en Europe avec mon pack sac sur le dos. C'est ma mère qui m'a annoncé au téléphone que j'avais été acceptée à Ottawa. À l'âge de 30 ans, je suis retournée m'asseoir sur les bancs d'école entourée de jeunes de 18 ans.»

Convaincue que la physio, qui allie à la fois la santé et le sport, comblerait toutes ses attentes professionnelles, Isabelle s'est rapidement rendu compte que si elle aimait beaucoup le contact avec les gens, elle ne le cherchait pas dans un contexte de maladie. Elle a conclu qu'elle ne pourrait pas faire toute sa vie un boulot qu'elle n'aimerait pas. Et elle a abandonné ses cours.

«Je me suis lancée dans le vide. J'y ai été avec mon feeling. J'ai été travaillé comme coordonnatrice chez Ubisoft à Montréal où j'ai goûté pour la première fois à la gestion. Par la suite, je suis déménagée à Québec. Mon bagage en activité physique et en physio m'a permis d'avoir un poste chez SSQ. Parallèlement, j'ai fait un certificat en gestion. Après être allée travailler chez un compétiteur, je suis revenue chez SSQ en 2008 quand on m'y a offert le poste que j'occupe depuis, soit celui de directrice adjointe à la santé, un travail qui touche à la santé, un domaine que j'aime encore, où j'ai vraiment un gros défi de gestion. Je gère une équipe de 26 personnes et il y a des performances et des objectifs à atteindre.»

Ayant encore besoin de défis sportifs  et d'adrénaline, Isabelle s'est initiée à la course à pied il y a quelques années, un sport permettant à la maman travaillant cinq jours par semaine de prendre du temps pour elle sans pénaliser sa famille puisqu'elle court très tôt le matin alors que les siens sont encore au lit.

«La course à pied m'a vraiment accrochée. Beaucoup plus que je le pensais. Au début, je n'avais aucune ambition de compétitionner. Mais quand tu remets la switch à on...... Un moment donné, je me suis inscrite à un 10 km. Un peu plus tard, j'ai fait un demi-marathon. Là, j'aimerais faire des marathons. Mon objectif est de réaliser un chrono qui me permettra de me qualifier pour Boston.»

Questions/réponses

Q Des idoles?

Gaétan Boucher à 100 milles à l'heure. Il a été la bougie d'allumage. 

Q Fait marquant?

R Ma qualification pour les JO de Nagano et mon cheminement pour y arriver, soit d'être passée de l'équipe du Québec à la formation olympique en quelques courses. Je vais toujours m'en souvenir, j'ai tellement souffert. J'étais finie après ma course. Mais j'ai été envahi par un immense bonheur en sortant de la patinoire.

Q Personnalités marquantes?

R Mes parents. Ils ont été avec moi les acteurs qui ont fait que tout ce que j'ai vécu a été possible. Ils m'ont tout donné, des lifts, de l'argent, etc. Et ils m'ont mis zéro pression. À chaque année, ils me disaient simplement «on te réinscrit-tu?»

Q Plus grande qualité? 

R Livrer sous la pression. 

Q Endroit marquant?

R J'ai des souvenirs de Collalbo en Italie. L'anneau est au creux des montagnes, il fait soleil, on patine. On enlève le haut, on patine en manches courtes, c'est le bonheur total. Après la course, on s'assoit sur le banc au soleil, les lames plantées dans la neige. Un anneau couvert ne battra jamais ça.

Q Prochain rêve à réaliser?

R Ma qualification pour le marathon de Boston. Et quand je le dis, je sais qu'il faut que je le fasse.




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