Marie-Hélène Martin: des pistes de ski à l'imagerie

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Ex-fondeuse de haut niveau, Marie-Hélène Martin oeuvre désormais dans le domaine de la radiologie.

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(Québec) Radiologiste et spécialisée en imagerie et en intervention musculo­squelettique, Marie-Hélène Martin possède des outils insoupçonnés. Ex-fondeuse de haut niveau, elle a un passé qui pourrait lui permettre de personnaliser ses interventions auprès de ses patients. Mais elle insiste, jamais elle ne fait référence à sa carrière sportive dans sa pratique.

«Je parle à mes patients comme le ferait n'importe quel médecin», confie la médecin spécialiste qui travaille au Centre universitaire de santé McGill. «Mais je pense que quelque part, mon passé d'athlète me permet de mieux comprendre ce qu'une blessure représente pour un athlète, son désarroi par rapport à celle-ci et son empressement à recommencer à s'entraîner.»

Il n'y a pas qu'avec ses patients que Marie-Hélène demeure discrète sur son passé. Elle l'est aussi avec ses collègues de travail. «Quand les gens me posent des questions sur ma carrière, je prends le temps de leur répondre. Mais je ne donne pas trop de détails. Mentalement, je suis ailleurs. Je ne suis plus une athlète. Je suis un médecin. Et mon but, c'est d'aider les gens», indique la spécialiste qui mentionne que la médecine a changé sa perspective de la vie.

La Dre Martin, qui travaille autant en médecine sportive qu'en oncologie musculosquelettique, fait aussi à l'occasion de l'imagerie abdominale et pelvienne. Elle explique que son travail ne consiste pas seulement à faire l'analyse de scans, de radiographies ou de résultats de résonnance magnétique. Elle doit aussi faire des interventions directes auprès des patients comme des biopsies, des drainages, des injections sous guidages échographiques, etc. Marie-Hélène enseigne aussi, tant aux jeunes étudiants en médecine qu'aux résidents qui aspirent à devenir radiologistes.

«J'ai besoin de ça dans ma pratique. C'est très stimulant de sentir qu'il y a des jeunes qui poussent. Leur énergie me permet de rester jeune. Je suis très heureuse dans ce que je fais. Je suis vraiment à ma place.»

Sélection ratée

Dans la course pour une place sur l'équipe nationale qui prendrait part aux Jeux de Nagano, Marie-Hélène a vu son rêve ultime d'athlète s'envoler quand elle a raté de très peu sa sélection. «Sur le coup, ce fut une déception», explique l'ex-fondeuse qui a cependant pu vivre les Olympiques en touriste, une expérience qu'elle a beaucoup appréciée. «Les Jeux, c'était la raison pour laquelle je m'entraînais aussi intensément. Ça aurait été fantastique d'y aller. Mais comme je suis une fille positive de nature, je n'ai pas mis beaucoup de temps à passer à autre chose.»

Décidée à entreprendre le cycle de quatre ans menant aux Jeux de Salt Lake City, Marie-Hélène a vu ses plans bouleversés quand, au terme de son bac en physiothérapie, elle a reçu une réponse positive à sa demande d'admission en médecine à l'Université Laval. Venant de rater sa qualification pour les JO, consciente qu'elle avait atteint le maximum de son potentiel sportif et qu'elle n'était pas la meilleure de sa génération et passionnée de médecine, elle a décidé de passer à autre chose et elle a peu à peu délaissé le ski de fond. 

Très heureuse d'avoir vécu sa carrière, Marie-Hélène n'en garde que d'excellents souvenirs. Des voyages, des amitiés, mais aussi des performances et des courses au cours desquelles tous les éléments étaient réunis pour lui permettre de pousser la machine au maximum sans en payer physiquement le prix. Elle en retient aussi tout le bagage que celle-ci lui a apporté et qui lui sert au quotidien. Convaincue de l'importance du sport pour demeurer en santé et se développer, elle croit qu'il faut encourager les jeunes à marier le sport, qu'il soit de haut niveau ou pas, et les études. «Être en forme physiquement, ça aide aussi le cerveau», lance-t-elle. 

Très occupée dans sa vie professionnelle et maman de jeunes enfants, Marie-Hélène a dû renoncer à s'entraîner sur une base quotidienne dans les dernières années. Mais elle a recommencé à courir et à faire du ski de fond. 

«C'est ma technique qui fait que je me débrouille encore assez bien en ski parce que ma forme physique est loin de ce qu'elle était. Mais tranquillement, je recommence à redécouvrir le plaisir des endorphines. Pour le moment, ce que j'apprécie le plus, c'est d'avoir du temps pour moi. Récemment alors qu'une de mes filles était à son cours de ski alpin, j'ai fait ski de fond. J'ai eu le sourire au visage pendant tout le temps que j'ai skié.

«J'avoue que faire du sport me manquait et que c'est le fun de pouvoir le réintégrer à ma vie. Je reprends un peu la forme et juste ça, c'est très satisfaisant pour moi. J'aimerais peut-être un jour courir un marathon, un sport pour lequel j'ai eu la piqûre alors que j'étais jeune en voyant mon père, qui était marathonien, s'entraîner ou en assistant à ses courses. Mais même si je n'avais pas d'objectif précis de temps, c'est certain qu'une fois dans la course, j'aurais besoin de pousser. C'est dans ma personnalité. Mais, je ne le ferais pas pour gagner. Juste pour ma satisfaction personnelle.»

Questions/réponses

Q Performances marquantes?

R Une course en patin que j'ai faite lors des Universiades en Pologne. J'avais eu un top 20. C'était vraiment satisfaisant, surtout que je n'avais pas d'attentes. Et ç'a avait été un super beau voyage, très intéressant au niveau culturel. Aussi, ma qualification pour les championnats du monde juniors lors de la dernière épreuve de sélection. J'avais l'impression d'avoir toute l'énergie du monde pendant ma course.

Q Personnalité marquante?

R Luc Germain que j'ai connu en bas âge et qui a été mon coach pendant des années. Il a eu une influence directe sur moi et sur ma carrière par sa passion et son énergie positive par rapport au ski.

Q Plus grande déception?

R De ne pas m'être qualifiée pour les Jeux olympiques après être passée si proche. Je me souviens que ça allait super bien dans les courses de sélection et que j'avais même fait une de mes meilleures courses en carrière, l'une de celles au terme de laquelle j'ai été la plus satisfaite. Mais c'était juste pas assez.

Q Idoles?

R Pierre Harvey et Marie-Andrée Masson. Ils étaient accessibles et super gentils. Ils venaient nous parler et ils nous encourageaient. C'était des idoles, mais aussi des modèles.

Q Plus grandes qualités?

R Je suis travaillante, disciplinée, déterminée et positive.

Q Qu'est-ce qui te manque le moins?

R L'horaire très rigide et les contraintes reliées à la vie d'athlète. Sur le coup, tu ne le réalises pas tout le temps, tu veux performer. C'est quand tu connais autre chose par la suite que tu réalises comment c'était.

Q Rêve à réaliser?

R Je me sens très comblée et très privilégiée dans ma vie actuelle. Je suis exactement là où j'aimerais être sur tous les points de vue : professionnel, familial, personnel et social. Mon grand rêve, c'est de continuer à être en santé afin de voir mes enfants grandir et de pouvoir faire des activités avec mon conjoint et ma famille et avoir du plaisir.




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