Nadine Gosselin: un cadeau du destin

La patineuse artistique Nadine Gosselin a accroché ses... (Infographie Le Soleil)

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La patineuse artistique Nadine Gosselin a accroché ses patins en 2003. Elle travaille maintenant comme spécialiste de l'exercice physique à la base militaire de Valcartier.

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(Québec) Lorsque Nadine Gosselin a amorcé la campagne 2002-2003, il était clair pour elle que cette saison serait sa dernière sur la scène du patinage artistique. Elle ne se doutait pas que le destin allait lui faire le plus beau des cadeaux. Une semaine avant les Championnats canadiens, elle a appris qu'elle irait aux Universiades, une compétition disputée à Tarvisio, en Italie, qui lui a permis de finir en beauté sa carrière.

«Les Universiades, c'était un peu pour moi comme les Jeux olympiques, même si c'était à un autre niveau», confie la Pont-Rougeoise. «Plusieurs disciplines étaient à l'affiche, il y avait une cérémonie d'ouverture, une flamme, etc. Après mes deux programmes, j'ai profité de ma semaine comme jamais je ne l'avais fait avant en compétition. J'ai fait du ski alpin, beaucoup de social, j'ai échangé des manteaux et des tuques et je suis revenue à la maison avec plein de souvenirs que j'ai encore. Le destin m'a vraiment fait un beau cadeau.»

Nadine fut très fébrile dans les instants précédant son programme long, sa dernière prestation en carrière. Avant même de commencer à patiner, alors qu'elle attendait les premières notes de la musique de sa chorégraphie, elle avait les yeux qui baignaient l'eau tellement l'émotion qui l'habitait était forte. Ayant alors toujours des chances de terminer sur le podium, elle n'a pas été capable de contrôler son stress et elle a raté l'occasion de gagner une médaille.

«Malgré tout, ce fut une semaine super. Quand je suis retournée à l'hôtel, les gens de l'équipe, en collaboration avec le propriétaire de l'hôtel, m'avaient organisé une fête. Ils m'ont donné un drapeau canadien géant sur lequel chacun avait signé un petit mot. Je vais me souvenir de ça toute ma vie.»

Si elle avait écouté son caractère impulsif, l'athlète aurait pris sa retraite un an plus tôt. Écartée de l'équipe devant participer à Skate Canada disputée à Québec, elle avait eu le goût de tout balancer par-dessus bord. Mais après réflexion, elle avait décidé de patiner une année de plus afin de prouver aux gens de l'équipe nationale qu'ils avaient eu tort de la retirer de la formation. Elle savait cependant que cette campagne serait sa dernière.

«À 25 ans, j'étais l'une des plus vieilles sur le circuit. Les Jeux olympiques suivants étaient en 2006. Continuer jusque-là, c'était un investissement de temps et d'argent. Ça m'obligeait à retarder tout le reste. Je ne progressais plus énormément, j'avais toujours autant de problèmes avec la gestion de mon stress et mes objectifs étaient inatteignables. Il était temps que je tire ma révérence. Mais je voulais patiner une dernière saison afin de pas terminer sur un échec.»

Très fière de la carrière qu'elle a menée et n'ayant aucune amertume, elle est consciente que tout au long de celle-ci, son pire ennemi a été sa gestion du stress. Elle ne regrette cependant pas de s'être mis autant de pression. «Je ne suis pas quelqu'un qui prend les choses à la légère. Je m'engage toujours à fond. Le fait d'avoir vécu des évènements aussi émotionnellement intenses me sert aujourd'hui dans ma vie de tous les jours.»

Fierté locale

Retraitée en 2003, Nadine Gosselin n'a pas mis beaucoup de temps avant de retrouver une vie «normale». Elle s'est demandé pendant quelques mois si elle avait pris la bonne décision, mais par la suite, bac de kinésiologie en poche, elle s'est lancée à la conquête du marché du travail. Elle a aussi appris qu'elle attendait son premier enfant.

Aujourd'hui mère de trois garçons, elle travaille depuis une dizaine d'années pour les Forces armées canadiennes à la base de Valcartier. Depuis sept ans, elle est spécialiste de l'exercice physique. «Je travaille avec des militaires blessés. Ce qui est difficile, c'est de composer avec le stress posttraumatique des soldats. Ce sont des gens qui ont besoin de parler. Ça demande beaucoup de compassion. En même temps, il faut comprendre que l'on ne peut pas les sauver. On peut juste les aider, mettre du soleil et des sourires dans leurs journées et les amener à se trouver de nouveaux objectifs à travers le sport.»

Même si elle est très occupée, Nadine n'a jamais tourné le dos au patinage artistique, qui demeure sa passion. Elle est entraîneure au club de Pont-Rouge, celui-là même où elle a commencé à patiner. Et après la naissance de son troisième garçon, elle a commencé à faire de la course à pied. Chaussant d'abord ses espadrilles afin de sortir de la maison et de se remettre en forme, elle s'est rapidement fixé des objectifs. En 2015, elle a fait son premier 10 km et, l'année dernière, elle a pris part à un demi-marathon à Saint-Raymond et au Marathon des Deux-Rives. «Je ne pense cependant pas refaire de marathon. Je vais me concentrer sur les demis et les 10 km.»

Les années ont passé, mais la communauté pont-rougeoise demeure toujours aussi fière de sa patineuse. Peu importe où elle va dans son patelin, elle est reconnue. Pour plusieurs personnes, elle demeure «leur petite Nadine». «C'est correct. Ce n'est pas de la pression. C'est juste un petit velours.»

Questions/réponses

Q Performance marquante? 

R Lors d'une compétition en Allemagne, alors que j'étais sur l'équipe nationale. Après le programme court, où je n'avais pas bien performé, on m'avait dit que si je ne faisais pas une performance impeccable lors du programme long, on me retirait ma prochaine compétition internationale. J'ai fait mon plus beau programme long en carrière.

Q Ce qui te manque le plus?

R Voyager.

Q Ce qui te manque le moins?

R Tous ces mauvais feelings et l'angoisse que je ressentais avant une prestation.

Q Tes idoles?

R Elvis Stojko. Je l'ai côtoyé aux championnats canadiens et quand j'ai été sur l'équipe nationale. J'ai jasé souvent avec lui. Il était super gentil, calme et apaisant. Et Michelle Kwan. Je l'ai côtoyée un peu quand je suis allée m'entraîner avec son coach à Los Angeles. Mais j'ai toujours été trop gênée pour lui parler.

Q Plus grande qualité?

R Je suis une fonceuse et une bagarreuse. Je ne baisse jamais les bras.

Q Plus grand défaut?

R Mon incapacité à bien gérer le stress. Je suis aussi impulsive. Mais en vieillissant, je prends plus le temps de réfléchir avant d'agir.

Q Dans 20 ans

R J'espère avoir un chalet sur le bord d'un lac. J'aime beaucoup la tranquillité et pêcher. Maintenant que je suis chargée de cours à l'université et que je commence à donner des labos au baccalauréat en kinésiologie, est-ce que j'aimerais être plus rattachée à l'université dans 20 ans? Peut-être. Mais je serai peut-être aussi encore avec les Forces parce que j'aime ce que je fais.




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