Paule Bertrand: besoin de se dépasser

Paule Bertrand, qui a mis fin à sa... (Infographie Le Soleil)

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Paule Bertrand, qui a mis fin à sa carrière en snowboard il y a plus de 15 ans, est aujourd'hui toujours prête à s'engager dans son milieu.

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(Québec) Même si elle a mis fin à sa carrière en snowboard il y a plus d'une quinzaine d'années, Paule Bertrand n'a pas ralenti son rythme d'entraînement. Bien au contraire! Elle se dit plus en forme qu'elle l'était à ses belles années de compétition. Après avoir couru des 5 et des 10 km et même un demi-marathon, elle s'est passionnée pour la course en sentiers où son plus récent exploit est sa participation, l'automne dernier, au 65 km de l'ultra-trail Harricana.

«On dirait que j'ai encore davantage le goût d'être en forme», explique la Trifluvienne d'origine, qui a commencé à courir après la naissance de ses enfants. «C'est peut-être une manière de contrer le vieillissement. Mais c'est surtout parce que j'ai toujours le besoin de me dépasser. Et quand tu mets le doigt dans l'engrenage des sports d'endurance, tu ne peux plus t'arrêter. Ça devient comme un besoin; un besoin de dépasser tes limites et de découvrir des choses sur toi-même. 

«La course en sentier, ç'a été une révélation pour moi. C'est ressourçant, c'est du plaisir à l'état pur. Lors des compétitions, l'ambiance est vraiment amicale. Tu n'es pas en compétition avec les autres, tu l'es avec toi-même. Le but, ce n'est pas de dépasser la personne qui est devant toi, c'est de donner le maximum de ce que tu as. Et si tu l'as fait, tu es satisfait.»

Paule a d'abord fait carrière en vélo de route et en voile, où elle a représenté le pays aux Championnats du monde junior, avant de briller sur la scène internationale de snowboard d'où elle a pris sa retraite en 2001. Même si son plaisir de faire de la planche était toujours aussi présent, sa flamme pour la compétition commençait à vaciller. D'abord parce que la plupart de ses coéquipiers de longue date avaient pris leur retraite après les Jeux de Nagano. Mais aussi parce qu'elle sentait qu'elle était allée au bout de son rêve. Parallèlement, elle avait le goût de se retrouver sur le marché du travail. 

«Par la suite, tout s'est enchaîné. Mon chum et moi avons déménagé à Saint-Ferréol, nous nous sommes construit une maison et en 2002, j'ai accouché de mon fils. Mais même si je n'ai pas vraiment eu de regret d'avoir pris ma retraite, j'ai quand même ressenti un petit pincement au coeur en regardant les Jeux de Salt Lake City. Et pendant quelques années, je n'ai pas eu le goût d'assister aux Coupes du monde de snow à Stoneham parce que je savais que ça m'aurait fait quelque chose de ne pas y compétitionner. Aujourd'hui, je suis extrêmement fière de ma carrière. J'en garde un bagage précieux qui me sert toujours.»

Très active dans le milieu

Après sa retraite, Paule n'a jamais cessé de faire de la planche. Elle a cependant troqué son équipement de «racer» pour celui de «free rider» et elle s'est amusée dans les pistes et dans les sous-bois. Son garçon et sa fille faisant du ski de fond et du vélo de montagne de compétition, elle et son conjoint pratiquent aujourd'hui davantage ces disciplines. Paule est aussi très active dans son milieu. Elle est toujours prête à s'impliquer dans des projets, comme à l'école de ses enfants dans le programme sciences-sport-plein air, ou comme dans sa communauté avec le club de vélo. Son conjoint et elle sont aussi famille d'accueil de Marot, un chien appartenant à Mira.

Bachelière en administration, la résidente de Saint-Ferréol a été employée dans son domaine pendant quelques années. Ayant la fibre entrepreneuriale et lasse de travailler derrière un ordinateur, elle a cependant rejoint Le Groupe Nomade, l'entreprise de rénovation de son conjoint. «Je passe la moitié de mes semaines à m'occuper de l'administration de la compagnie et pendant l'autre, je fais de la peinture et du sablage. Ça aussi, c'est très physique. J'ai appris sur le tas comme on dit en étant entourée de gens qui avaient des formations et de l'expérience dans le domaine. Être son propre employeur, ça n'a pas de prix pour moi. J'aime la liberté que ça m'apporte.»

«Placement pour la vie»

Heureuse de voir ses enfants faire du sport, Paule l'est encore plus qu'ils aient choisi des sports d'endurance. «C'est un placement pour la vie, là. Quand tu arrêtes de faire de la compétition, tu as l'entraînement inscrit en toi. C'est l'héritage que je veux leur laisser. Qu'ils aient le goût de s'entraîner toute leur vie parce que c'est la base de la santé et du bien-être. Et quand ils vont dans des courses, je ne mets jamais de pression. L'important, c'est qu'ils soient contents et qu'ils aient donné le meilleur d'eux-mêmes.

«C'est certain, j'ai parfois le goût qu'ils vivent ce que j'ai vécu comme athlète. Mais s'ils ne le font pas, mais qu'ils sont bien dans leur peau et qu'ils sont heureux, je vais être contente.»

Le temps faisant son oeuvre, comment la jeune femme anticipe-t-elle le moment où elle devra ralentir? «Je ne réalise pas encore que je devrai le faire parce que j'ai plein d'amis qui ont eu 50 ans et qui sont toujours super en forme. Je me dis que j'ai encore 10 ans devant moi. Et à vrai dire, je ne pense pas au jour où je devrai ralentir. Ah, ça non! (rires).»

Questions/réponses

Q Performances marquantes

R Mes deux médailles d'or aux Championnats canadiens à Tremblant (slalom et slalom géant). L'automne auparavant, je m'étais cassé la cheville. Ce n'était pas évident de reprendre l'entraînement après quasiment six semaines en arrêt. Mais je m'étais prouvé que j'étais capable de surmonter les épreuves et de remonter la pente rapidement. Et en plus, c'était chez nous, devant ma famille et mes amis.

Q Plus grande déception 

R De ne pas être allée aux Jeux olympiques. À cause de la culture sociale, les JO, c'est comme l'aboutissement d'une carrière. C'est mal fait.

Q Personnalité marquante

R Mon coach en snowboard David Ruel. C'est pas mal lui qui m'a tout appris. II a fait une différence dans ma carrière. De ne pas l'avoir comme entraîneur avec l'équipe nationale, ç'a été une déception et ç'a un peu joué sur ma motivation.

Q Plus grande qualité

R La persévérance. De pas lâcher, de continuer et de rebondir malgré toutes les embûches.

Q Plus grand défaut en tant qu'athlète

R Je n'étais pas souvent satisfaite de moi-même. J'étais très exigeante au niveau des résultats.

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