Étienne Drapeau: glorieux passé presque oublié

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Alors que certains se rappelleront d'Étienne Drapeau comme étant un joueur de hockey, l'ex-centre évolue désormais dans le domaine de la musique latine.

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(Québec) Pendant des années, le nom d'Étienne Drapeau a été associé au hockey. Rêvant de jouer dans la LNH, il a même touché à son rêve quand le Canadien l'a repêché en 1996. Une vingtaine d'années plus tard, il demeure une figure bien en vue au Québec. Mais c'est en tant que chanteur qu'il est maintenant connu, son passé de hockeyeur sombrant peu à peu dans l'oubli.

«Si les gens y pensent de moins en moins, ça veut peut-être dire que je réussis de mieux en mieux comme chanteur, confie le natif de Québec. Et c'est certain qu'un moment donné, les gens, à part ceux qui me connaissent vraiment bien, vont ignorer complètement que j'ai joué au hockey. Mais ce passé est gravé dans mon coeur et dans ma tête. Je serai toujours fier d'avoir atteint le niveau que j'ai atteint et d'avoir été repêché par le Canadien.»

Amorcée au tournant du nouveau millénaire, la carrière artistique de Drapeau a pris ses racines des années auparavant. Son père étant amoureux de littérature, il a eu accès à des bibliothèques remplies d'oeuvres de grands auteurs qu'il a dévorées dès l'âge de 12-13 ans et qui lui ont donné le goût d'écrire. Il a aussi pris des cours de piano pendant une dizaine d'années.

«C'est quand même le hockey qui prenait la plus grande place dans ma vie. Je rêvais de jouer dans la Ligue nationale. Mes murs étaient tapissés de photos de Mario Lemieux, de Wayne Gretzky et de joueurs des Nordiques. Et à partir de mon année midget AAA, il n'y a plus eu aucun doute que c'est ça que je ferais dans la vie.»

L'ex-centre a eu de la difficulté à marier ses deux passions quand il a fait le saut dans le junior. Malgré son côté rassembleur, il se sentait bien seul. Il se cachait pour écrire de la poésie et il transportait sa guitare dans un sac à l'abri des regards. «Quand je suis arrivé dans les ligues mineures, j'ai joué dans des bars. Mais je n'en parlais pas. Je savais que les coachs n'aimaient pas ça.»

Drapeau a pris tous les moyens pour jouer dans la LNH. En fin de carrière, il a même adopté un style plus physique. «J'étais prêt à en manger des claques sur la gueule si c'est ce qu'il fallait que je fasse pour réaliser mon rêve.»

De moins en moins heureux sur une patinoire et ayant le mal du pays, Drapeau a commencé à préparer sa nouvelle carrière parallèlement au hockey. Comblé par son expérience de chansonnier à Québec, il s'est monté un tour de chant de trois heures. Et après chaque entraînement, il répétait son spectacle. Il a accroché ses patins au terme de la saison 2001-2002. «Après mon dernier match des séries avec les Sabercats de Tacoma, j'ai pleuré pendant au moins une heure avec tout mon équipement sur le dos. Je savais que le hockey, c'était fini. Je n'ai pas tourné la page. Je l'ai arrachée. Et je n'ai eu aucun regret. J'étais un artiste et j'avais envie de partager ma passion, la langue, les mots, la poésie, de jouer de la musique et de chanter. À chaque fois que je prenais ma guitare, j'étais tellement heureux...»

Un à un

Lancé dans le monde du showbizz grâce à son passage à Star Académie, Drapeau a toujours mené sa carrière à sa manière. Il a demandé à être libéré de son contrat avec les Productions J et il a été son propre producteur. Ses fans, il les a gagnés un par un.

«J'ai commencé en bas de l'échelle. Personne n'a joué le premier extrait que j'ai envoyé à la radio. Et je ne faisais pas de spectacle. J'ai donc fait une tournée dans les centres d'achats. Et parce que je n'étais pas capable d'avoir un rendez-vous avec la personne qui s'occupait de la distribution des albums chez Sélect, je me suis rendu où elle travaille pour la rencontrer. J'ai attendu tout l'avant-midi qu'elle accepte de me voir. Et je suis retourné en après-midi. Quand je suis parti, j'avais un contrat.»

Auteur de cinq albums, Drapeau a fait sa place dans le monde du showbizz québécois. Il a fait Don Carlos dans la deuxième version de Don Juan, chanté à l'Olympia de Paris avec Linda Lemay et il n'a jamais cessé de faire des spectacles.

«J'ai une bonne base de fans. J'ai eu sept numéros un à la radio, mon troisième album a presque été disque d'or et j'ai fait des tournées où j'ai rempli mes salles. Mais ce qui me fascine, c'est que je gagne encore des fans.

«Aujourd'hui, je boucle la boucle sur les 10 premières années sur disque en lançant, le 14 février, un album compilation de mes 15 plus belles chansons et en partant en tournée pour deux ans.»

L'ex-hockeyeur profitera aussi des prochains mois pour amorcer sa carrière internationale en enregistrant un album en espagnol où il reprendra ses plus belles chansons traduites et adaptées sur le rythme de la baciata, le nouveau courant musical dans le monde latin, une musique très sensuelle et sexy. En plus de prendre des cours d'espagnol, il a passé trois mois en République dominicaine où il a lancé un premier extrait et une première vidéo.

«Je veux devenir le premier Québécois francophone à percer le marché international via le monde latin. À ma connaissance, ça c'est jamais fait.»

Questions/réponses

Q Plus beau moment de ta carrière?

R Sur un pied d'égalité, le but que j'ai compté avec le Canadien contre les Rangers en match présaison et mes deux repêchages, soit quand les Mooseheads m'ont sélectionné au tout premier rang en 1994 et quand le Canadien m'a choisi en quatrième ronde (99e) en 1996. 

Q Performance marquante?

R Mon année midget AAA avec les Gouverneurs de Sainte-Foy. Ma plus grosse saison à vie. Trente-trois buts, 44 passes en 44 matchs. J'avais été le joueur de l'année chez les Gouverneurs et j'avais été élu dans l'équipe d'étoiles de la Ligue.

Q Musique que tu écoutes?

R Depuis deux ou trois ans, presque juste de la musique latine. Ça m'a fait du bien. Ça m'a permis de décrocher un peu de ce qui se fait au Québec et d'ouvrir mes horizons au niveau musical. Mais toute ma vie, j'ai écouté les grands auteurs français et québécois dont les succès sont repris dans les boîtes à chansons.

Q Idoles de jeunesse?

R Wayne Gretzky et les joueurs des Nordiques.

Q Plus grande déception?

R Le jour où j'ai appris que je ne signerais pas de contrat avec le Canadien et que je suis devenu joueur autonome. 

Q Dans 20 ans?

R Je me vois toujours faire carrière dans la chanson, ici au Québec mais aussi partout à travers le monde latin. C'est mon rêve.

Q Plus grande qualité?

R Je suis humain, autant comme personne que dans les chansons. Il y a une humanité et une grande sensibilité qui émanent de moi.

Q Plus grand défaut?

R Dans une maison, je suis une nullité dans ce qui touche les travaux manuels et je ne sers à rien dans les tâches ménagères. Je n'aime pas faire le ménage et je ne fais pas la cuisine. C'est peut-être ça qui m'a causé le plus de soucis dans ma vie de couple. (Rires)

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