François Sylvain: une vie dans la neige

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S'étant d'abord illustré sur les pistes dans les années 80, François Sylvain est toujours actif dans le domaine du sport qui l'a toujours passionné.

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(Québec) François Sylvain a passé presque toute sa vie dans la neige. Skieur talenteux qui a brillé sur la scène régionale à compter des années 80, il a par la suite toujours travaillé dans des domaines reliés de près à sa grande passion pour le ski. D'abord chez le fabricant de canons à neige Turbo Crystal, puis dans la conception et la fabrication de skis, notamment au sein de l'entreprise Altai Ski qu'il a fondée avec Nils Larsen en 2009.

«Travailler pour Turbo Crystal, c'était le meilleur des deux mondes», explique le spécialiste du slalom et du slalom géant. «Pendant sept-huit ans, j'ai été sur la route. J'installais des canons à neige et je faisais du développement. Il n'y a pas une place sur la terre où il y a une station de ski où je ne suis pas allé. J'ai pu faire une transition en douceur entre ma carrière et le monde du travail. Et ça m'a aidé à faire mon deuil.

«Par la suite, j'ai eu envie de sortir des garages. Avec l'expérience que j'avais acquise en recherche et développement et en dessin par ordinateur, j'ai décidé de me lancer dans la fabrication de skis. Ça, c'est le summum!»

Sylvain a d'abord fondé Veltek. Par la suite, il a travaillé chez Trak Sports en tant que designeur de skis puis chez K2 et G3 Genuine Guide Gear. C'est par la suite qu'il a lancé Altai. Ses premiers skis, il les a conçus et fabriqués dans sa grange derrière sa maison.

«On est à l'avant-garde. Les grands manufacturiers vont dans une direction et les petits tracent la voie du futur. On travaille avec des pro-riders extrêmement doués qui ont des idées de fou. Notre objectif, c'est de toujours améliorer les performances. Les bons designeurs sont des gars qui ont un énorme bagage de ski et qui sont capables de prendre le feeling sur la neige et d'emmener ça à l'usine pour faire des planches qui ont du bon sens.»

Il y a un monde entre l'équipement que Sylvain utilisait quand il compétitionnait et celui qu'il possède aujourd'hui. L'année passée, pour le plaisir, il a skié au mont Sainte-Anne avec son kit de l'équipe du Québec. «Une journée de souffrance! Lors de mes trois premières descentes, c'est comme si je n'avais jamais skié de ma vie. L'équipement d'aujourd'hui, c'est magique. Et dans cinq ans, il sera encore meilleur. On va découvrir de nouvelles combinaisons de matériaux et de nouvelles géométries et on va améliorer des petites affaires qui ont l'air insignifiantes, mais qui feront une grande différence.»

Un regret

C'est en 1987 que le technicien a mis fin à sa carrière. Trop vieux pour demeurer dans l'équipe du Québec malgré de bons résultats lors des championnats provinciaux et n'ayant pas de place sur l'équipe nationale, il a renoncé à skier sur la scène internationale. Mais il n'a pas arrêté de courir pour autant.

«À l'époque, il y avait l'équipe Skibec vétéran qui nous permettait de continuer à compétitionner la fin de semaine. J'ai fait des courses de catégorie FIS jusqu'en 1995. Et j'ai continué à skier fort. J'étais le meilleur des moins bons (rires). Je me souviens qu'à ma dernière course, j'ai fini juste devant Bode Miller dans une manche et il a terminé juste devant moi dans l'autre. Bon, il était 10 ans plus jeune que moi, mais quand même...»

Sylvain a eu beaucoup de plaisir à courir avec Skibec vétérans, où son premier objectif était de se faire plaisir dans les pentes. Et le fait de n'avoir aucune pression lui a permis d'obtenir de bons résultats.

«C'est l'histoire de ma carrière. Chaque fois que je suis allé officiellement sur l'équipe du Québec, j'ai moins performé. Quand j'ai fini quatrième au championnat canadien, j'étais sur l'équipe Skibec et je conduisais la van des jeunes. Je n'avais pas de pression, je performais, mais quand j'en avais, ce n'était pas facile. Et on ne pouvait pas compter sur des psychologues du sport.»

Même s'il n'a pas réalisé les rêves qu'il caressait, le technicien est satisfait de sa carrière et il en garde de bons souvenirs. Elle lui a notamment permis de nouer des liens serrés avec des gens qu'il côtoie toujours et de vivre des expériences extraordinaires. Il n'a qu'un seul regret : ne pas avoir eu en poche un DEC lorsqu'il a mis fin à sa carrière.

Les années ont passé et François Sylvain, qui a gardé son surnom de Velours, un surnom dont il a hérité après avoir fait des courses avec un pantalon en velours qui lui avait valu de nombreuses moqueries, est toujours le skieur énergique qu'il était. Mais à cause de l'âge, il doit ralentir.

«Tu n'as pas le choix de l'accepter. Tu réalises que pour continuer à faire ce que tu aimes, il faut que tu aies une bonne hygiène de vie. Mais tu te bats quand même contre ça. À 50 ans, une journée de ski intense, ça va. Mais cinq de suite comme je m'en vais faire, c'est sûr que quand je vais me lever la cinquième journée, ça va me prendre deux Advil, des étirements et un bon bain chaud. Mais ce n'est pas difficile pour moi de ralentir dans les pistes. Je suis conscient que je ne peux plus tout faire. Et je suis un peu plus craintif et prudent... sauf de temps en temps (rires).

Questions/réponses

Q Fait saillant de ta carrière?

R Ma quatrième place au championnat canadien. Quand tu figures parmi les cinq meilleurs dans une discipline, peu importe laquelle, pour moi c'est le top.

Q Personnalités marquantes?

R Il y en a plein. Quand tu es un athlète, tu es façonné par plein de coachs. Mais je dirais Marie Couture, qui est encore là aujourd'hui et qui est toujours aussi passionnée.

Q Plus beau souvenir?

R Chacune de mes victoires, que ce soit une course de club, une course provinciale, etc. Parce qu'à chaque fois que tu gagnes, tu ressens une très grande satisfaction.

Q Plus grande déception?

R Ne pas être allé aux Jeux olympiques; même si, maintenant, ce n'est pas une si grande déception, à l'époque, ce fut pas mal tough.

Q Idoles de jeunesse?

R Ingmar Stenmark et Alberto Tomba. Au Canada, Alain Villiard, Jim Read et les Crazy Canucks. 

Q Dans 20 ans?

R Je sais exactement où je vais être. Au pied du mont Sainte-Anne dans la cabane (maison off the grid) que je compte me bâtir. Je vais profiter de la vie au maximum et m'occuper de faire du bois pour chauffer ma cabane pendant l'hiver.

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