Xavier Delisle: se battre pour vivre

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Après une carrière au hockey écourtée en raison d'un cancer, Xavier Delisle (qui a notamment joué avec les Citadelles, voir photo plus haut) est courtier dans le domaine immobilier.

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(Québec) Xavier Delisle n'a jamais décidé de mettre un terme à sa carrière de hockeyeur à l'âge de 29 ans. La vie s'en est chargé. Mais le fait de tourner la page sur un chapitre important de son existence n'a jamais provoqué chez lui de remise en question profonde. Aux prises avec un lymphome Hodgkinien, il n'avait qu'une idée en tête, se battre pour vivre.

«J'avais de jeunes enfants à l'époque. Même si je n'avais pas de métastases et que les chances de guérison de mon type de cancer étaient très grandes, le cancer, ça fait toujours peur. Pendant deux ans, la seule chose à laquelle j'ai pensé fut de guérir. Et ç'a été tough. J'ai eu beaucoup de chimio et de radio. À la longue, mon corps a développé de la résistance. On a dû me donner une chimio plus forte et en plus grande quantité. Mes traitements ont été prolongés et j'ai même dû recevoir une greffe de moelle osseuse», explique l'ex-hockeyeur en rémission depuis 2008.

Delisle aurait eu toutes les raisons de se révolter contre la vie. Il a préféré affronter la maladie plutôt que de s'apitoyer sur son sort. Il a abordé son cancer comme s'il s'agissait d'une mauvaise séquence au hockey. La maladie vaincue, il a recommencé à s'entraîner afin de recommencer à jouer au hockey. Une blessure au dos qu'il avait traînée une bonne partie de sa carrière a cependant mis fin à ses ambitions.

«À ce moment-là, tu te poses des questions et tu demandes ce que tu vas faire. J'administrais le bloc appartement que ma blonde avait acheté. C'est quelque chose que j'aimais faire. J'ai donc suivi une technique en administration immobilière. Après avoir fait un stage dans une entreprise, j'ai commencé, avec ma blonde qui était courtière immobilière, à acheter des immeubles locatifs. Comme je m'intéressais aussi beaucoup à son travail, elle m'a convaincu de suivre un cours de courtage et de travailler avec elle. Je commence ma septième année comme courtier.»

Bien qu'il ait été sous les feux de la rampe, Delisle mentionne qu'une majorité des personnes qu'il croise dans son travail ignore son passé de hockeyeur. Et jamais il n'en fera mention lors d'une première rencontre. «Je ne suis pas reconnu tant que ça et ça fait mon affaire. Mais si quelqu'un me reconnaît et qu'il me pose des questions, c'est avec plaisir que je vais lui répondre.»

De Québec au Canadien

Delisle a joué tout son hockey mineur à Québec avant de se retrouver, à l'âge de 16 ans, avec les Bisons de Granby. Sixième choix du Lightning au repêchage de 1996, il a terminé son stage junior en beauté en décrochant la Coupe Memorial en 1997 avec les Prédateurs de l'entraîneur-chef Michel Therrien. Troqué au Canadien en décembre 1999, il s'est retrouvé avec les Citadelles dans une transaction qui, selon ses dires, a donné un second souffle à sa carrière. «J'ai adoré évoluer à Québec. J'y ai retrouvé ma famille et mes amis qui venaient me voir jouer au Colisée. Ça me mettait un peu de pression mais j'aimais ça.

«Avec les Citadelles, j'ai aussi retrouvé deux coachs que je connaissais bien, soit Michel Therrien et Éric Lavigne. J'ai bien fini l'année en obtenant 45 points en 42 matchs. L'été suivant, le Canadien m'a offert un contrat. Ça m'a permis de jouer un peu dans la Ligue nationale [14 matchs].»

Libéré par le Tricolore au terme de la saison 2001-2002, le petit centre s'est tourné vers l'Europe pour poursuivre sa carrière. Il a joué deux saisons à Augsburg puis il a ensuite évolué à Wolfsburg.

«Je considère avoir eu une belle carrière. Tous les petits gars qui jouent au hockey rêvent d'évoluer dans la Ligue nationale. Et moi, je l'ai fait. Mon rêve, j'y ai touché. C'est certain que j'aurais aimé faire carrière dans la LNH. Mais dans le temps, le hockey était différent. On misait uniquement sur les gros bonshommes. Des petits joueurs, il n'y en avait pas beaucoup.

«J'ai cependant eu beaucoup de plaisir à jouer en Europe. On y gagne bien sa vie. Comme tous les pays sont proches, on peut voyager beaucoup. J'ai eu de belles années là-bas avant que la maladie me frappe.»

Delisle avoue que le hockey ne lui manque pas. Toujours aux prises avec des problèmes de dos, il n'a pas revêtu son équipement depuis six ou sept ans. Et c'est sur la patinoire extérieure en compagnie de son fils qu'il aime jouer. «Ce qui me manque, c'est l'excitation, l'adrénaline et la nervosité que l'on ressent avant un match important. L'esprit de gang aussi.»

Soucieux de sa condition physique, Delisle s'est aménagé une petite salle d'entraînement dans le sous-sol de sa résidence. On y trouve des poids, une bicyclette stationnaire et un elliptique. Il s'y entraîne cinq fois par semaine. Il fait aussi du ski et de la course à pied. Il avoue que mentalement, son cancer l'a peut-être un peu changé.

«Je vois plus les petits bonheurs de la vie comme les moments en famille, les soupers, etc. et j'en profite davantage. Des fois, je m'arrête et je me trouve très chanceux. Je ne sais pas si c'est à cause de mes enfants, de la maturité ou de mon cancer. C'est peut-être un mélange des trois finalement.»

Questions/réponses

Q Fait saillant?

R Mon premier but dans la Ligue nationale (2000). Un beau but réussi avec le Canadien sur une échappée contre Martin Brodeur. Quand je suis revenu sur le banc, j'avais l'adrénaline dans le piton. Collectivement, c'est la Coupe Memorial avec les Prédateurs.

Q Personnalité marquante?

R Éric Lavigne qui m'a coaché cinq ans au hockey mineur. C'était un bon gars. J'ai appris à aimer le hockey avec lui. Et Michel Therrien. Quand il est arrivé à Granby, j'ai pas juste appris à gagner. J'ai aussi appris à ne pas se satisfaire juste de la victoire. Il fallait aussi bien jouer. Les deux étaient chez les Citadelles en 1999. Ils m'ont fait confiance, j'ai retrouvé mes moyens et, par la suite, j'ai joué dans la LNH.

Q Idoles de jeunesse?

R J'étais un fan des Nordiques. Anton Stastny était mon joueur préféré.

Q Un rêve?

R Pour mes 40 ans, ma blonde et moi, on se paie un voyage sur un catamaran privé. On va passer 10 jours dans les Bahamas à naviguer en mer, à faire de la plongée et à visiter les petites îles qui seront sur notre itinéraire. Il paraît que c'est paradisiaque. C'est un voyage qui va me sortir de ma zone de confort. 

Q Où te vois-tu dans 20 ans?

R Je me vois toujours travailler dans l'immobilier à Québec. J'aimerais que mes trois enfants, ma conjointe et moi, on soit toujours en santé. Et je me vois grand-père. J'adore beaucoup les enfants. Et quand tu es grand-parent, tu as toujours le beau rôle. Je souhaite aussi beaucoup voyager avec ma blonde.

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