La vie de Samuel Audet-Sow changée par le basket

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Même s'il n'a pas réalisé son rêve de jouer dans la NBA, l'ancien joueur vedette du Rouge et Or Samuel Audet-Sow considère que le basketball lui a apporté beaucoup, même à l'extérieur du court.

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(Québec) Samuel Audet-Sow n'a jamais réalisé le grand rêve qu'il caressait quand il était jeune, soit de jouer dans la NBA. Mais lorsqu'il regarde ce que sa passion lui a apporté, l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or en vient à la conclusion que le basket a changé sa vie.

«Je dois tout au basket, lance-t-il. Plus jeune, je n'étais pas nécessairement celui qui avait le plus confiance en lui-même mais le basket m'a permis de prendre ma place. À l'école, je n'étais pas le meilleur étudiant mais grâce au basket, j'ai obtenu un diplôme. Le basket m'a aussi permis de rencontrer ma femme il y a 20 ans, une personne que je suis ultra chanceux d'avoir dans ma vie. Marie-Hélène est courageuse, c'est une battante et elle a toujours eu une attitude positive, des qualités qu'elle m'a insufflées en plus de toujours comprendre ce que je devais vivre au niveau sportif. Et par ricochet, je dois donc au basket ma famille.»

Même s'il n'a jamais réalisé son rêve, Audet-Sow a quand même goûté aux circuits professionnels. Il a joué en Belgique puis en France. De retour au Québec, il a défendu les couleurs des Kebs. D'abord en 2007-2008, puis à compter de 2009-2010. Il a évolué pendant deux campagnes avec la formation québécoise avant de finalement tourner la page sur les pros.

«Je garde de bons souvenirs des Kebs. J'y ai vécu des expériences de basket très excitantes. Et ça m'a permis de mettre des choses en perspective et d'apprécier le chemin parcouru. Moi qui avais commencé ma carrière au Collège de Lévis dans le juvénile A, je me suis retrouvé à quelques occasions contre d'anciens joueurs de la NBA et j'ai été capable de tenir mon bout. Ça m'a permis d'être un peu plus en paix avec moi-même.

«Au niveau collectif, ç'a aussi été de belles années. On n'était pas parmi les meilleurs clubs de la ligue. Mais il y avait un grand sentiment de fierté à cause de la présence de gars comme Charles Fortier, Jean-Philippe Poulin et Dominique Soucy et moi. En tant que Québécois, on voulait se faire respecter par les Américains.»

Parlant de son rêve de jouer dans la NBA, Audet-Sow confie que celui-ci s'était estompé au fur et à mesure qu'il avait pris conscience de ses limites. Dès l'âge de 17-18 ans, il a révisé ses objectifs. «Je me suis dit : si je réussis à me tailler une place dans une équipe européenne, ça va être un beau succès. Mais en mettant les pieds en Europe, j'ai encore revu mes objectifs. J'ai compris que j'allais être plus un gars des ligues professionnelles mineures.

«Si on veut avoir du succès, il faut être en mesure de s'autoévaluer. Il ne faut jamais niveler vers le bas mais il faut que tu aies les deux pieds sur terre sinon tu vas passer à côté de ce que tu es capable de réaliser. Je n'étais pas un talent exceptionnel mais j'étais plus grand que la moyenne, plus costaud et je sautais haut. Mais dans le milieu du basket, des gars comme moi, il y en avait une tralée.

«Aujourd'hui, quand je fais le bilan de ma carrière, je suis mi-figue, mi-raisin. Il y a beaucoup de j'aurais... Mais je suis quand même capable de reconnaître que je partais de loin. Et j'en garde une certaine fierté. Je suis heureux de ce que j'ai réalisé. Je ne pense pas que j'aurais été capable d'en faire plus.»

La famille

Audet-Sow n'a jamais voulu s'accrocher à sa carrière de basketteur. Quand il a senti que celle-ci rendait le mariage travail-famille trop complexe, il a compris qu'il était temps d'y mettre fin. «La vie m'a envoyé un signal. Ç'a été une décision difficile mais j'ai fait le bon choix. Et j'en suis très fier.»

Travaillant aujourd'hui chez Desjardins, Audet-Sow est conseiller en conformité, un domaine en relation avec sa formation universitaire en droit. Toujours aussi actif physiquement, il garde la forme en courant, en faisant de la musculation quatre fois par semaine et en jouant trois fois par semaine au basket dans des ligues récréatives.

«Le monde me dit que je vais regretter mon style de vie à 50 ans. Mais j'ai presque 37 ans et je me sens assez en forme. L'année passée, j'ai joué pour l'équipe civile du Rouge et Or qui est allée en Chine. Je sais cependant qu'un jour, je vais devoir passer à autre chose. Je diversifie donc mon porte-monnaie. J'ai recommencé à jouer au soccer et ma femme m'a proposé de faire des arts martiaux.»

Désireux de redonner à son sport, Audet-Sow a aussi commencé à faire du coaching auprès de jeunes de première et deuxième année. Il est aussi administrateur au C. A. du Rouge et Or basket. L'implication qui lui tient cependant le plus à coeur est le projet de sa conjointe Marie-Hélène Pedneau qui, après avoir vaincu un cancer, s'est fixé comme objectif de prendre part aux Jeux mondiaux des maîtres disputés en Nouvelle-Zélande en avril. Une collecte de fonds a été organisée en collaboration avec la Société de recherche sur le cancer (goo.gl/VqK0hY) et 35 % de la somme recueillie ira à son projet.

«C'est à son tour de vivre quelque chose de gros. Elle a toujours été là pour me soutenir quand  je vivais des expériences cool

Questions/réponses

Q Idoles de jeunesse?

R Je n'en avais pas. Il y a des joueurs que je trouvais cool mais je ne cherchais pas à les imiter. Des gars comme Shaquille O'Neal et Michael Jordan qui m'impressionnait parce qu'il faisait des choses «extra-terrestres».

Q Personnalité marquante?

R Jacques Paiement qui a joué un rôle important à un moment donné dans ma carrière, et Charles Fortier, un méchant compétiteur, qui m'a toujours poussé à me dépasser. Dominique Soucy et Koran Rivers ont aussi eu beaucoup d'impact dans ma carrière.

Q Performances marquantes?

R Mon premier match en Belgique. Parce que l'on affrontait une équipe d'une division inférieure et parce que moi, j'étais étranger, les règles de la compétition faisaient que l'on commençait la rencontre avec un déficit de 0-20. J'étais très nerveux. C'est là que mon club allait voir si ça valait la peine de me donner un contrat. J'ai fait 51 points et on a gagné par 30.

Q Plus grande qualité?

R Je suis déterminé. Au basket, je savais que j'allais tomber, avoir des contre-performances, être moins bon un jour mais je continuais toujours à jouer peu importe ce qui arrivait. J'étais toujours là.

Q Plus grands défauts?

R Je suis trop orgueilleux. Je devrais l'être moins mais c'est plus fort que moi. Je travaille là-dessus presque tous les jours mais c'est comme cogner sur une grosse roche avec un marteau, ça marche pas (rires).

Q Dans 20 ans?

R J'espère avoir une belle famille. J'ai hâte de voir mes enfants quand ils vont être grands.

Q Rêve à réaliser?

R J'espère pouvoir retourner à Ouagadougou, au Burkina Faso, là où je suis né, avec ma femme et mes deux enfants. J'aimerais leur montrer où j'ai grandi, où je jouais, où j'ai commencé à jouer au basket, etc. J'ai tout mon circuit en tête.

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