Marie-Odile Raymond: faire la différence

Ayant réalisé son rêve olympique à Nagano en... (Le Soleil, Patrice Laroche et Archives Le Soleil)

Agrandir

Ayant réalisé son rêve olympique à Nagano en 1998, l'ex-fondeuse Marie--Odile Raymond rêve de pouvoir faire de l'aide humanitaire, particulièrement en Afrique.

Le Soleil, Patrice Laroche et Archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Marie-Odile Raymond a toujours eu en elle un besoin d'aider. Un héritage qui lui vient de sa mère impliquée au sein de Médecins sans frontières. Il ne faut donc pas se surprendre de voir l'ex-fondeuse de l'équipe nationale enseigner au primaire, être coach de jeunes de 9 à 13 ans au Club nordique Mont-Sainte-Anne et travailler comme bénévole, et de savoir qu'elle rêve de faire de l'aide humanitaire.

«J'aime sentir que je peux faire une différence dans la vie des gens et les aider et les encourager à réaliser leurs rêves», explique l'athlète qui se décrit aussi comme une globe-trotteuse. «C'est important pour moi. J'aimerais donc un jour aller en Afrique pour travailler en enseignement ou en biologie. Pour le moment, c'est impossible à cause de mes responsabilités familiales. Mais quand mes trois enfants auront grandi, je le ferai peut-être. Il y a tellement de gens dans le besoin sur notre planète.»

Bachelière en bioagronomie, Marie-Odile a travaillé six ans pour une compagnie en environnement qui s'occupait de gestion de matières résiduelles. Elle s'est cependant lassée de la bureaucratie et l'idée d'enseigner lui a trotté dans la tête. Et elle a quitté son emploi pour retourner étudier à l'Université d'Ottawa.

«Être en contact avec les jeunes, c'était comme un monde de rêve et de passion pour moi. Aujourd'hui, je suis enseignante à Baie-Saint-Paul et à la commission scolaire des Premières-Seigneuries. Je travaille aussi en réadaptation scolaire. 

«Parce que dans le milieu scolaire, ce ne sont pas tous les jeunes qui bougent, j'essaie d'inculquer à mes élèves l'importance et les bienfaits du sport dans la vie. Moi, il m'a donné des ailes et il m'a apporté beaucoup. Sans lui, je ne serais pas du tout la même personne», lance Raymond, qui avoue cependant être discrète sur son passé d'athlète.

Nouveaux défis

Membre de l'équipe canadienne ayant pris part aux Jeux de Nagano (1998), Marie-Odile a pris sa retraite au tournant du nouveau millénaire. «Je ne sentais pas que j'avais l'énergie et le feu pour faire un autre cycle olympique et, après avoir consacré  11 années de ma vie à ma carrière, j'avais besoin de quelque chose de nouveau dans ma vie. Comme j'avais terminé mon bac, j'ai décidé de tester le marché du travail afin de voir les nouveaux défis qui s'offraient à moi.»

La fondeuse ne cache pas que le fait de pouvoir continuer à skier a facilité sa décision. Être  sur ses planches n'est pas seulement une passion, mais une question de santé et de bien-être. «J'ai besoin du ski de fond dans mon quotidien. Ma vie n'aurait pas de sens si je ne l'avais pas pour me ressourcer.»

La femme dit que ses années de compétition ont été les plus belles de sa vie. Elle s'y est fait de nombreux amis avec qui elle est toujours en contact, elle a beaucoup voyagé, elle a vécu toutes sortes d'expériences, elle a développé plusieurs côtés de sa personnalité et elle a acquis de nombreux outils qui lui servent encore aujourd'hui.

«Je suis vraiment contente de ma carrière. C'est sûr qu'au niveau international, je n'ai pas performé autant que j'aurais voulu. Mais dans ce temps-là, il y avait beaucoup d'EPO. C'était un peu décourageant. Mais je suis allée aux Jeux. C'était mon objectif d'enfance.»

Elle mentionne qu'il n'y a pas eu une grande période de flottement entre la fin de sa carrière de fondeuse et le début de sa «nouvelle» vie. Non seulement elle a commencé à travailler, mais elle est aussi devenue mère. «Je suis une fille d'action. Il faut tout le temps que ça bouge autour de moi.»

La fondeuse confie qu'elle a ressenti une certaine tristesse quand elle a regardé les Jeux de 2002. «Je voyais ma gang de Nagano et je me disais que si j'avais continué, j'aurais peut être pu me retrouver là moi aussi.»

Toujours animée par son esprit de compétition, c'est maintenant à travers les jeunes qu'elle coache que Marie-Odile retrouve le plaisir de se dépasser. Elle aime leur transmettre le bagage qu'elle a acquis et les aider à se réaliser. C'est une manière de se ressourcer et de revivre un peu ce qu'elle a vécu. Elle suit aussi de près la carrière de son fils aîné qui est membre de l'équipe du Québec, et celles de ses deux plus jeunes qui font également du ski de fond.

«Je suis contente de leur avoir transmis ma passion. Mais pour moi, ce qui comptait avant tout, c'est qu'ils soient passionnés par quelque chose et qu'ils aient du plaisir. Mon gars a d'ailleurs joué au hockey. Et je ne pensais jamais qu'il continuerait en ski de fond parce qu'à une époque, il n'aimait pas aller à ses entraînements.»

Inquiète de la pression que pourrait avoir son aîné au sein de l'élite provinciale? Marie-Odile dit que non. «C'est un gars qui sait où il s'en va et qui ne se préoccupe pas de ce que son entourage pourrait dire. La seule chose qui m'inquiète, c'est le surentraînement. C'est la seule chose que je surveille de près en ce qui concerne sa carrière. Le reste lui appartient. Je lui dis souvent : «Va t'amuser et vivre ce que tu as à vivre.»

Questions/réponses

Q Si c'était à refaire?

R Je me pose souvent la question comment ça aurait été si j'avais continué jusqu'en 2002. Mais je n'ai pas de regrets parce que j'ai eu d'autres choses qui m'ont nourrie.

Q Des idoles?

R Pierre Harvey et Marie-Andrée Masson étaient des modèles. Il y avait aussi Marie-Josée Pépin, qui était plus jeune. 

Q Personnalité marquante?

R Alain Parent. Avant de le rencontrer, je faisais du ski alpin. C'est lui qui m'a emmenée au ski de fond, qui m'a partie en tant qu'athlète et qui m'a donné la piqûre pour continuer. C'est sûr que s'il n'avait pas été là, ma vie n'aurait pas été la même. Il y a aussi eu Laurent Roux.

Q Performance dont tu es la plus fière?

R Ma sélection pour les Jeux olympiques à Canmore, en janvier 1998.  À ce moment-là,  j'ai réalisé mon rêve. Franchir cette étape a été ce qu'il y a eu de plus beau dans ma carrière.

Q Moment le plus difficile?

R En 1996, quand je me suis retrouvée surentraînée. Sauf que l'on apprend quand même de nos échecs. J'ai appris à me connaître, à savoir ce qui était bon pour moi et ce qui ne l'était pas et à être autonome dans mon entraînement.

Q Endroit marquant?

R J'ai bien aimé l'Italie.

Q Un rêve?

R J'aimerais aller travailler dans l'Ouest canadien, en immersion française par exemple, et y emmener les enfants pour qu'ils apprennent l'anglais.

Q Dans 20 ans?

R Les voyages et le sport sont deux grosses passions. Je me vois donc faire des voyages dans lesquels j'intégrerai le sport. Là, je me freine un peu, ce n'est pas accessible à cause  de toutes mes responsabilités. Mais un jour, je vais être capable de me lâcher lousse.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer